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10 mai 2026 à 17h17
C’est l’une des cartes postales les plus partagées de la Méditerranée française. Au nord-est de l’île de Porquerolles, à une trentaine de minutes à pied du village, la plage Notre-Dame déroule 800 mètres de sable clair, une eau translucide tirant sur le turquoise et une pinède qui descend jusqu’au rivage. Un décor quasi tropical, à 25 minutes de bateau seulement de la presqu’île de Giens, dans le Var.
Ce que beaucoup ignorent, c’est que cette plage trône depuis plusieurs années en haut du classement des plus belles plages du continent. En 2015, l’organisation European Best Destinations l’a couronnée « plus belle plage d’Europe », devant la célébrissime Navagio Beach en Grèce et la Zlatni Rat en Croatie. Un sacre qui n’a jamais vraiment quitté l’imaginaire des vacanciers.
Jusqu’à 12 000 visiteurs par jour à son apogée
Sauf qu’à force d’être encensée sur Instagram, dans les guides et sur TripAdvisor, l’île paie le prix de sa célébrité. Avant la pandémie, Porquerolles, qui ne fait que 12,54 km², encaissait certains jours d’été jusqu’à 12 000 touristes débarqués par les navettes maritimes. Une moyenne autour de 8 500 visiteurs quotidiens, avec un million de personnes qui foulent ses sentiers chaque année, d’après le Parc national de Port-Cros.
Conséquence directe sur la plage Notre-Dame : en plein juillet, mieux vaut arriver avant 10 heures du matin pour espérer poser sa serviette dans un coin tranquille. Les retardataires, eux, jouent des coudes entre les pins, à la recherche d’un carré d’ombre. La plage n’a pas de buvette, pas de paillote, pas de douche : elle reste sauvage, ce qui fait son charme… et sa fragilité.
Un quota de 6 000 visiteurs par jour reconduit chaque été
Pour endiguer la vague, les autorités ont sorti l’artillerie lourde dès 2021. Une charte signée avec les douze compagnies maritimes desservant l’île plafonne désormais à 6 000 le nombre de passagers transportés chaque jour, de fin juin au 31 août. Un seuil identifié par une étude du Parc national : au-delà, un visiteur sur deux se déclare insatisfait de son expérience.
Le dispositif, reconduit chaque année depuis, est désormais une institution. Le site spécialisé Ulysse confirme que la traversée en ferry vers Porquerolles reste soumise en 2026 à une réservation obligatoire, sur le même quota de 6 000 personnes quotidiennes. Sans billet acheté à l’avance, impossible d’embarquer une fois le compteur atteint.
Nouveau tour de vis en 2026 autour des Mèdes
Et la régulation se durcit encore cette année. Depuis le 2 avril 2026, un arrêté de la Préfecture maritime de la Méditerranée interdit la navigation, le mouillage et l’arrêt des navires dans une zone circulaire de 50 mètres de rayon à l’est du Cap des Mèdes, à Porquerolles, ainsi qu’autour de l’îlot de la Gabinière, à Port-Cros, sur une bande de 200 mètres. Une mesure prise pour protéger la nidification du cormoran de Desmarest, oiseau marin endémique et espèce protégée.
Les contrevenants risquent une verbalisation : les patrouilles et les agents du Parc national contrôlent activement le secteur, indique la Préfecture maritime sur son site. L’interdiction court jusqu’au 1ᵉʳ juin 2026, avec une levée anticipée possible si les oisillons quittent les nids plus tôt.
Une île qui manque toujours d’eau
Derrière ces restrictions se cache un autre talon d’Achille : l’eau. Porquerolles a longtemps souffert d’une pénurie chronique, comblée pendant vingt ans par les rotations quotidiennes du bateau-citerne Saint-Christophe. Depuis l’inauguration du Sealine, une canalisation sous-marine de 5,2 km mise en service en 2024, la métropole Toulon Provence Méditerranée a sécurisé l’alimentation de l’île. Mais la consommation estivale grimpe à 800 m³ par jour, et la nappe phréatique reste fragile. Autant de raisons pour les autorités de garder la main ferme sur la jauge touristique.
Pour le visiteur qui rêve encore de la carte postale Notre-Dame, le mot d’ordre reste le même que les saisonniers répètent : viser mai, juin ou septembre, partir tôt, et oublier les week-ends de juillet et d’août. Car même avec le quota, ces deux mois riment toujours avec serviettes côte à côte.
Comment réserver sa traversée pour Porquerolles ?
Une seule règle d’or pour rejoindre l’île en juillet-août : réserver son billet en ligne, le plus tôt possible. Une fois le quota de 6 000 passagers atteint, les compagnies maritimes ferment les ventes de la journée et plus aucun embarquement n’est possible. Voici les principales lignes :
Depuis La Tour Fondue (Hyères, presqu’île de Giens) – c’est l’embarcadère principal, ouvert toute l’année, avec une traversée d’une quinzaine de minutes. La compagnie TLV-TVM assure le service public. Réservation et e-billets sur www.tlv-tvm.com. Tour Fondue est l’option la plus rapide, mais aussi la plus encombrée. Parking payant qui se remplit avant 9 heures. En juillet et août, la ligne 67 du Réseau Mistral (Hyères centre – Tour Fondue) est gratuite sur présentation de votre e-billet TLV.
Depuis Port Miramar (La Londe-les-Maures) – traversée d’environ 30 minutes, parking gratuit de 1 300 places à proximité. Liaisons quotidiennes en saison avec Les Bateliers de la Côte d’Azur. Infos et réservations sur www.bateliersdelacotedazur.com.
Depuis Toulon, Les Sablettes (La Seyne) et Saint-Mandrier – traversées en haute saison, entre 1 h et 1 h 15. Également opérées par Les Bateliers de la Côte d’Azur, sur le même site.
La Londe et Les Sablettes offrent un parking gratuit
Depuis Le Lavandou – environ 1 h de traversée, toute l’année. Compagnie Vedettes Îles d’Or et Le Corsaire. Réservation auprès de l’Office de tourisme du Lavandou ou en ligne.
Depuis Bandol – 1 h 30 de mer avec la compagnie Atlantide (saison estivale).
Présentez-vous 15 minutes avant le départ : embarquement nominatif chez plusieurs compagnies.
Vélos acceptés à bord (avec supplément, autour de 17 € l’aller-retour adulte chez TLV).
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