Des semaines de débats, plus de 200 acteurs consultés, des échanges houleux au Parlement et au final, un texte profondément remanié. En Ouganda, le Parlement a adopté mardi soir la très controversée loi sur l’influence étrangère, malgré les critiques des ONG, de l’opposition et du monde économique.

Le gouvernement assure vouloir protéger la souveraineté du pays face aux ingérences étrangères. Mais pour ses détracteurs, cette loi inspirée de textes russes sur les « agents étrangers » pourrait surtout renforcer les outils de contrôle de l’État sur les voix critiques.

L’objectif du texte n’a pas changé, assure le gouvernement : il veut toujours protéger la souveraineté de l’Ouganda face à des influences étrangères jugées menaçantes. Mais sur la forme, le Parlement a largement revu sa copie.

Des amendements mais des inquiétudes persistantes

Les députés ont supprimé une disposition très controversée qui assimilait certains membres de la diaspora à des « agents étrangers ».

Les flux financiers venus de l’extérieur – notamment l’argent envoyé par les familles — ne seront finalement plus soumis à une autorisation préalable. Les personnes concernées devront simplement déclarer ces fonds.

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Le Parlement a aussi réduit les pouvoirs de la nouvelle structure créée au sein du ministère de l’Intérieur, qui ne pourra plus désigner elle-même qui est considéré comme un « agent étranger ».

Mais, malgré ces amendements, plusieurs dispositions continuent d’inquiéter ONG et opposition. Car la loi maintient la notion même « d’agent étranger » et interdit certaines activités politiques jugées contraires aux intérêts de l’Ouganda. Et, même si le Parlement a réduit certaines sanctions, la loi prévoit encore jusqu’à dix ans de prison pour des faits qualifiés de « sabotage économique ».