Société
L’État libyen réclame 10 millions d’euros de dommages et intérêts à Nicolas Sarkozy et ses coprévenus. Pour la première fois, la Libye sollicite la réparation de préjudices liés aux soupçons de financement illicite de la campagne présidentielle de 2007.
Publié le 7 mai 2026 à 17h02

L’État libyen réclame 10 millions d’euros de réparation à Nicolas Sarkozy dans le cadre de l’affaire du financement de sa campagne électorale de 2007. Photo © J.E.E/SIPA
L’État libyen a officiellement réclamé, mercredi 6 mai devant la cour d’appel de Paris, une indemnisation de 10 millions d’euros à l’encontre de Nicolas Sarkozy et de cinq de ses coprévenus, Claude Guéant, Brice Hortefeux, Alexandre Djouhri, Bachir Saleh et Thierry Gaubert. Cette demande s’inscrit dans le cadre du procès portant sur les soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de 2007, indique 20 Minutes.
Les conseils des autorités libyennes ont sollicité 4,99 millions d’euros au titre du préjudice matériel et 5 millions d’euros pour le préjudice moral. Par cette démarche, la Libye entend faire reconnaître le tort causé à une population « qui a déjà souffert pendant quarante-deux ans du régime autocratique de Mouammar Kadhafi ».
Un « pacte de corruption » au cœur des débats
Le volet matériel de la demande repose sur deux virements effectués en 2006 par le Trésor et les services secrets libyens vers des comptes de l’intermédiaire Ziad Takieddine. Pour l’accusation, ces fonds publics détournés constituaient le socle d’un « pacte de corruption » destiné à financer l’ascension de l’ancien chef de l’État.
Les avocates de la Libye soutiennent que la sortie des fonds du pays constitue un appauvrissement de l’État et un « préjudice matériel », « indépendamment de leur utilisation ou versement effectif, ou de leur détournement par la suite ».
Un État libyen auteur et non victime
Condamné en première instance à cinq ans de prison ferme, Nicolas Sarkozy nie fermement toute malversation. Il martèle qu’aucune trace d’argent libyen n’a été décelée dans ses comptes de campagne. Lors du premier procès, la justice avait rejeté la constitution de partie civile de la Libye, estimant que l’État, via ses anciens dignitaires, était auteur et non victime de l’infraction de détournement.
A LIRE Affaire Bygmalion : Nicolas Sarkozy définitivement condamné par la Cour de cassation