lamiae Bennani, qui a pris son poste de consule générale du Maroc à Montpellier en octobre 2025, met le cap sur le développement économique avec la France.

Vous avez pris vos fonctions de consule en octobre dernier à Montpellier. Vos premières impressions ?

C’est une ville cosmopolite et multiculturelle où il fait bon vivre. J’ai été chaleureusement accueillie par Michaël Delafosse et son équipe. Je me plonge régulièrement dans le livre « Histoire de Montpellier » que l’on m’a offert car on ne peut pas bâtir de relations pour le futur si on ne connaît pas le passé.

Quelle est votre feuille de route pour votre mandat ?

Le premier axe, c’est la défense des intérêts du Royaume du Maroc en matière politique à travers son intégrité territoriale. Le président Macron, lors de sa venue à Rabat, a confirmé la souveraineté du Maroc sur le Sahara. La solution est fondée sur le plan d’autonomie de 2007 qui propose la régionalisation avancée de toutes les provinces du Royaume. Le deuxième axe, c’est le développement économique entre les deux pays.

Impulser une nouvelle dynamique

À ce sujet, vous avez organisé, fin avril, un forum économique à l’Hôtel de Région. Quel bilan tirez-vous ?

Mon objectif est d’impulser une nouvelle dynamique économique pour renforcer les relations entre nos deux pays grâce à la coopération décentralisée. L’intitulé de ce forum, « Le Royaume du Maroc : terre d’opportunités et de diversité », montre que les possibilités sont économiques, mais pas que. L’offre est multidimensionnelle. La stabilité et la sécurité sont des éléments attractifs pour les investisseurs. C’est important pour des entreprises de savoir qu’il fait bon vivre dans un pays où elles envoient leurs collaborateurs. C’est une destination touristique prisée avec des forêts, des stations de ski, des plages… Vous ne venez pas uniquement faire du business, le Maroc est une destination holistique !

Dans quels domaines en priorité le Maroc a-t-il des attentes ?

La valorisation des produits agricoles, par exemple la congélation des fruits, l’aquaculture, les énergies renouvelables notamment l’hydrogène vert.

Quels dispositifs sont prévus pour faciliter l’implantation d’entreprises françaises au Maroc ?

L’Agence marocaine de développement et d’investissement, situé à Rabat, sert de guichet unique. Les investisseurs sont orientés vers les contacts appropriés et accompagnés au niveau juridique. Les centres régionaux d’investissement sont également présents dans les douze provinces. Nos leviers fiscaux constituent une incitation pour les businessmen désireux d’investir.

Le Maroc a bénéficié de la solidarité internationale après le tremblement de terre de 2023, est-ce encore le cas ?

Il y a toujours des actions de solidarité. Il n’y a pas de développement économique sans développement social. Ça va de pair. La Maison des relations internationales de Montpellier mène toujours des actions dans la région d’Al Haouz touchée par le séisme.

Quelle touche personnelle apportez-vous à votre action consulaire ?

L’action consulaire, ce n’est pas que délivrer des visas et des passeports. C’est aussi l’humain. Je descends régulièrement dans la salle d’attente pour écouter les doléances. C’est nécessaire pour bâtir des relations avec la diaspora marocaine. Nous organisons aussi des consultations mobiles pour se rapprocher des 200 000 personnes d’origine marocaine sur les six départements que couvre le consulat, dont l’Ardèche, où nous organisons des journées portes ouvertes le 16 juin à Aubenas. Toute l’équipe se rend sur place pour aider les gens à accomplir les formalités qui ont été digitalisées.

Quel regard portez-vous sur le déménagement prévu de la mosquée Avérroès tout près du consulat ?

Plus le secteur du culte est organisé, moins il y a de problèmes. Je soutiens la décision du maire d’accompagner ce transfert. Notre rôle est de s’assurer que les mosquées dirigées par des Marocains véhiculent un islam modéré. Le roi, commandeur de tous les croyants, est contre le radicalisme et l’extrémisme où qu’il soit. Mon rôle est d’être à l’écoute de ce qui se passe dans les mosquées. Le cultuel fait partie de l’image de marque du pays.

Vous prônez une « approche holistique » de votre rôle. La culture est-elle également un levier de développement des relations franco-marocaines ?

La relation est multidimensionnelle. Nous organisons d’ailleurs une exposition, le 8 juin, à la salle des Rencontres de l’Hôtel de Ville, avec des portraits des souverains marocains avec une table-ronde animée par le professeur Jamel El Hamri sur l’interculturalité du Maroc. C’est une façon de promouvoir le Royaume dans toutes ses dimensions.

De Rabat à Montpellier

Lamiae Bennani, consul général du Maroc, a pris son poste à Montpellier en octobre 2025. Née à Rabat en 1982, elle est diplômée d’un doctorat en science de gestion. Professeure à l’université pendant plusieurs années, elle a également travaillé dans le privé.

Recrutée au ministère des Affaires étrangères en 2010 à la direction des ressources humaines, elle est affectée à l’Académie marocaine des études diplomatiques. Lamiae Bennani vit sa première expérience consulaire à Montpellier.