Irrigation, cartographie des sols, laboratoires agricoles mobiles, assurance agricole, recherche agronomique ou encore technologies adaptées aux zones arides : le Maroc et l’Éthiopie veulent structurer une coopération agricole particulièrement large, pensée comme un levier de sécurité alimentaire et de développement économique.
Le gouvernement marocain a enclenché la procédure d’approbation d’un accord de coopération dans le domaine agricole conclu avec l’Éthiopie, un texte signé le 19 novembre 2016 à Addis-Abeba. À travers ce partenariat, Rabat cherche à consolider sa présence économique et technique en Afrique de l’Est, dans un secteur considéré comme stratégique pour la coopération Sud-Sud.
La note de présentation accompagnant le projet souligne que les deux parties souhaitent renforcer leur coordination dans un domaine jugé central pour le développement économique et social ainsi que pour la sécurité alimentaire. Le texte fixe un cadre général de coopération basé sur l’égalité et l’intérêt mutuel, avec une mise en œuvre assurée côté marocain par le ministère de l’Agriculture.
L’accord couvre un spectre particulièrement large. Il prévoit notamment des échanges d’expertise dans les cultures maraîchères et fruitières adaptées aux zones arides et semi-arides, le développement des systèmes d’irrigation et des infrastructures hydroagricoles, ainsi que la coopération dans la recherche agronomique et la formation agricole.
Le document met également l’accent sur les mécanismes de soutien institutionnel et technique. Rabat et Addis-Abeba envisagent une coopération autour du développement des systèmes d’assurance agricole, du financement des coopératives, mais aussi de la cartographie de la fertilité des sols et du renforcement des capacités d’analyse des intrants agricoles et de contrôle qualité.
Parmi les volets les plus significatifs figure aussi l’appui aux laboratoires agricoles mobiles et aux dispositifs de vulgarisation et d’accompagnement technique des agriculteurs. L’accord évoque également le recours aux technologies modernes et aux bonnes pratiques afin d’améliorer les rendements agricoles.
Pour assurer le suivi opérationnel, les deux pays prévoient la création d’une commission mixte maroco-éthiopienne chargée de définir les programmes de coopération, de superviser leur mise en œuvre et d’évaluer les résultats obtenus. Cette instance pourra se réunir alternativement au Maroc et en Éthiopie.
Le texte prévoit par ailleurs que l’accord entrera en vigueur après notification mutuelle de l’accomplissement des procédures légales internes dans chacun des deux pays. Sa durée initiale est fixée à cinq ans, renouvelable automatiquement pour des périodes similaires sauf dénonciation par l’une des parties.
Au-delà de son contenu technique, cette relance intervient dans un contexte marqué par une intensification des relations économiques du Maroc avec plusieurs pays africains, notamment dans les secteurs liés à l’agriculture, aux engrais, à l’irrigation et à la sécurité alimentaire. Pour Rabat, l’agriculture demeure un outil de projection économique et diplomatique sur le continent, particulièrement dans des marchés à fort potentiel comme l’Éthiopie, deuxième pays le plus peuplé d’Afrique.