L’ambassadeur de France est de retour à Alger, et l’on est prié de se réjouir de ce « réchauffement » après des mois de crises. Rappelons cependant que si la France avait décidé, en avril 2025, de rappeler son ambassadeur, c’est en réponse à l’expulsion de douze agents consulaires français par le régime algérien. « Les autorités algériennes prennent la responsabilité d’une dégradation brutale de nos relations bilatérales », déplorait Paris à l’époque.
En toute logique, la sortie de crise devrait donc intervenir après des manifestations de bonne volonté en provenance d’Alger. Or, c’est tout le contraire qui s’est produit depuis des mois : un festival made in France. Ségolène Royal, reçue en janvier par le président Tebboune et louant sa « volonté de dialogue ». Laurent Nuñez, estimant n’avoir « aucun commentaire à faire » sur la condamnation en Algérie par contumace de l’écrivain Kamel Daoud pour un livre publié en France. Emmanuel Macron et sa petite phrase sur « les mabouls qui disent qu’il faut se fâcher avec l’Algérie », visant au premier chef Bruno Retailleau, devenu le coupable idéal de tous les tenants de l’à-plat-ventrisme avec Alger. Le tout, justifié par l’espoir d’une grâce présidentielle pour Christophe Gleizes, qu’on ne peut que souhaiter, mais qui donnerait le beau rôle au président algérien.
Après tout cela, de quel retour à la normale parle-t-on ? Car la norme, c’est un régime dérogatoire archi-favorable à l’Algérie en matière d’immigration. C’est la mauvaise volonté des services algériens pour reprendre leurs ressortissants expulsés, surreprésentés dans les centres de rétention administrative. C’est la critique incessante de la France par un régime qui joue du passé colonial et pour lequel la repentance ne sera jamais suffisante. Quand la norme est mauvaise, le retour à la normale n’est pas une bonne nouvelle.