Le plus dur à gérer, finalement, furent les conditions climatiques particulièrement éprouvantes. « Il faisait très chaud, avec énormément d’humidité le soir. Et même si le tournoi était bien organisé, ça reste l’Afrique. Ce sont des données à prendre en compte. » Malgré tout, sur dix matchs joués − onze avec le double −, le citoyen d’Eben-Emael n’a connu aucun pépin physique, contrairement à plusieurs de ses concurrents. « Et ça, c’est une belle victoire pour moi et mon équipe. »

Première tête de série des deux tournois — un statut peu habituel pour lui à ce niveau —, il n’en relativise pas moins la portée de ces succès. « Je me rends bien compte que je n’ai pas gagné l’US Open. Mais ça reste le circuit Challenger et le niveau était très homogène. Entre les 200e et 500e places mondiales, il n’y a pas une grosse différence. »

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Je ne voulais plus être dans cette course aux points permanente.

En engrangeant 125 points en quinze jours et avec très peu d’unités à défendre ces prochains mois, Onclin s’est assuré un ticket pour les qualifications de Wimbledon et de l’US Open. Une situation qu’il n’aurait pas osé imaginer il y a quelques semaines à peine. « Il y a deux mois et demi, je sortais de cinq mois sans victoire ou presque », rappelle-t-il.

Ce doublé lui permet aussi de relativiser son absence à Roland-Garros. « J’avais fait le choix de ne pas jouer une semaine où j’aurais pu m’aligner en tournoi, sinon mon programme aurait été trop chargé pour voyager vers Abidjan. J’ai préféré viser Wimbledon plutôt que de prendre des risques et tout tenter pour aller à Paris, où j’avais de toute façon peu de chances d’y être. Le pari est gagné. »

Avec Gigounon, une histoire qui roule

À Abidjan, Onclin n’était pas seul. Son coach à temps plein depuis l’hiver dernier, Germain Gigounon, l’accompagnait. « On récolte un peu les fruits de ce qu’on a travaillé depuis le début de la préparation, il y a six mois, et qu’on avait déjà entamé en 2025. Mais c’est surtout une question de confiance. »

Sur le plan tactique, les choses se sont clarifiées. « On a travaillé de manière à utiliser au mieux mes forces sur le court. C’est bien aussi d’avoir cette continuité. Même en Belgique, hors tournoi, il est avec moi. Je suis très content d’avoir pris cette décision. »

Avec peu de points à défendre jusqu’en février prochain, Onclin va pouvoir bosser de manière sereine. « C’était le but : essayer de ne plus être dans cette course aux points permanente. » Un enjeu d’autant plus crucial depuis qu’il a engagé l’ancien coach de David Goffin sur ses propres deniers, lui qui est soutenu par Tennis Wallonie-Bruxelles. « Il doit me manquer une vingtaine de points pour m’assurer les qualifications de l’Australian Open 2027. Je n’aurai donc plus cette pression au quotidien. Ce qui ne veut pas dire que je vais y aller en dilettante. Il y a encore beaucoup de boulot et de points d’amélioration. »

Gauthier Onclin a pris un risque financier : « Je veux mettre un maximum d’atouts de mon côté »

Après quelques jours de repos bien mérités, Onclin doit entamer en cette fin de semaine sa préparation sur terre battue. Elle durera une dizaine de jours. Direction ensuite la Turquie pour le Challenger 75 d’Istanbul, puis la Moldavie pour le Challenger 100 de Chisinau. « Je ne pense pas que ça passera pour Roland-Garros, mais si je devais me rapprocher fortement d’une place en qualifications (NdlR : il est onzième réserviste), j’irai tout de même à Paris. »

Après la terre battue, cap sur l’herbe : Rosmalen d’abord, sans doute un tournoi en Angleterre ensuite, puis les qualifications de Wimbledon. En 2023 et 2025, il y avait franchi le premier tour.