« Cinq blessés et sept accompagnateurs » ont traversé le poste-frontière, a déclaré, mardi 3 février, une source à la frontière auprès de l’Agence France Presse, alors que le nombre maximum de patients de Gaza autorisés à entrer en Égypte avait été limité lundi à 50 avec deux accompagnants chacun, selon trois sources officielles à la frontière égyptienne.

Lundi 2 février, un responsable égyptien du ministère de la Santé a confirmé que trois ambulances ont transporté des patients palestiniens, qui ont « été immédiatement examinés pour déterminer vers quel hôpital ils seraient transférés ».

Les autorités égyptiennes ont mobilisé 150 hôpitaux et 300 ambulances, de même que 12 000 médecins et 30 équipes d’urgence pour accueillir les patients de Gaza, selon AlQahera News, un média d’État proche des renseignements égyptiens. Quelque « 20 000 patients, dont 4 500 enfants » ont « un besoin urgent de soins », selon Mohammed Abou Salmiya, directeur du principal hôpital du territoire palestinien, Al-Chifa.

La réouverture de Rafah constitue une « fenêtre d’espoir » pour les habitants de Gaza, a estimé lundi Ali Shaath, chef du Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG) chargé de gérer le territoire pendant une période transitoire sous l’autorité du « Conseil de paix » présidé par Donald Trump. La réouverture de la frontière devrait aussi permettre l’entrée à Gaza, à une date encore inconnue, des 15 membres qui constituent le NCAG.

« Le début d’une longue route pour réparer ce qui s’est déchiré »

Nabil Shaath, président de la commission intérimaire palestinienne pour la gestion de Gaza, a voulu faire preuve d’optimisme, indique notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti. Il a déclaré sur son compte X : « Cette étape constitue le début d’une longue route pour réparer ce qui s’est déchiré et ouvre une vraie fenêtre d’espoir pour les habitants de Gaza. » Selon un responsable palestinien, douze personnes ont pu entrer dans la bande de Gaza depuis l’Égypte ce lundi, sans qu’aucune autre précision ne soit donnée.

De leur côté, les autorités égyptiennes ont multiplié les déclarations sur les dizaines de milliers de médecins et d’infirmiers prêts à accueillir les patients palestiniens, les centaines d’ambulances et les 150 hôpitaux.

Pour les réseaux sociaux, ces déclarations visent à masquer l’embarras des autorités qui n’ont pas réussi à surmonter les blocages israéliens. Le couloir de grillages et de barbelés installé par Israël dans le point de passage est dénoncé par des internautes qui y voient le rappel par l’État hébreu que Gaza est une prison à ciel ouvert.