À l’approche du Hadj 2026, l’ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en Côte d’Ivoire, SEM Saad Bin Bakheat Alqathami met en lumière les innovations majeures destinées à améliorer l’expérience des pèlerins ivoiriens. Entre digitalisation des services, intelligence artificielle et renforcement de l’initiative « Tarik Makkah » (Route de La Mecque), le diplomate revient également sur l’excellence des relations ivoiro-saoudiennes et les perspectives de coopération entre les deux pays.
« Le choix de la République de Côte d’Ivoire comme premier pays d’Afrique subsaharienne pour la mise en œuvre de l’initiative Tarik Makkah témoigne de la solidité des relations entre nos deux pays frères », déclare SEM Saad Bin Bakheat Alqathami.
Quelles sont les principales innovations prévues pour l’organisation du Hadj 2026 pour les pèlerins ivoiriens ?
Le Hadj 2026 sera marqué par un renforcement de la transformation numérique et de l’innovation technologique dans le système d’accueil des pèlerins, considérés comme les Hôtes d’Allah. Cette évolution se traduira notamment par l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la gestion des flux de pèlerins ainsi que dans l’analyse des données en temps réel, afin d’améliorer l’efficacité et la rigueur de l’organisation.
Les services ont également été consolidés grâce à des systèmes numériques unifiés, notamment la carte « Nusuk », ainsi qu’à l’utilisation de plateformes électroniques pour la gestion des procédures de délivrance des autorisations d’accès aux différents lieux saints.
À cela s’ajoutent des solutions intelligentes de guidage multilingue et des technologies d’assistance déployées sur le terrain. Cette approche intégrée vise à améliorer l’efficacité opérationnelle et à faciliter l’accomplissement des rites pour les pèlerins, dans un système plus précis, flexible et durable.
Quelle est la valeur ajoutée concrète du programme « Tarik Makkah » pour les pèlerins ivoiriens en matière de simplification des formalités d’entrée en Arabie saoudite ?
Le Royaume d’Arabie saoudite met en œuvre plusieurs initiatives destinées à faciliter l’accomplissement du Hadj pour les fidèles musulmans. Parmi elles figure l’initiative « Tarik Makkah » (Route de La Mecque), qui connaît un franc succès dans plusieurs pays, dont la République de Côte d’Ivoire.
Depuis son lancement en 2017, cette initiative a permis de faciliter le pèlerinage de 1 254 994 fidèles. En Côte d’Ivoire, elle est mise en œuvre pour la quatrième année consécutive. Ce succès est le fruit d’une coopération efficace et soutenue entre les spécialistes des deux pays, sous l’impulsion de leurs dirigeants respectifs.
Est-il envisageable d’étendre l’initiative « Tarik Makkah » à d’autres catégories de voyageurs ou à davantage de pays africains ?
Dans le cadre de l’engagement du Royaume d’Arabie saoudite à améliorer continuellement la qualité des services offerts aux pèlerins, l’initiative « Tarik Makkah », lancée en 2017, est déployée selon une approche progressive. Celle-ci permet d’intégrer de nouveaux pays chaque année, sur la base de critères techniques et organisationnels rigoureux.
Depuis sa création, l’initiative a connu une expansion géographique significative, passant d’un nombre limité de pays à dix pour la saison du Hadj 2026. Les pays bénéficiaires sont le Maroc, la Turquie, le Pakistan, le Bangladesh, l’Indonésie, la Malaisie, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Brunei Darussalam et les Maldives.
Cette progression illustre l’engagement des autorités compétentes, notamment du ministère saoudien de l’Intérieur, en coopération avec plusieurs agences gouvernementales, à garantir une mise en œuvre efficace et durable des services proposés.
Cette dynamique repose sur une évaluation continue de l’expérience des pèlerins ainsi que sur le développement des infrastructures et des technologies, permettant de simplifier davantage les procédures et d’assurer un confort optimal aux fidèles.
Elle traduit également l’esprit de partenariat et de coopération avec les pays frères et amis, ainsi que l’adoption des meilleures pratiques internationales en matière de gestion des flux et de logistique, au service du bien-être des pèlerins.
Comment évaluez-vous l’état actuel des relations diplomatiques et économiques entre la Côte d’Ivoire et le Royaume d’Arabie saoudite ?
Les relations entre le Royaume d’Arabie saoudite et la République de Côte d’Ivoire sont excellentes, grâce à Dieu. Elles ont connu une évolution particulièrement positive depuis l’accession au pouvoir de Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara en 2011.
De nombreux Ivoiriens ont poursuivi leurs études en Arabie saoudite. Le choix de la Côte d’Ivoire comme premier pays d’Afrique subsaharienne pour la mise en œuvre de l’initiative « Tarik Makkah » témoigne de la solidité des relations entre nos deux pays frères. Nous travaillons actuellement avec les autorités ivoiriennes afin de développer davantage cette initiative.
Les liens humanitaires sont également renforcés grâce aux actions du Centre Roi Salman pour l’aide humanitaire et le secours, ainsi qu’aux projets de développement destinés à améliorer les conditions de vie des populations. Plusieurs projets sont exécutés par le Fonds saoudien pour le développement, en partenariat avec des institutions financières internationales et le gouvernement ivoirien.
Par ailleurs, nos relations politiques sont consolidées par un soutien mutuel au sein des organisations internationales. La convergence de nos positions sur plusieurs questions témoigne de la proximité de nos liens.
Nous avons également commencé à investir dans le secteur agricole à travers l’acquisition de plus de 80 % des parts de la société Olam. Nous considérons cette opération comme le point de départ d’un renforcement de nos investissements agricoles, la Côte d’Ivoire disposant de terres fertiles et d’une main-d’œuvre prometteuse.
Nous espérons également accroître les échanges commerciaux entre nos deux pays grâce au Conseil d’affaires saoudo-ivoirien.
Enfin, nous participons conjointement à plusieurs forums organisés dans nos deux pays. Le Royaume d’Arabie saoudite entend renforcer davantage ses relations avec les pays africains en général, et avec la Côte d’Ivoire en particulier. Nos deux nations ont enregistré des succès économiques remarquables ces dernières années, et nous travaillons actuellement sur plusieurs initiatives et accords qui, si Dieu le veut, porteront bientôt leurs fruits.
Interview réalisée par Salif D. CHEICKNA