Elles avaient le désir de partir, l’Europe leur en a donné les moyens. Jelena, Sara et Cornelia, volontaires européens à Frontignan, témoignent avec la Fête de l’Europe du 12 mai.

Originaire d’une île au sud de la Croatie, Jelena, 26 ans, multipliait les petits boulots pendant et après ses études de tourisme et d’économie à Zagreb, jusqu’au moment de dire stop. « Il était temps pour moi de changer de vie et de faire une pause pour réfléchir à ce que j’avais envie de faire plus tard », confie la jeune femme. Elle candidate alors pour différentes missions de volontariat en Europe. C’est à Frontignan qu’elle décroche une mission et pose ses valises en septembre 2025, sans parler un mot de français.

Elle apprend vite et son intérêt pour l’écologie se renforce au sein de l’association CPIE Bassin de Thau, où elle travaille une fois par semaine, tout en allant à la rencontre des scolaires, la mission principale de son job. « Le grand projet qui m’a aussi beaucoup occupé depuis mon arrivée est la préparation de la Fête de l’Europe », ajoute-t-elle.

Si sa famille, sa langue et la cuisine balkanique lui manquent, elle ne se laisse pas gagner par la nostalgie. « Je me sens bien ici, la culture du sud de la France est très proche de celle du sud de la Croatie. J’ai envie de rester en France et d’y poursuivre des études », confie-t-elle.

La France, sa patrie de cœur

Francophile jusqu’au bout des ongles, Sara, 21 ans, originaire de Bakou, en Azerbaïdjan, connaissait déjà la France par passion : études de traduction française et anglaise, enseignement du français à l’université et traductrice pour le compte du ministère de la jeunesse et des sports de son pays lors d’événements internationaux. « Mon rêve d’enfant a toujours été de venir un jour en France », raconte-t-elle. Quand sa candidature est retenue à Frontignan – une ville en bord de mer de surcroît – elle jubile.

Peu de choses la surprennent depuis son arrivée – « je savais presque tout de la France » –, mais cette expérience lui révèle des facettes de sa personnalité qu’elle ne connaissait pas : se débrouiller seule loin des siens et prendre la parole en public. De son travail à la médiathèque, une fois par semaine, une nouvelle idée lui est venue. « Cette structure n’existe pas dans mon pays. Je vais en parler chez moi pour qu’il s’en inspire. »

« C’était ma dernière opportunité de partir »

Sans travail après ses études de sociologie à Malmö, en Suède, Cornelia, 30 ans, découvre le programme du Corps européen de solidarité lors d’un salon d’emploi. « C’était ma dernière opportunité de partir, l’âge limite pour s’inscrire étant de 30 ans. J’ai candidaté pour plusieurs missions, dont une à Frontignan, attirée par la mer, mais surtout par le fait d’être en groupe sur place. Ne pas être seule, c’était important pour moi », explique-t-elle, arrivée ici en août dernier.

Elle intervient dans les établissements scolaires pour présenter son pays et donner aux jeunes l’envie de partir ailleurs, et s’implique dans les animations culturelles de la ville. « Tout ce que je vis ici est comme une parenthèse enchantée. Certes, la langue reste une barrière pour se faire des amis, mais j’éprouve du plaisir dans mon travail et je découvre un pays qui m’a toujours intéressée. » Il n’y a pas d’âge pour partir. Elle en est la preuve.

À savoir pour candidater

Les missions de volontariat proposées par ce corps s’adressent aux jeunes de 18 à 30 ans, qui résident dans un État membre de l’Union européenne ou dans un pays hors UE associé au programme, et qui se sont inscrits sur le Portail européen de la jeunesse. Pour le volontariat en équipe, il est possible de s’engager pour une durée courte (entre 2 semaines et 2 mois) ou plus longue (12 mois), avec un investissement à plein temps (30 à 38 h par semaine).

Pour y participer, aucun critère de diplôme, de formation ou de niveau de langue n’est demandé. De plus, le volontariat ne doit pas être nécessairement en lien avec le domaine d’étude du volontaire ou servir de stage pratique pour valider un diplôme. Toutes les missions étant subventionnées, le volontaire n’a pas à débourser un centime de sa poche.