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Légende image, Finaliste en 2002 et 2019, champion en 2021, puis à nouveau en 2025, les Lions de du Sénégal s’installent durablement au sommet du football africain. Article InformationAuthor, Ousmane BadianeRole, Digital Journalist BBC Afrique, Reporting from, Dakar23 décembre 2025
Mise à jour 21 janvier 2026
Le 18 janvier 2026 au stade Moulay Abdallah de Rabat, le Sénégal a écrit une nouvelle page de son histoire en remportant la CAN 2025 face au Maroc (1-0 après prolongations).
Quatre ans après son premier sacre à la CAN 2021, les Lions de la Téranga confirment leur statut de référence continentale du moment et ajoutent une deuxième étoile à leur maillot.
Cette finale de la 35e édition de la CAN était inédite. Jamais le Sénégal et le Maroc ne s’étaient affrontés en finale de la CAN. Dans une atmosphère électrique, les Lions ont fait preuve de sang-froid et de maîtrise pour dominer le pays organisateur.
Le but décisif, inscrit par Pape Gueye en prolongation, restera comme l’un des plus grands exploits du football sénégalais. Gagner une finale à l’extérieur, face à un pays hôte porté par son public, est une rareté dans l’histoire de la compétition.
Retour sur les cinq clés de ce triomphe, qui ouvre désormais la voie vers le Mondial 2026.
Ce succès symbolise la maturité et la résilience d’un groupe désormais habitué aux grands rendez-vous.
Finaliste 3 fois en 4 éditions (2019, 2021 et 2025), le Sénégal s’est installé durablement parmi l’élite africaine en remportant enfin le trophée face à l’Égypte, en février 2022 au Cameroun.
Depuis ce titre, les Lions de la Téranga ont acquis un nouveau statut, ils sont devenus une référence continentale, respectée et redoutée.
Cette régularité au plus haut niveau repose sur une identité claire : solidité défensive, maturité tactique, profondeur de banc et capacité à gérer les grands rendez-vous.
La dernière mise à jour du classement FIFA publiée ce lundi, reflète l’impact de la CAN 2025 sur la hiérarchie mondiale. Le Sénégal a été récompensé à la hauteur de sa performance au Maroc.
Sacrés champions d’Afrique dimanche, les Lions de la Téranga enregistrent leur progression la plus spectaculaire : un bond de sept places qui les propulse au 12ᵉ rang mondial, devant l’Italie et la Colombie. Un classement inédit dans l’histoire du football sénégalais, jusque-là solidement installé dans le Top 20 ces quatre dernières années. Les Lions restent toutefois derrière le Maroc, pays organisateur de la CAN 2025 et finaliste malheureux, qui gagne trois places et occupe la 8e place mondiale.

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Légende image, Le Sénégal a décroché, dimanche 18 janvier 2025, la deuxième Coupe d’Afrique des Nations de son histoire en battant le Maroc (1-0 après prolongation) au stade Moulay Abdallah de Rabat.
La stabilité et la continuité du modèle sénégalais
Les bonnes performances du Sénégal reposent sur une combinaison de facteurs : une politique de formation structurée, un encadrement technique stable, une identité collective forte et l’émergence régulière de talents capables de briller au plus haut niveau.
Le succès du football sénégalais en Afrique est le produit d’un écosystème patiemment structuré, d’un choix fort basé sur le recours aux techniciens du sérail depuis 2015 et une continuité rare sur le continent.
Le Sénégal a fait ce que beaucoup de nations africaines n’ont jamais réussi à maintenir : le temps long.
En maintenant Aliou Cissé au poste de sélectionneur de 2015 à 2024, la Fédération sénégalaise de football (FSF) a rompu avec l’instabilité chronique observée dans plusieurs pays africains. Ce choix a permis l’inscription du projet sportif dans la durée, malgré des échecs initiaux, jusqu’au sacre continental lors de la CAN 2021 au Cameroun.
Successeur d’Aliou Cissé, Pape Thiaw a réussi le délicat passage de témoin en préservant l’ADN des Lions de la Teranga, tout en insufflant le sang neuf d’une nouvelle génération, assurant une transition maîtrisée et sans rupture.
Autre facteur clé : la gestion des joueurs binationaux. Le Sénégal a su intégrer sans heurts des talents formés en Europe, en évitant les clivages entre joueurs locaux et expatriés. Cette approche inclusive a renforcé la cohésion du groupe et consolidé le sentiment d’appartenance à la sélection.
Un équilibre entre cadres et jeunes talents

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Légende image, Le succès sénégalais repose sur une alchimie réussie entre leaders expérimentés et jeunes talents.
Le succès sénégalais repose sur une alchimie rare entre leaders expérimentés et jeunes talents.
Les piliers des grandes campagnes récentes, ceux qui ont connu le sacre de 2021 et les parcours solides en Coupe du monde cohabitent avec une génération montante, plus audacieuse et déjà exposée au haut niveau européen.
Les cadres Édouard Mendy, Kalidou Koulibaly, Idrissa Gana Gueye, Sadio Mané ont assumé leur rôle de piliers.
La nouvelle vague incarnée par Pape Gueye, buteur décisif en finale, Nicolas Jackson, Iliman Ndiaye, Lamine Camara, Malick Diouf, s’est imposée sans complexe.
Et surtout Ibrahim Mbaye, 17 ans, attaquant du PSG, qui s’est révélé comme l’un des symboles du futur sénégalais. Explosif et audacieux, il incarne l’avenir du football sénégalais et la continuité d’un projet à long terme.
Cette combinaison entre expérience et jeunesse donne au Sénégal une profondeur rare, capable de durer au sommet.
La liste des 28 champions d’Afrique :
Gardiens : Mory Diaw (Le Havre), Yehvann Diouf (Nice), Édouard Mendy (Al-Ahli).
Défenseurs : Krépin Diatta (Monaco), El Hadji Malik Diouf (West Ham United), Ismail Jakobs (Galatasaray), Kalidou Koulibaly (Al Hilal), Antoine Mendy (Nice), Moussa Niakhaté (Lyon), Mamadou Sarr (Strasbourg), Abdoulaye Seck (Maccabi Haifa),
Milieux de terrain : Lamine Camara (Monaco), Pathé Ciss (Rayo Vallecano), Habib Diarra (Sunderland), Idrissa Gana Gueye (Everton), Pape Gueye (Villarreal), Pape Matar Sarr (Tottenham Hotspur), Mamadou Lamine Camara (RS Berkane).
Attaquants : Boulaye Dia (Lazio), Habib Diallo (Metz), Nicolas Jackson (Bayern Munich), Sadio Mané (Al Nassr), Ibrahim Mbaye (Paris Saint-Germain), Chérif Ndiaye (Samsunspor), Iliman Ndiaye (Everton), Cheikh Tidiane Sabaly (Metz), Ismaila Sarr (Crystal Palace).
Le poids de l’expérience

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Légende image, Le Sénégal a remporté son premier titre de champion d’Afrique des Nations (CAN) en 2022, après avoir battu l’Égypte 4-2 aux tirs au but en finale.
Éliminés prématurément en huitième de finale lors de la CAN 2023 en Côte d’Ivoire, les Sénégalais sont allés au Maroc avec une soif de revanche.
Sous la houlette de Pape Thiaw, successeur d’Aliou Cissé, l’équipe a retrouvé un équilibre précieux entre cadres aguerris et jeunes talents prometteurs. Cette combinaison a permis aux Lions de la Teranga d’aborder la compétition avec sérénité et confiance.
Finalistes malheureux en 2002 et 2019, champions en 2021, les Sénégalais ont accumulé au fil des années un capital d’expérience unique. Ils savent ce que représente une finale de CAN, ses enjeux, sa pression, ses détails qui font basculer un match. Dix des champions d’Afrique 2021 étaient du voyage au Maroc.
Face à eux, le Maroc, brillant tout au long du tournoi, n’avait pas ce vécu collectif. Les Lions de l’Atlas ont découvert la difficulté de gérer une finale continentale, où chaque minute exige une maîtrise émotionnelle et tactique.
Dans ce choc attendu, le Sénégal a imposé son rythme et son assurance. Les cadres, déjà présents lors du sacre de 2021, ont guidé les plus jeunes, rappelant que la CAN ne se gagne pas seulement avec du talent, mais aussi avec du sang-froid et une connaissance intime de ces grands rendez-vous. Le Maroc, malgré sa qualité technique, a manqué de ce supplément d’âme et de lucidité que seule l’expérience forge.
Pape Thiaw, le sélectionneur de la transition
« Nous faisons partie des favoris et nous l’assumons. Je veux une équipe dominante, qui impose son jeu. À nous d’aller chercher la deuxième étoile », avait déclaré Pape Thiaw avant le tournoi. Pari tenu : le Sénégal est champion d’Afrique pour la deuxième fois de son histoire.

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Légende image, Nommé en octobre 2024 après le départ d’Aliou Cissé, Pape Thiaw devient ainsi le premier entraîneur africain à soulever à la fois le CHAN et la CAN.
Ce deuxième sacre confirme la place du Sénégal parmi les géants du continent. Finaliste en 2002 et 2019, champion en 2021, puis à nouveau en 2025, les Lions de la Teranga s’installent durablement au sommet.
Sous la houlette de Pape Thiaw, qui a succédé à Aliou Cissé en octobre 2024, le Sénégal a trouvé un équilibre parfait entre expérience et jeunesse. Sadio Mané, Idrissa Gana Gueye et Koulibaly ont guidé une nouvelle génération talentueuse incarnée par Nicolas Jackson, Iliman Ndiaye et Ibrahim Mbaye.
Cette victoire, acquise face au Maroc dans son propre pays, restera comme l’un des plus grands exploits du football sénégalais.
Nommé sélectionneur en octobre 2024, Pape Thiaw signe une consécration historique. Déjà vainqueur du Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) en 2023, il devient le premier entraîneur à remporter les deux compétitions. Ancien international, finaliste malheureux de la CAN 2002, Thiaw prend ainsi une revanche personnelle 24 ans plus tard.
Sous sa direction, le Sénégal a adopté un style offensif marqué. Les Lions ont inscrit 13 buts au cours du tournoi, deuxième meilleure attaque derrière le Nigeria, avec une répartition des réalisations entre plusieurs joueurs (Pape Gueye, Sadio Mané, Chérif Ndiaye, Nicolas Jackson, Habib Diallo, Iliman Ndiaye, Abdoulaye Seck, Ibrahim Mbaye).
Cette victoire confirme la montée en puissance du football sénégalais, à quelques mois de la prochaine échéance, la Coupe du monde 2026 en juin-juillet.
Sadio Mané, le facteur X
Sadio Mané a été désigné meilleur joueur de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, à l’issue de la finale remportée par le Sénégal face au Maroc (1-0), dimanche soir à Rabat.
Annonçant que cette CAN serait probablement sa dernière, Sadio Mané ne pouvait rêver meilleur épilogue. S’il n’a pas marqué en finale, il a guidé ses coéquipiers, les poussant à reprendre le match dans les moments difficiles. Élu meilleur joueur de la compétition, l’enfant de Bambali entre un peu plus dans l’histoire du football africain.
Le leader technique des Lions a inscrit deux buts et délivré trois passes décisives dans cette CAN 2025 au Maroc. Avec 11 buts et 9 passes décisives en 6 CAN (2017,2019, 2021,2023, 2025) Mané est devenu le joueur le plus décisif du XXIe siècle dans la compétition.
Auteur d’un tournoi exceptionnel, le numéro 10 des Lions a brillé par son influence sur le jeu, sa régularité et son engagement. Véritable moteur de l’équipe, il a multiplié les passes clés, les accélérations et les efforts défensifs, se montrant décisif dans les phases à élimination directe.

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Légende image, Auteur d’un tournoi exceptionnel, le numéro 10 des Lions a brillé par son influence sur le jeu, sa régularité et son engagement.
Sa prestation en finale a confirmé son statut de leader incontesté. Intensité, implication totale et inspiration technique : Mané a été à l’origine de plusieurs situations dangereuses, notamment sur l’action du but victorieux. Sa talonnade subtile pour Idrissa Gana Gueye a permis à ce dernier de délivrer la passe décisive à Pape Gueye en prolongation.
Si la CAN 2025 marque peut-être la fin de son aventure continentale, l’histoire de Sadio Mané avec le Sénégal n’est pas terminée. Le Mondial, dans quelques mois, reste une ultime opportunité pour lui de laisser une trace gravée à l’échelle planétaire, après le forfait cruel de 2022.
Humilité, talent et leadership : Mané s’impose comme l’un des plus grands joueurs africains de son époque. Et même si cette CAN est sa dernière, son héritage restera indélébile.
Leader technique et guide naturel, son efficacité et sa capacité à répondre présent dans les moments clés restent des atouts essentiels pour le Sénégal.

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