Le gouvernement libyen a annoncé le lancement d’un projet d’extension du port de Misrata, en partenariat avec des acteurs qataris, italiens et suisses, avec l’objectif affiché d’augmenter ses capacités. Le montant total des investissements est estimé à 2,7 milliards de dollars (environ 2,3 milliards d’euros), selon une déclaration publiée dimanche 18 janvier sur le réseau social X par le Premier ministre Abdulhamid Dbeibah.
D’après les informations communiquées par l’exécutif, le projet repose sur un partenariat stratégique portant sur le développement et l’extension du terminal portuaire de la zone franche de Misrata. La capacité annuelle visée est d’environ 4 millions de conteneurs. Les autorités n’ont pas détaillé la liste complète des investisseurs ni la répartition des montants engagés. Le seul groupe explicitement cité est Mediterranean Shipping Company (MSC), leader mondial du transport maritime par conteneurs.
Le gouvernement met en avant un schéma fondé sur l’investissement direct étranger, censé permettre le financement, le développement et l’exploitation des infrastructures sans mobilisation directe du budget de l’État. « Ce projet devrait générer des recettes d’exploitation estimées à environ 500 millions de dollars par an, créer 8 400 emplois directs et environ 60 000 emplois indirects, placer la Libye au cœur de la concurrence logistique en Méditerranée occidentale, améliorer l’accès aux marchés africains et soutenir le commerce régional », a déclaré Abdulhamid Dbeibah.
Signaux convergents
Cette annonce fait suite à plusieurs publications parues ces derniers jours dans la presse internationale sur le projet. L’agence italienne Agenzia Nova indiquait qu’un accord stratégique devait être signé entre la zone franche de Misrata, Terminal Investment Limited – filiale de MSC spécialisée dans l’exploitation de terminaux portuaires – et le fonds qatari Al Maha Capital Partners.
Selon ces informations, l’accord porterait sur l’extension des capacités existantes et la création de nouvelles zones de chargement, avec des investissements dans les infrastructures de quai et de stockage destinés à améliorer la productivité et la régularité des flux.
D’autres médias spécialisés ont également fait état de l’attribution du contrat d’exploitation et de développement du port au consortium MSC–Al Maha, face à des offres concurrentes émanant de groupes turcs, émiratis et français.
Un rôle important dans la stratégie économique libyenne
Située à environ 200 kilomètres à l’est de Tripoli, Misrata constitue l’un des principaux pôles économiques du pays. Le port s’étend sur près de 190 hectares. Plusieurs sources concordantes citant l’administration de la zone franche indiquent qu’en 2025, le trafic conteneurisé aurait atteint environ 685 000 EVP (équivalents vingt pieds), en hausse de 22% sur un an, parallèlement à une progression des volumes de marchandises traités.
Le projet d’extension arrive alors que le Fonds monétaire international (FMI) rappelait encore en novembre dernier la nécessité pour la Libye de diversifier les sources de croissance économique, compte tenu de sa forte dépendance aux revenus pétroliers. « La croissance du PIB de la Libye en 2025 est soutenue par une hausse de la production pétrolière, mais la baisse des prix internationaux du pétrole et le niveau élevé des dépenses publiques devraient entraîner le maintien de déficits budgétaire et courant importants », a écrit l’institution.
Ni les autorités libyennes ni les partenaires impliqués n’ont, pour l’instant, communiqué de calendrier précis ni de feuille de route opérationnelle détaillée. Dans un environnement encore marqué par des incertitudes institutionnelles, la mise en œuvre effective du projet constituera un élément clé pour apprécier sa portée économique.