L’Assemblée nationale du Sénégal a adopté, vendredi 8 mai 2026, une proposition de loi visant à lutter contre l’absentéisme des députés. Le texte, porté par la majorité parlementaire du Pastef au pouvoir, a été approuvé à une large majorité avec 127 voix pour, 3 contre et 2 abstentions.
Cette réforme vient renforcer et clarifier les dispositions déjà prévues par l’article 118 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale concernant les absences répétées et non justifiées des parlementaires.
Jusqu’ici, cet article prévoyait la suspension de l’indemnité parlementaire, voire la possibilité de déclarer un député démissionnaire d’office. Mais selon les partisans du texte, ces mesures étaient rarement appliquées.
Lire aussi : Sénégal : le président de la République promulgue la loi durcissant les peines contre les homosexuels
Pour Ayib Daffé, président du groupe parlementaire du Pastef, il était nécessaire de mettre en place un système de sanctions progressives afin d’assurer une meilleure discipline au sein de l’hémicycle.
« Il fallait quand même prévoir des sanctions graduées à partir du rappel à l’ordre. Le rappel à l’ordre commence à quatre absences à une séance plénière sans aucune excuse. Et avant même les rappels à l’ordre et les sanctions financières, on vous demande de vous justifier. Donc, je pense qu’il y a assez de garanties pour permettre aux députés de faire convenablement leur travail« , a-t-il expliqué.
Lire aussi : Sénégal : le gouvernement coupe le salaire des enseignants en grève
Le nouveau dispositif prévoit qu’après dix absences injustifiées, un député pourra perdre son mandat parlementaire.
Cette mesure suscite toutefois des critiques dans les rangs de l’opposition. Cheikh Ahmed Tidiane Youm, député du PUR, estime que l’Assemblée nationale ne dispose pas du pouvoir de retirer le mandat d’un élu.
Selon lui, la question relève davantage de la responsabilité politique des groupes parlementaires que d’une nouvelle loi.b »C’est un problème politique. Moi, je représente un groupe parlementaire, j’ai un député qui ne vient pas, il m’appartient de le remettre à l’ordre. Pourquoi légiférer ? C’est un problème politique qu’il faut régler politiquement« , a-t-il déclaré.
De son côté, Thierno Alassane Sall a voté contre le texte, qu’il juge « populiste ». Le député de l’opposition considère que le pays fait face à des défis plus urgents que l’absentéisme parlementaire.
« Pour cette législature, on n’a pas eu de problème de quorum. Donc ce n’est pas ce problème qui empêche le fonctionnement de l’Assemblée nationale. Les questions les plus importantes ne sont pas débattues comme le niveau actuel de la dette et les politiques mises en œuvre pour pouvoir nous tirer de la situation« , a-t-il affirmé.
Source : RFI