Le Maroc occupe une place identifiée dans la cartographie des perspectives offshore du groupe pétrolier américain Murphy Oil, qui l’intègre aux côtés de plusieurs bassins internationaux dans ses zones de prospection à long terme. Dans la documentation publiée à l’occasion des résultats du premier trimestre 2026, le royaume figure parmi les espaces considérés comme émergents au sein d’une stratégie mondiale centrée sur les hydrocarbures offshore conventionnels. Murphy Oil y associe le Maroc à un ensemble de régions comprenant le Vietnam, la Côte d’Ivoire et le Golfe d’Amérique, en lien avec une lecture géologique orientée vers des ressources encore en phase d’évaluation. Le groupe évoque «des bassins émergents à fort potentiel géologique» et «des perspectives offshore susceptibles de soutenir la croissance organique future», sans toutefois détailler de programmes de forage ou de volumes de ressources spécifiques concernant le territoire marocain.

Dans ce cadre, la dimension marocaine se distingue également par un accord pétrolier conclu entre l’Office national des hydrocarbures et des mines et Murphy Oil Corporation. L’accord a été signé entre Amina Benkhadra, directrice générale de l’ONHYM, et Christopher C. Olson, vice-président de Murphy Oil et porte sur la zone «Gharb Deep Offshore», située au large de la façade atlantique marocaine et couvre dix permis d’exploration (Permis I à X) pour une superficie totale de 16 989,9 km². La filiale Murphy Morocco Oil Co., Ltd., détenue intégralement par Murphy Oil Corporation, est mentionnée dans ce cadre comme structure dédiée aux activités d’exploration dans le pays. Les autorités marocaines soulignent que cette étape s’inscrit dans une logique de coopération avec les opérateurs internationaux autour du potentiel offshore national.

Le document financier du groupe ne précise pas de calendrier opérationnel ni de résultats techniques concernant le Maroc, contrairement à d’autres zones d’activité. Le pays apparaît ainsi comme un espace de prospection en cours de qualification, intégré à une lecture globale des bassins émergents, sans données de production ni indication de forages engagés à ce stade.

Dans un ensemble plus large, Murphy Oil détaille par ailleurs l’évolution de ses activités extracôtières mondiales, marquées par la montée en puissance des campagnes de forage au Vietnam et en Côte d’Ivoire, ainsi que par l’expansion des projets dans le Golfe d’Amérique. Le groupe indique disposer d’une production moyenne de 174 000 barils équivalent pétrole par jour au premier trimestre 2026 et de réserves prouvées de 715 millions de barils équivalent pétrole à fin 2025. Il évoque «un portefeuille diversifié combinant actifs offshore conventionnels, ressources nord-américaines et exploration internationale à fort potentiel géologique».

La société consacre une part importante de ses investissements aux campagnes offshore profondes et semi-profondes. Elle insiste sur «une discipline financière destinée à préserver les capacités de production tout en maintenant les retours aux actionnaires», tout en faisant état d’une trésorerie disponible de 2,4 milliards de dollars et d’un levier d’endettement de 1,1 fois l’EBITDA ajusté. Murphy Oil précise avoir redistribué 50 millions de dollars à ses actionnaires et maintenu un programme de rachat d’actions autorisé à hauteur de 550 millions de dollars.

Activités extracôtières et progression des campagnes de forage

Dans le Golfe d’Amérique, Murphy Oil poursuit plusieurs projets jugés structurants pour ses perspectives de production. La société a validé la mise en exploitation des découvertes Banjo et Cello, dont la mise en production est attendue au quatrième trimestre 2027. Elle a également obtenu quatorze nouveaux blocs lors de la vente fédérale américaine de décembre 2025. Murphy Oil évoque «des projets à forte rentabilité pétrolière destinés à alimenter la production future du groupe», avec une contribution estimée d’environ 4 000 barils équivalent pétrole par jour à l’horizon 2028.

Au Vietnam, les travaux se concentrent sur les découvertes Hai Su Vang et Lac Da Vang. Le puits d’appréciation Hai Su Vang-2X a rencontré «429 pieds nets d’huile répartis sur deux réservoirs», avec «un débit agrégé avoisinant 12 000 barils par jour dans le réservoir principal». Le potentiel récupérable est estimé entre 170 et 430 millions de barils équivalent pétrole pour le réservoir principal. Le puits Hai Su Vang-3X demeure en cours de forage, en amont d’une ultime phase d’évaluation prévue au deuxième trimestre 2026.

Le projet Lac Da Vang suit un calendrier inchangé, avec la préparation d’une unité flottante de stockage en vue d’une installation prévue au troisième trimestre 2026. La première production est attendue au quatrième trimestre de la même année, avec «un débit net maximal compris entre 10 000 et 15 000 barils équivalent pétrole par jour à l’horizon 2028-2029». La découverte Lac Da Hong-1X, annoncée en mai 2025, a révélé 106 pieds nets d’huile dans un réservoir de brut léger à 38 degrés API, avec un potentiel estimé entre 30 et 60 millions de barils équivalent pétrole récupérables.

En Côte d’Ivoire, Murphy Oil conduit un programme de trois puits dans le bassin de Tano. Les forages Civette et Caracal ont mis en évidence des hydrocarbures non commerciaux, tandis que le puits Bubale-1X demeure en cours de forage avec un potentiel estimé entre 340 et 850 millions de barils équivalent pétrole. Le groupe rappelle également avoir transmis en 2025 un plan relatif au champ Paon, situé dans la même zone offshore ivoirienne.