Le dialogue se retricote tout doucement entre la France et l’Algérie. Ce vendredi, deux gestes d’Emmanuel Macron témoignent de cette volonté. L’ambassadeur de France en Algérie a repris ses fonctions sur place un an après avoir été rappelé. Alice Rufo, la ministre déléguée aux Armées a par ailleurs aussi traversé la Méditerranée pour participer, ce 8 mai, aux commémorations liées aux massacres commis par les forces françaises lors de la répression de Sétif en 1945. Ces deux mains tendues suivent la visite mi-février dernier du ministre de l’Intérieur pour renouer un dialogue « efficace » entre les deux pays. Depuis l’été 2014, les tensions étaient exacerbées.

La détente est sur la table

Les historiens ne manqueront pas de rappeler que les relations, depuis l’indépendance de l’Algérie, ont toujours été à la fois complexes et tumultueuses. Mais il y a près de deux ans, la reconnaissance de la France de la marocanité du Sahara occidental, a jeté un nouveau pavé dans la mare et rouvert des cicatrices héritées de la mémoire coloniale. Le point culminant a été atteint avec les coups de menton de Bruno Retailleau d’un côté, quand il était à la tête du ministère de la place Beauvau, et les emprisonnements de l’autre de l’écrivain Boualem Sansal et de notre confrère journaliste Christophe Gleizes, tous deux otages de la diplomatie d’Alger. Mais pour la France comme pour l’Algérie, l’heure du rapprochement devient une priorité.

Pour Alger, isolée dans sa région, la fermeture du marché européen prend une tournure critique. Pour Paris, les guerres en Ukraine et au Moyen Orient fragilisent les approvisionnements en hydrocarbures et le gouvernement veut rouvrir le tuyau le reliant à l’autre côté de la Méditerranée. L’Algérie a aussi besoin du blé français et la France louche sur le fer algérien. Le temps des disputes doit donc laisser la place à la réconciliation. La détente est sur la table, comme, on l’espère, une geste de clémence rapide du Président algérien envers Christophe Gleizes.