Eyes of Ghana retrace l’histoire du héros de l’indépendance. Lancé au dernier festival de Toronto, le documentaire vient d’être montré pour la première fois à Accra.

Le documentaire Eyes of Ghana retrace l’histoire de Kwame Nkrumah. Il s’agit de la première production internationale grand public sur l’histoire du héros de l’Indépendance, figure tutélaire du Ghana. Sorti en septembre 2025 au festival de Toronto, ce documentaire poursuit sa tournée.

Récemment, le film a été montré pour la première fois dans son pays d’origine, à Accra.

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« Il était une fois un homme appelé Kwame Nkrumah. Il était Ghanéen. Il a inspiré la libération du continent africain », explique la voix de Chris Hesse, qui accompagne le spectateur pendant les 1h30 du documentaire « Eyes of Ghana ».

Ne pas oublier le passé

Le vidéaste personnel du premier président raconte à travers ses images d’archives la révolution panafricaine que Nkrumah voulait lancer et les étapes clés de l’indépendance des colons britanniques, pour le premier pays à l’obtenir sur le continent.

« Nous sommes à une époque où nous avons tous oublié notre passé. On se concentre sur le présent et le futur. Mais on devrait se souvenir d’où l’on vient, donc ce film est une bonne renaissance », dit-il.

Aujourd’hui, à 93 ans, cette légende vivante était assise parmi les spectateurs des deux premières projections du film à Accra. Sa présence a beaucoup ému Lorna Michel, une Afro-Américaine attachée au Ghana.

« J’ai l’impression de faire partie de l’histoire et de la voir se dérouler devant moi, surtout de pouvoir voir le révérend Chris Hesse en personne, confie-t-elle. C’est incroyable qu’il ait continué à filmer comme le président lui avait conseillé de faire. Et on a la chance de voir et d’expérimenter le résultat aujourd’hui. »

Se réappropier l’histoire du Ghana

Fruit d’une collaboration entre le célèbre producteur canadien Ben Proudfoot et une équipe ghanéenne, dont les réalisatrices phares Nana Adwoa Frimpong et Anito Afonu, le film marque aussi une réappropriation de l’histoire nationale.

Justice Baidoo, l’un des réalisateurs, rappelle que « c’est important qu’un Ghanéen soit impliqué et soit le narrateur. C’est une honte, en tant que journaliste et documentariste, que nous n’ayons pas eu un Ghanéen de souche capable de consigner correctement l’histoire de Kwame Nkrumah et de la vendre au reste du monde ».

Pour la réalisatrice Nana Adwoa Frimpong, « nous n’aurions jamais imaginé remplir des salles de personnes qui voulaient entendre cette histoire. Donc c’est extrêmement significatif. Le film n’a pas encore de distributeur mais nous travaillons à des solutions créatives pour l’amener directement à nos audiences africaines ».

Pour le moment, aucune autre projection n’est assurée en Afrique mais Eyes of Ghana continue sa tournée des festivals internationaux avec un rendez-vous en mai, à New York.