Une plateforme digitale de santé dans le secteur de télémédecine sera officiellement opérationnelle à partir du 08 juin2026.  L’information a été rendue au terme d’une conférence de presse organisée au Gohou Hôtel, le mercredi 6 mai 2026 à Abidjan, à Cocody Angré. À travers cette innovation, les promoteurs entendent rapprocher davantage les professionnels de santé des populations, notamment celles vivant dans les zones les plus reculées du pays.

Prenant la parole au cours de cette rencontre, le Directeur général de Développement Solution Institute (DSI), Gaston Gohou, a présenté les ambitions de cette plateforme numérique qui sera accessible sur les appareils mobiles. Selon lui, cette solution vise à réduire les difficultés liées aux déplacements et aux délais d’accès aux soins. « Notre objectif est de réduire le temps que le patient et le médecin perdent dans leur rencontre, entre les déplacements et la prise de décision. Nous voulons même permettre à un paysan vivant dans un village reculé d’avoir accès à un médecin généraliste ou spécialiste reconnu par l’Ordre des médecins de Côte d’Ivoire », a-t-il expliqué.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte où les questions d’accessibilité aux soins demeurent un défi majeur pour de nombreuses populations, notamment en raison des contraintes géographiques et des difficultés de mobilité dans les grandes agglomérations.

Présent à cette cérémonie, le Professeur Paul-Éric Bohoussou a rappelé que le numérique occupe désormais une place importante dans le secteur médical, particulièrement depuis la pandémie de Covid-19 qui a accéléré l’adoption des outils digitaux dans plusieurs spécialités médicales. « Le numérique s’est introduit depuis longtemps dans notre spécialité. Il a connu un bond avec la crise du Covid-19. Nous avons dû nous adapter à la situation. L’un des grands défis de notre pratique, c’est l’inaccessibilité géographique liée notamment aux embouteillages », a-t-il indiqué.

Pour le spécialiste, cette innovation permettra de fluidifier les prises de rendez-vous et de faciliter les échanges entre médecins et patients. Toutefois, il a tenu à rappeler que la télémédecine ne saurait remplacer totalement les consultations physiques.

« La télémédecine ne peut pas remplacer l’examen physique ni les urgences médicales. Tout comme une consultation à distance ne peut remplacer totalement une consultation en présentiel », a-t-il insisté.

Le Professeur Paul-Éric Bohoussou estime néanmoins que cette solution numérique constitue un complément important au système sanitaire classique, notamment pour le suivi des maladies chroniques, les conseils de prévention et l’accompagnement post-traitement.

La question de la confiance dans les outils numériques de santé a également occupé une place importante dans les échanges. Ancien ministre rwandais de la Jeunesse et des TIC, Jean-Philbert Nsengimana a insisté sur la nécessité de bâtir des plateformes fiables et sécurisées afin de rassurer aussi bien les patients que les professionnels de santé. « En santé digitale, la confiance est un point central. Les patients doivent avoir confiance dans la protection de leurs données, les professionnels de santé doivent croire en la sécurité et à la fiabilité de la plateforme, et les institutions doivent avoir confiance dans la gouvernance et la responsabilité du système numérique », a-t-il déclaré.

Selon lui, l’Afrique dispose aujourd’hui d’une opportunité stratégique pour développer des solutions technologiques adaptées aux réalités locales, grâce à une nouvelle génération d’entrepreneurs africains engagés dans l’innovation.

Intervenant également lors de cette conférence, la pharmacienne Michelle Lohoues, exerçant à Adzopé, a rassuré sur l’encadrement légal du secteur pharmaceutique ivoirien. Elle a expliqué que des mécanismes de contrôle existent déjà au niveau des pharmacies afin de garantir le respect des normes en vigueur.

« Les pharmacies sont régies par des textes de loi ivoiriens qui encadrent ce secteur à travers l’Ordre des pharmaciens », a-t-elle souligné.

Cyprien K.