Dix jours après son interpellation à Alger, Abdelkarim B., le compagnon de Manon Relandeau et principal suspect dans sa disparition, a été placé en détention provisoire par les autorités algériennes à l’issue de sa garde à vue, a fait savoir Antoine Leroy, le procureur de la République de Nantes, au Parisien ce mardi, confirmant une information de Ouest-France.
L’homme âgé de 41 ans est soupçonné d’être impliqué dans la disparition de sa compagne, Manon Relandeau, une agricultrice de 31 ans, portée disparue de Saint-Étienne-de-Montluc depuis le 27 mars dernier. Le 2 avril dernier, il avait pris l’avion depuis Nantes pour l’Algérie avec Inaya, leur petite fille de 15 mois.
Une procédure d’extradition compliquée
Dans la foulée, le parquet de Nantes avait ouvert une enquête pour « enlèvement de mineure » et « meurtre par conjoint ». Le 27 avril dernier, un mois tout pile après la disparition de sa compagne, Abdelkarim B. avait été arrêté en compagnie du bébé en Algérie, son pays d’origine, dans le cadre d’une notice rouge d’Interpol émise par la France.
Dans la foulée, il avait été placé en garde à vue par les autorités algériennes. Si l’interpellation d’Abdelkarim B. marque une étape importante dans l’enquête, elle est aussi le point de départ d’un casse-tête juridique et diplomatique. Car selon une convention signée entre la France et l’Algérie, aucun des deux pays n’extrade vers l’autre ses ressortissants. Ils peuvent toutefois être poursuivis dans leur pays d’origine.
Déjà connu de la justice française, le suspect avait été condamné en 2019 à Nantes à une peine avec sursis pour des violences conjugales sur sa compagne de l’époque, selon le parquet.
Une association contactée par Manon Relandeau
Manon Relandeau, agricultrice de 31 ans, avait contacté récemment l’association Citad’elles, qui vient en aide aux femmes victimes de violences, et y avait pris un rendez-vous début avril, qu’elle n’a pas honoré.
Depuis le 3 avril, date du signalement de la disparition de Manon Relandeau, plus de cent gendarmes ont été mobilisés pour mener des recherches autour de Saint-Étienne-de-Montluc, où le couple résidait. Des équipes cynophiles et la brigade fluviale ont été engagées, et une cellule nationale d’enquête dirigée par la section de recherches de Nantes a été spécifiquement créée.
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Deux personnes ont été mises en examen en France dans ce dossier pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime » et « modification des lieux d’un crime ».