Après 45 ans dans les pipelines internationaux, Didier Michel a rejoint en 2022 le groupe HSD qu’il avait co-fondé 18 ans plus tôt. Retour sur l’histoire d’une success story franco-africaine qui révolutionne les ressources humaines sur le continent.

 

L’histoire de HSD commence en 2003 sur un chantier titanesque : la pose d’un pipeline de 1100 kilomètres pour Exxon, entre le Tchad et le Cameroun. Didier Michel, alors directeur de projet chez SPIECAPAG, doit recruter des milliers de travailleurs locaux. « Tous les 20 ou 30 kilomètres, on changeait de main-d’œuvre. Il fallait gérer 9000 personnes sur 18 mois », se souvient-il.

C’est là qu’il rencontre Hubert, gestionnaire camerounais d’une société de mise à disposition de personnel. Pendant trois ans, les deux hommes collaborent intensément. À la fin du projet, Didier Michel découvre que Hubert n’est que le gérant de la société. « Je lui ai dit : “Crée ta propre société. Ça fait trois ans que tu me prouves ce que tu sais faire” »

Un an et demi plus tard, alors qu’il travaille en Géorgie à la frontière turque, Didier Michel reçoit un appel. Hubert veut se lancer et lui pose deux questions : « Je veux créer ma société. Est-ce que tu me suis ? Combien tu peux mettre ? » En 2005, HSD naît de cette association : H pour Hubert, S pour Salouck (un autre associé camerounais), et D pour Didier.

 

Quatre métiers, un continent

Pendant près de deux décennies, Didier Michel reste actionnaire distant. « Je voyais cela de très loin. Il y avait juste mon nom, mon argent et ma part. » HSD grandit progressivement dans toute l’Afrique centrale et de l’ouest, notamment dans le secteur minier et parapétrolier.

Le 1er janvier 2022, il prend sa retraite après 44 ans de bons et loyaux services. Le lendemain, Hubert l’appelle et apprend qu’il est désormais libre de toute contrainte professionnelle. « Il m’a dit : “Écoute, tu viens, j’ai besoin de toi.” »

HSD structure son offre autour de quatre activités complémentaires. La mise à disposition d’abord : fournir du personnel non qualifié ou semi-qualifié aux entreprises sur projets. « Quand vous avez une mine au Gabon, c’est tout de suite 400 à 500 personnes locales.»

Le recrutement ensuite, pour des postes stratégiques. HSD trouve des profils africains qualifiés pour les sociétés internationales. Le portage constitue le troisième pilier. Des entreprises qui mènent des projets temporaires en Afrique sans y avoir d’existence légale passent par HSD. « On gère tout leur personnel, on leur loue les bureaux, les voitures, on leur fait les démarches pour les permis de travail et les cartes de résidence. »

Enfin, la formation professionnelle, le pari d’avenir. Le groupe travaille avec plusieurs ministères africains pour structurer leurs programmes.

 

HSD : Didier Michel, bâtisseur de ponts entre l'Europe et l'Afrique - 2 hsd fond clairDidier Michel dirige une société à dimension internationale, opérant principalement sur le continent africain, dans le recrutement et le relationnel B2B. DR

 

Une révolution managériale

L’arrivée de Didier Michel bouleverse les pratiques. Première mesure : imposer un contrôle de gestion rigoureux.

La structure évolue également. Un comité de direction et un comité exécutif voient le jour avec six directeurs exécutifs africains ou assimilés couvrant le commercial, les opérations, la finance, les ressources humaines, le juridique et la stratégie. Pour les équipes africaines, ce fut une transformation majeure.

Le groupe crée aussi deux bureaux en France : l’un dans les Ardennes pour le contrôle de gestion, l’autre à Dunkerque pour le recrutement européen vers l’Afrique. Car les flux ne vont pas que dans un sens. HSD travaille sur les métiers en tension sur la France avec venue de main d’œuvre africaine qualifiée ou semi-qualifiée et réfléchit au retour de la diaspora africaine sur le continent.

 

Vision 2030

HSD emploie 130 permanents répartis dans 16 pays africains, avec des implantations fortes au Gabon et au Cameroun. Le groupe vient de créer un pôle communication pour améliorer sa visibilité internationale. Le groupe pense ouvrir d’autres entités suivant les opportunités.

Avec son programme HSD 2030, le groupe anticipe les besoins futurs du continent en matière de ressources humaines avec un programme ambitieux de formation. L’objectif : devenir un acteur de référence panafricain, tout en gardant son ADN hybride, cette alliance unique entre rigueur européenne et connaissance profonde des réalités africaines. Une histoire de confiance construite il y a vingt ans, entre deux hommes, sur les pistes d’un pipeline entre le Tchad et le Cameroun.

Pour Didier Michel, aucun doute : « L’Afrique sera le continent du XXIe siècle ».

 

Infos :

www.hsd-melt.com/

Mail : [email protected]

LinkedIn : HSD Human Resource Solutions