Avant de s’envoler pour Nairobi, au Kenya, où elle participe au Sommet France–Afrique, la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et de la Diaspora congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, et son homologue ougandais, Jeje Odongo, ont coprésidé, dimanche 10 mai, les travaux de la session ministérielle de la 9ᵉ Commission permanente mixte RDC–Ouganda. Cette session ministérielle a permis aux deux parties de réaffirmer leur volonté commune de consolider les relations bilatérales, notamment dans les domaines de la sécurité, du commerce transfrontalier, des infrastructures régionales et de l’intégration économique, dans une dynamique de coopération renforcée au service des intérêts des deux peuples.

À l’issue des travaux, les deux parties ont validé plusieurs projets d’accords à signer, parmi lesquels un accord dans le domaine des transports, un mémorandum d’entente sur les technologies de l’information et de la communication, ainsi qu’un protocole d’accord sur le tourisme. Pour la cheffe de la diplomatie congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, l’objectif est de produire des résultats concrets capables d’améliorer réellement les conditions de vie des populations. Dans son intervention, elle a insisté sur la nécessité de dépasser la logique des accords symboliques.

 » Une chose sur laquelle nous nous sommes accordés, mon cher frère et moi aujourd’hui pendant cette réunion, mais aussi l’ensemble des délégations, c’est que ce n’était pas une occasion de signer davantage d’accords. Il s’agit plutôt de faire une réelle différence dans la vie de nos populations respectives. Je pense donc qu’il est très important de souligner cela. Que peuvent attendre les populations de cette rencontre ? Il y a eu beaucoup de discussions dans de nombreux secteurs. Plus de treize secteurs ont été abordés : le commerce, les échanges, la migration, l’énergie. Je pense que ce que nos populations peuvent attendre, c’est une amélioration concrète de nos efforts pour devenir plus forts ensemble « , a déclaré Thérèse Kayikwamba Wagner. 

En matière de commerce, par exemple, a-t-elle fait savoir, la RDC et l’Ouganda veulent augmenter les volumes d’échanges, tout en prenant davantage en compte le commerce très important qui existe entre les communautés vivant dans les zones frontalières. Selon Thérèse Kayikwamba Wagner, de nombreuses discussions ont porté sur les mécanismes susceptibles de faciliter davantage ces échanges transfrontaliers.

 » Il ne s’agit donc pas seulement de regarder les grands acteurs ou les grosses fortunes. Je pense que nous avons aussi beaucoup parlé des problèmes du quotidien. Quand nous évoquons la pêche, par exemple, quelles sont les difficultés auxquelles font face nos pêcheurs ? Des efforts ont été faits dans toutes les discussions pour voir comment améliorer les choses dans différents secteurs et à différents niveaux, qu’il s’agisse des petites communautés ou des grandes industries. Ce qui est très clair et ce que nous retenons de cette rencontre, c’est que nous sommes deux peuples séparés par des frontières, certes, mais que nous partageons bien plus que ces frontières qui nous séparent. Il s’agit donc de faire en sorte que nous, les États, accompagnions nos populations qui travaillent déjà très étroitement ensemble »a indiqué Thérèse Kayikwamba Wagner. 

Par ailleurs, la cheffe de la diplomatie congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, a affirmé que la République démocratique du Congo et l’Ouganda constituent « un excellent exemple  » de la manière dont les défis sécuritaires régionaux et les questions de paix peuvent être traités conjointement, qu’il s’agisse des déplacements de populations à court ou à long terme.

Selon ce membre du gouvernement Suminwa, un important travail est mené dans le cadre de la commission conjointe sur les réfugiés, mais également sur les questions sécuritaires.

 » Nous avons tenu des sessions à huis clos entre les représentants de nos différents secteurs de sécurité afin de voir comment relever ensemble nos défis. Je pense que cela constitue une leçon pour le reste de la région : face aux défis, il faut s’asseoir ensemble et faire partie de la solution. Nous avons nos hauts et nos bas, nous avons nos réalités, mais le plus important est que nous partageons un même objectif : comprendre que nous resterons toujours voisins et que la meilleure manière d’être voisins est de travailler ensemble pour davantage de paix et de sécurité. Je pense que cette rencontre en est une démonstration : les deux pays restent engagés en faveur de cette vision et de cet objectif communs « , a fait savoir la cheffe de la diplomatie congolaise. 

Kampala, en Ouganda, a accueilli, du 8 au 10 mai 2026, les travaux de la 9ᵉ session de la Commission permanente mixte RDC–Ouganda. Ces assises ont principalement porté sur l’évaluation du niveau d’exécution des recommandations formulées lors de la précédente session organisée à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo. Les experts de ces deux pays de la région des Grands Lacs ont travaillé au sein de quatre sous-commissions consacrées notamment à l’économie, à la politique et à la diplomatie, à la défense et à la sécurité, ainsi qu’au commerce et au transport.

Les différents projets d’accords validés au niveau ministériel dans plusieurs secteurs seront signés en présence de Félix Tshisekedi et de Yoweri Museveni. À travers ces accords, Kinshasa renforce davantage ses liens avec l’Ouganda dans la région des Grands Lacs, dans un contexte marqué par la détérioration persistante de ses relations avec le Rwanda, que la RDC accuse de soutenir la rébellion de l’AFC/M23.

Clément MUAMBA