À l’occasion de la célébration de la Journée de l’Europe, la délégation de l’Union européenne en Tunisie a organisé une conférence le jeudi 7 mai 2026 portant sur le partenariat avec la Tunisie, le rôle joué concernant diverses questions et le lancement officiel de la nouvelle plateforme permettant de consulter en détails les projets en cours d’exécution. Étaient présents à cet événement S.E. Giuseppe Perrone, Ambassadeur de l’Union européenne (UE) en Tunisie et plusieurs autres hauts responsables à savoir Tom Ashwanden, chef de la section coopération de la délégation de l’Union européenne en Tunisie et Gianfranco Bochicchio, chef de mission adjoint à la délégation.
Dans un premier temps, la conférence de presse a porté sur le lancement officiel de la nouvelle plateforme de coopération entre l’Union européenne et la Tunisie. Ainsi, ce portail numérique, désormais accessible, offre une visibilité inédite sur l’action européenne à travers une cartographie détaillée des projets et une présentation transparente de ses différentes rubriques d’intervention. Chiffres à l’appui, l’Ambassadeur de l’UE en Tunisie a précisé que le volume des projets en cours s’élève à 1 milliard 350 millions d’euros, un montant colossal qui ne comptabilise même pas les prêts accordés par les banques européennes. Cet engagement financier vient, donc, consolider un ancrage économique déjà profond : avec 3 500 entreprises européennes implantées sur le territoire national, l’UE demeure le premier moteur d’employabilité avec plus de 480 000 emplois directs créés.
Pas de centre de migrants en Tunisie
Par la suite, les échangent se sont focalisés sur les thématiques suivantes : la migration, la mobilité et la question du Mémorandum d’Entente signé entre la Tunisie et l’Union européenne en juillet 2023. Giuseppe Perrone a profité de l’occasion pour démentir catégoriquement la création de « return hubs » sur le sol tunisien. L’Ambassadeur a tenu à dissiper tout malentendu, précisant que la réflexion européenne se concentre exclusivement sur la notion de « pays sûrs » et non sur l’implantation de centres de retour. Cette clarification intervient alors que les spéculations sur une éventuelle externalisation des frontières de l’UE persistent. Pour Giuseppe Perrone, il ne s’agit pas d’imposer une vision, mais de bâtir une gestion migratoire dans un cadre strictement légal, où la Tunisie n’agit pas pour « rendre service » à ses voisins du Nord, mais pour protéger ses propres intérêts nationaux en refusant de devenir une simple terre de transit.
Les fruits du MoE de 2023
En réponse aux interrogations d’Espace Manager sur l’efficacité du Mémorandum d’Entente (MoE), l’ambassadeur de l’Union européenne en Tunisie a décrit cet accord comme un texte pionnier, le premier du genre dans la région, identifiant des secteurs clés pour un avenir commun. Le partenariat est présenté comme performant et bilatéral : l’UE soutient activement les organisations de protection des migrants et des réfugiées, tout en s’alignant sur la volonté tunisienne de lutter contre le trafic humain. « L’UE ne force la Tunisie en rien », a-t-il insisté, soulignant que la convergence des intérêts est le moteur réel de cette coopération qui fait l’objet d’évaluations régulières par des délégations sur le terrain.
Sur le volet économique, Giuseppe Perrone a rappelé la profondeur de l’interdépendance entre les deux rives. Il a rappelé que l’UE absorbait encore 70 % du commerce extérieur tunisien. Contrairement aux relations avec d’autres puissances mondiales, comme la Chine où la balance commerciale est lourdement déficitaire, le commerce avec l’Europe reste excédentaire pour la Tunisie. Il a, aussi, insisté sur la volonté de l’UE de moderniser l’Accord d’Association, afin de l’adapter aux mutations d’un marché globalisé de plus en plus instable. « Nous restons ouverts d’esprit… L’Union européenne a démontré son engagement et sa motivation concernant ce sujet », a-t-il ajouté.
Un financement Transparent
Quant à la question de la transparence financière évoquée à travers les questions posées par les journalistes présents, elle a été abordée par Tom Ashwanden, chef de la section coopération. Ce dernier a expliqué que toute décision de financement émane de la Commission européenne et demeure publique, avec un suivi rigoureux accessible via le portail de la Direction générale – MENA. Cette rigueur institutionnelle s’accompagne d’un engagement continu envers la société civile et les médias. Il a assuré que toute information en lien avec le déploiement, l’exécution et le financement des programmes menés dans le cadre du partenariat UE-Tunisie était accessible et publique. Il a, également, évoqué le monitoring effectué par la partie européenne à travers de multiples mécanismes dont des visites de délégations officielles de la commission européenne.
Cette conférence de presse se termine sur une note de pragmatisme : si le partenariat Tunisie-UE est ancien, il se veut aujourd’hui plus dynamique, prêt à se réinventer face aux nouveaux défis géopolitiques tout en consolidant ses acquis économiques historiques.
S.G