Une nouvelle attaque a frappé mardi le Nigeria, au moment où le pays accroit ses efforts pour lutter, avec le soutien des Etats-Unis, contre son insécurité endémique liée à des gangs criminels et des djihadistes. Le raid a fait au moins 67 morts, selon un nouveau bilan de la Croix Rouge.
La police et le gouverneur de l’Etat de Kwara ont confirmé cette attaque dans le village de Woro, dans le centre-ouest du Nigeria, selon un législateur local. Le secrétaire de la branche de Kwara de la Croix-Rouge nigériane a ajouté que les opérations de recherche et de sauvetage se poursuivaient.
Bandes armées et djihadistes
L’Etat de Kwara est en proie à une insécurité multifactorielle, entre des bandes armées (localement appelées bandits) qui pillent les villages, kidnappent et terrorisent les habitants, et une menace djihadiste en augmentation, avec des groupes actifs dans le nord-ouest du pays qui étendent leur champ d’action vers le sud.
Face à l’insécurité, les autorités locales ont mis en place des couvre-feux dans certaines zones de l’Etat et avaient fermé les écoles pendant plusieurs semaines, avant d’ordonner leur réouverture lundi.
Une attaque qui suit des campagnes antiterroristes
Le gouverneur de l’Etat de Kwara, AbdulRahman AbdulRazaq, a qualifié cette attaque d’«expression lâche de la frustration des cellules terroristes suite aux campagnes antiterroristes en cours dans certaines parties de l’Etat et aux succès enregistrés jusqu’à présent».
Il y a quelques jours, l’armée nigériane avait annoncé avoir «neutralisé» – sans préciser si elle les avaient capturés ou tués – des «terroristes» (environ 150, selon les médias locaux) dans les forêts de Kwara, précisant qu’il s’agissait de bandits.
Lire aussi: Dans le nord du Nigeria, la coupe de l’aide américaine menace la longue bataille contre la polio
Le Nigeria, pays le plus peuplé et premier producteur de pétrole d’Afrique, fait face depuis 2009 à une insurrection djihadiste dans le nord-est, tandis que des groupes armés criminels sévissent dans le nord-ouest et le centre-nord, auxquels se sont ajoutés des mouvements jihadistes locaux comme Lakurawa et Mahmuda.
Des chercheurs ont récemment établi un lien entre certains membres de Lakurawa – le principal groupe djihadiste basé dans l’Etat de Sokoto (nord) – et l’Etat islamique au Sahel (EISS), actif au Niger voisin.
Lire aussi: Frappes américaines au Nigeria: ce que l’on sait