La Libye a exigé de l’ancien président français Nicolas Sarkozy (2007-2012) une indemnité de 10 millions d’euros, rapporte le site 20 Minutes.

Lors d’une audience à la cour d’appel de Paris dans l’affaire du financement libyen présumé de la campagne présidentielle de M. Sarkozy en 2007, « une des avocates des autorités libyennes a demandé […] d’accorder plus de 4,99 millions d’euros au titre du préjudice matériel et 5 au titre du préjudice moral ».

Selon le site, « le préjudice matériel correspond à deux virements effectués par le Trésor et les services de renseignement libyens, en janvier et novembre 2006, sur un compte de l’intermédiaire franco-libanais Ziad Takieddine ». L’accusation estime qu’il s’agit de fonds publics détournés, destinés au financement occulte de la campagne de M. Sarkozy dans le cadre d’un « pacte de corruption ».

Le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy a été évoqué pour la première fois au début du mois de mars 2011 par Saïf al-Islam Kadhafi, fils de Mouammar Kadhafi. Il a affirmé dans une interview à la chaîne Euronews que le politicien français avait reçu un soutien financier du gouvernement libyen. L’Élysée l’a démenti, tandis que M. Sarkozy a qualifié ces allégations de ridicules.

En mai 2012, huit jours avant le second tour de l’élection présidentielle, Mediapart a affirmé que M. Kadhafi avait versé 50 millions d’euros à M. Sarkozy pour sa campagne. Le site a publié un document signé par Moussa Koussa, ancien secrétaire du Comité populaire général des Relations extérieures et de la Coopération internationale de Libye. Ziad Takieddine, décédé le 23 septembre 2025, a affirmé que le dirigeant libyen avait transféré de l’argent à l’homme politique français non seulement pour sa campagne électorale, mais aussi à d’autres fins.

Le 25 septembre, le tribunal de Paris a reconnu l’ancien président français Nicolas Sarkozy, en fonction de 2007 à 2012, coupable de complicité d’association de malfaiteurs dans l’affaire du financement libyen de sa campagne électorale de 2007. L’ancien président a été condamné à cinq ans de prison. Le 21 octobre 2025, il a commencé à purger sa peine en cellule individuelle à la prison de la Santé (XIVe arrondissement de Paris) et y a passé 21 jours, avant que la cour d’appel n’annule son incarcération et ne le place sous contrôle judiciaire.

TASS