Lorsqu’un point de passage stratégique comme le détroit d’Ormuz se grippe, l’onde de choc ne reste jamais cantonnée aux grandes puissances.

Elle se diffuse rapidement vers les économies les plus exposées, et la Tunisie figure parmi celles dont la vulnérabilité énergétique transforme un risque global en contrainte immédiate. Dans un pays dépendant des importations d’hydrocarbures, chaque perturbation des flux internationaux se traduit par des tensions budgétaires, monétaires et sociales.

Le détroit concentre près de 20% des flux pétroliers mondiaux, soit 17 à 20 millions de barils par jour, ainsi qu’environ un tiers du commerce mondial de GNL. Sa fermeture partielle a déjà généré un déficit estimé entre 8 et 10% de l’offre mondiale, dans un contexte où les capacités excédentaires restent limitées à 2 à 3 millions de barils/jour.

Des marchés encore optimistes

À l’échelle internationale, les marchés financiers affichent une relative résilience, certains indices progressant de 3 à 5% depuis le début de la crise. Cette apparente sérénité contraste fortement avec la réalité tunisienne, où les ajustements ne passent pas par les écrans, mais par les équilibres macroéconomiques.