À l’heure où les relations internationales se recomposent autour de nouvelles chaînes de valeur, le partenariat Maroc – Espagne s’impose comme l’un des axes géopolitiques et économiques les plus structurants de la région euro-africaine. C’est ce que souligne le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, lors d’une récente intervention à Madrid, où il a mis en avant « une fenêtre d’opportunité historique » pour bâtir un modèle de coopération à la fois moderne, équilibré et tourné vers l’avenir.
L’Espagne, première partenaire commerciale du Maroc depuis plus d’une décennie, dispose d’une industrie puissante, d’un savoir-faire technologique reconnu et d’une avance notable dans les énergies renouvelables. Le Maroc, de son côté, s’est affirmé comme hub africain incontournable, doté d’infrastructures logistiques de rang mondial, d’un réseau portuaire compétitif et d’une stratégie énergétique ambitieuse, notamment autour de l’hydrogène vert.
En rapprochant ces atouts, les deux royaumes entendent créer un véritable corridor stratégique entre l’Afrique et l’Europe.
« Nous avons vocation à être des pivots naturels entre les deux continents », a rappelé Aziz Akhannouch.
Cette vision se manifeste à travers plusieurs chantiers conjoints : interconnexions électriques et gazières, projets hydrogène, partenariats industriels, et co-investissements ciblés en Afrique de l’Ouest.
Des investissements croisés pour une compétitivité partagée
Au-delà de l’énergie, la coopération touche aujourd’hui des secteurs clés comme l’automobile, l’agro-industrie, la logistique, la finance et le numérique. Les entreprises espagnoles renforcent leur présence dans les régions industrielles marocaines, tandis que les acteurs marocains regardent de plus en plus vers la péninsule ibérique comme porte d’entrée vers les marchés européens.
Cette dynamique s’appuie sur un climat des affaires marocain en pleine modernisation. Le gouvernement a lancé une série de réformes majeures : refonte fiscale, dématérialisation des procédures, simplification administrative, réforme des marchés publics, et amélioration du cadre d’investissement. Un ensemble de mesures destinées à rendre le Maroc plus attractif pour les investisseurs étrangers, tout en soutenant l’initiative privée nationale.
Une relation stabilisée, fondée sur le dialogue et les intérêts communs
Si les relations maroco-espagnoles ont connu par le passé des tensions, la période actuelle se caractérise par une stabilité institutionnelle et un dialogue politique permanent. Les deux pays partagent une vision convergente : sécuriser leurs frontières, développer leur économie de manière durable, et faire de leur rapprochement un moteur pour toute la région.
Pour Rabat comme pour Madrid, il ne s’agit plus seulement de coopération bilatérale, mais d’un partenariat global, enraciné dans les besoins des sociétés civiles, des entreprises et des citoyens, avec un impact direct sur la connectivité continentale.
Vers un nouvel espace afro-européen
En renforçant leur alliance, le Maroc et l’Espagne entendent bâtir un nouveau modèle de relations Afrique–Europe basé sur la co-création, l’innovation et la complémentarité. Les projets énergétiques et logistiques communs, couplés aux chaînes de valeur industrielles transcontinentales, pourraient redéfinir la place des deux pays dans les réseaux économiques mondiaux.
Ce partenariat se présente désormais comme un levier stratégique, capable de connecter durablement les marchés, les entreprises et les peuples des deux rives.