Après quatre éditions du GITEX Africa Morocco, l’Agence de développement du digital entend désormais mesurer de manière structurée les retombées économiques, technologiques, institutionnelles et écosystémiques de l’événement, mais aussi apprécier son retour sur investissement. L’objectif est également de dégager des orientations susceptibles de renforcer son positionnement à moyen et long terme.
Après quatre éditions, l’heure est désormais à l’évaluation pour GITEX Africa Morocco. Installé dans le paysage des grands rendez-vous technologiques organisés au Maroc, l’événement doit désormais être apprécié au-delà de sa fréquentation ou de sa visibilité. L’Agence de développement du digital (ADD) se propose d’établir un bilan détaillé de ses retombées depuis son lancement en vue de déterminer dans quelle mesure le salon contribue effectivement aux ambitions numériques du Royaume. La démarche porte sur les quatre éditions organisées en 2023, 2024, 2025 et 2026. Elle doit permettre de mesurer les résultats obtenus au regard des moyens mobilisés, mais également d’identifier les facteurs de réussite, les limites relevées et les leviers susceptibles de renforcer l’impact de l’événement lors de ses prochaines éditions. L’enjeu est d’autant plus important que GITEX Africa Morocco s’est vu assigner, dès son lancement, des objectifs dépassant largement le cadre événementiel. Le rendez-vous doit en effet contribuer à positionner le Maroc comme catalyseur du développement de l’économie numérique en Afrique, promouvoir le Royaume comme destination d’investissement dans le numérique, faciliter la mise en relation entre les différents acteurs de l’innovation technologique et favoriser les échanges, l’attraction d’investissements ainsi que le renforcement des infrastructures numériques.
Mesurer ce que le GITEX rapporte réellement
Le premier chantier consiste ainsi à établir une photographie consolidée des ressources mobilisées et des retombées effectivement générées. L’analyse ne doit pas se limiter aux dépenses directement liées à l’organisation du salon. Elle devra également apprécier ses effets économiques plus larges. Le dispositif prévoit l’analyse des dépenses effectuées par les exposants, visiteurs et délégations ; des achats réalisés auprès des entreprises locales ; des dépenses liées au transport, à l’hébergement et à la restauration ; ainsi que des recettes générées par l’événement. Les effets sur l’emploi temporaire et permanent figurent également parmi les éléments devant être étudiés. Mais la lecture recherchée va plus loin. L’ADD veut disposer d’une évaluation multidimensionnelle du GITEX Africa Morocco. L’étude doit ainsi mesurer son impact sur les startups, les entreprises, les institutions et, plus généralement, sur la dynamique de collaboration et d’innovation au sein de l’écosystème numérique. Elle devra également examiner les partenariats technologiques, accords ou collaborations ayant émergé pendant ou à la suite de l’événement. La dimension médiatique fait elle aussi partie du bilan. Il est prévu d’apprécier la couverture de l’événement dans les médias nationaux et internationaux ainsi que ses retombées sur les réseaux sociaux. La satisfaction des participants, notamment des exposants et des visiteurs, doit également être prise en compte. Au bout de cette mécanique d’évaluation se trouve une question centrale : quel est le véritable retour sur investissement de GITEX Africa Morocco ? La démarche doit permettre de comparer l’impact mesuré avec les sommes engagées et de déterminer si le niveau de retour sur investissement est inférieur, aligné ou supérieur aux moyens mobilisés.
Du bilan au repositionnement
L’exercice ne s’arrêtera toutefois pas à la production d’indicateurs. Les enseignements tirés des quatre premières éditions doivent servir de base à une réflexion plus large sur l’avenir de GITEX Africa Morocco. L’ADD prévoit ainsi une analyse du positionnement actuel de l’événement au regard de ses objectifs stratégiques, accompagnée d’une identification de ses forces et limites ainsi que des opportunités d’évolution. Un benchmark avec des événements internationaux comparables pourra également être réalisé afin d’identifier les bonnes pratiques susceptibles d’être adaptées au contexte marocain. À partir de ce diagnostic, plusieurs scénarios de repositionnement stratégique pourront être formulés. Ils devront préciser les priorités et propositions de valeur susceptibles d’être développées, identifier les indicateurs nécessaires à un suivi régulier des résultats et déboucher sur une feuille de route opérationnelle. La finalité affichée est d’assurer un meilleur alignement entre l’impact de l’événement et les objectifs stratégiques qui lui sont assignés. Il ne s’agit donc pas, à ce stade, d’un repositionnement déjà arrêté. Le processus doit précisément permettre d’en déterminer l’opportunité, les contours et les modalités éventuelles sur la base des résultats du bilan.
Une évaluation nourrie par le terrain
Pour parvenir à cette lecture, le dispositif prévu combine analyse documentaire, collecte de données et consultation des différentes parties prenantes. Il comprend, notamment, la réalisation de 20 entretiens avec les acteurs concernés, 10 focus groups ainsi que l’administration de questionnaires. Les informations collectées seront ensuite consolidées et analysées avant la formulation des recommandations finales. L’exercice doit être conduit par une équipe pluridisciplinaire comprenant, entre autres, un chef de projet senior disposant d’au moins dix années d’expérience, deux consultants seniors, un expert en analyse économique et un expert événementiel. La durée globale de la mission est fixée à quatre mois à compter du démarrage des prestations. Après une phase consacrée à installer GITEX Africa Morocco parmi les rendez-vous technologiques majeurs organisés dans le Royaume, la question devient donc celle de la valeur créée. Investissements, activité économique, partenariats, innovation, emplois, visibilité et rayonnement : le prochain enjeu sera de déterminer ce que l’événement apporte concrètement au Maroc et comment amplifier cet impact dans les années à venir.
Sanae Raqui / Les Inspirations ÉCO
L’émission
Chaque semaine, un grand invité décrypte les enjeux de l’économie marocaine.