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La normalisation avec Israël, dès décembre 2020, et ses conséquences. Rappelons que le Maroc a sauté le pas après les Emirats arabes unis et Bahreïn. Donc Rabat a une place à part à Tel-Aviv mais également auprès de l’initiateur des Accords d’Abraham, le président Donald Trump. Cette affaire est pour beaucoup dans l’activisme de Washington pour épauler le roi du Maroc dans un dossier qui lui est très cher : le Sahara occidental. Echange de bons procédés : les relations entre le Maroc et Israël sont excellentes à tous les niveaux (diplomatiques, économiques, militaires, culturels, etc.). Mais l’Etat hébreu demande des gages, de plus en plus.

Je ne parle pas seulement de l’accueil sur le sol marocain d’une brigade de l’armée israélienne tristement célèbre pour les souffrances qu’elle inflige aux Palestiniens ou des prières pour Tsahal auxquelles participent des responsables marocains, je parle des pratiques de certains Israéliens d’origine marocaine qui sont revenus au pays après la normalisation. Ils remettent la main sur des biens après plusieurs décennies d’absence alors que des Marocains les occupent.

Nabila Mounib, députée du Parti socialiste unifié (PSU), dénonce ces agissements depuis des mois. La dame, une anti-normalisation notoire, déclare que de nombreux citoyens ont été jetés dehors alors qu’ils habitent ces maisons ou exploitent ces terres et commerces depuis 90 ans, voire 120 ans parfois. Elle a évoqué la diligence dont l’administration et la justice marocaines font preuve pour appliquer des décisions d’expulsion.

Après ça on naturalise ces revenants et leurs descendants pour bétonner ces expropriations. Dernièrement Mme Mounib a ébruité les pressions sur les épaules des parlementaires pour adopter en vitesse des textes qui soignent les intérêts des juifs qui quittent Israël – de plus en plus nombreux – pour revenir au bercail…

“Certaines parties nous pressent pour naturaliser les sionistes et criminaliser l’antisémitisme. Comment assumer nos responsabilités devant le peuple marocain qui refuse cela ? Ça va venir et ça fait peur”, a asséné l’activiste de gauche.

Le fait que la parlementaire monte au front pour fustiger l’irruption des Israélo-Marocains dans les hautes sphères de l’État marocain n’est pas nouveau ; en novembre 2023 elle avait questionné le ministre des Affaires religieuses sur le fait que l’administration des waqfs ait été confiée à un juif marocain “connu pour ses liens avec un haut responsable israélien”.

D’après Ahmed Ouihmane, le président de l’Observatoire marocain contre la normalisation, l’individu qui administre les waqfs de Rabat et de Salé est un «juif sioniste qui serait de la famille, si ce n’est carrément le frère même du ministre israélien de l’Intérieur Aryé Dery». D’ailleurs le ministre Ahmed Toufik n’avait pas démenti, il avait confirmé que la famille du responsable évoqué a la charge des waqfs depuis l’époque du sultan Moulay Youssef, sultan du Maroc entre 1912 et 1927.

Autre dossier dans lequel la députée de gauche s’était illustrée en février 2024 : le combat sans merci entre les supporters et internautes algériens et marocains. La politicienne avait été sévèrement attaquée dans le royaume pour avoir désigné Israël comme la source de ces explosions de haine en ligne. Elle a soutenu que l’Etat hébreu téléguide les “mouches électroniques sionistes” pour “raviver l’animosité » et « attiser la guerre”.

“La guerre ne présente aucun intérêt”, avait-elle plaidé, en invitant à mettre sur pied le Grand Maghreb et à faire “front commun au Sud de la Méditerranée”, en faisant converger les atouts “complémentaires” des deux pays. Etrangement ce discours qui était censé mobiliser lui avait attiré des tirs d’une violence inouïe. Preuve que le rêve maghrébin restera longtemps un rêve plus de 36 ans après son officialisation.

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