Le sommet Africa Forward 2026 s’est ouvert ce 11 mai à Nairobi, au Kenya, pour deux jours de discussions consacrées à l’avenir des relations entre l’Afrique et la France. Coorganisé par la France et le Kenya, l’événement réunit plusieurs chefs d’État africains, des responsables d’organisations internationales, des représentants du secteur privé ainsi que des entrepreneurs et acteurs de l’innovation.

Parmi les dirigeants présents figurent notamment le président kényan William Ruto, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, le président botswanais Duma Boko, le président comorien Azali Assoumani et le président ivoirien Alassane Ouattara, aux côtés du président français Emmanuel Macron.

Dans un contexte marqué par les mutations géopolitiques, les défis climatiques et les ambitions de transformation économique du continent, les échanges portent principalement sur la réforme de l’architecture financière internationale, la transition énergétique, l’industrialisation verte, l’agriculture durable, l’économie bleue ainsi que la coopération multilatérale.

Lors de la cérémonie d’ouverture, Emmanuel Macron et William Ruto ont insisté sur la nécessité de refonder les relations entre l’Afrique et la France sur des bases plus équilibrées, axées sur l’investissement, l’innovation et la confiance mutuelle.

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Le président français a annoncé un engagement financier global de 23 milliards d’euros en faveur du continent africain, dont 14 milliards d’investissements français, publics et privés. Selon l’Élysée, ces financements proviennent notamment d’entreprises françaises, de fonds d’investissement, de fondations ainsi que des opérateurs français de l’aide au développement tels que l’Agence française de développement (AFD), Proparco et la Direction générale du Trésor. Les neuf milliards d’euros restants devraient être mobilisés auprès d’investisseurs africains.

Les secteurs ciblés concernent principalement la transition énergétique, avec 4,3 milliards d’euros, le numérique et l’intelligence artificielle avec 3,76 milliards, l’économie bleue avec 3,3 milliards ainsi que l’agriculture à hauteur d’un milliard d’euros. Des investissements sont également prévus dans les domaines de la santé, de l’industrialisation et du secteur bancaire et financier.

Emmanuel Macron a par ailleurs défendu une approche moins centrée sur l’aide traditionnelle et davantage orientée vers les partenariats économiques et technologiques. Selon lui, l’objectif est de construire une relation fondée sur des intérêts communs et des investissements mutuellement bénéfiques.

De son côté, William Ruto a appelé à une meilleure représentation de l’Afrique dans les instances de gouvernance mondiale et les mécanismes financiers internationaux. Le président kényan a souligné le rôle stratégique du continent dans les questions liées à la sécurité alimentaire, au climat et au développement durable, tout en plaidant pour une place plus équitable de l’Afrique dans les processus décisionnels internationaux.

En marge des discussions diplomatiques et économiques, le sommet a également été marqué par plusieurs séquences symboliques. L’une des plus relayées a été l’échange de passes de football entre Emmanuel Macron et Bassirou Diomaye Faye devant les caméras, dans une ambiance détendue.

Cette scène intervenait dans le cadre d’une séquence consacrée à la jeunesse et au sport africain, à quelques mois des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026 que le Sénégal accueillera en novembre prochain. Elle illustre la volonté affichée par les autorités sénégalaises de faire du sport un levier de diplomatie et de rayonnement international.

Plus largement, le sommet Africa Forward se veut une plateforme de dialogue destinée à renforcer les partenariats économiques et politiques entre les pays africains et la France, dans un contexte où le continent cherche à affirmer davantage son poids stratégique sur la scène internationale.