Airtel Africa, la branche africaine du groupe télécoms indien Bharti Airtel, a annoncé mardi 16 décembre avoir conclu un accord avec SpaceX afin de déployer la technologie « direct-to-cell » de Starlink sur l’ensemble de ses 14 marchés africains, dont le Nigeria, l’Ouganda, la République démocratique du Congo, le Tchad, le Rwanda, Madagascar et la Zambie. Ce service permettra aux clients disposant de smartphones compatibles de se connecter directement aux satellites Starlink sans passer par une antenne relais classique.
L’annonce s’inscrit dans la continuité du partenariat conclu en mai entre Airtel Africa et SpaceX, qui portait sur l’intégration des services satellitaires de Starlink au réseau de l’opérateur africain, notamment pour des usages de backhauling cellulaire visant à relier des antennes relais distantes au réseau principal.
Déploiement progressif en 2026
Selon Airtel Africa, le nouveau partenariat prévoit l’introduction progressive de services satellite-mobile à travers le continent africain dès 2026. Dans une phase initiale, les usages concerneront la messagerie texte et des services de données limités. Le groupe précise également que l’accord inclut un soutien au développement du premier système haut débit « direct-to-cell » de Starlink, reposant sur des satellites de nouvelle génération capables, à terme, d’offrir des vitesses de transmission de données nettement supérieures.
« Airtel Africa demeure engagée à offrir une expérience de qualité à ses clients en améliorant l’accès à des solutions de connectivité mobile fiables et continues. La technologie Direct-to-Cell de Starlink complète les infrastructures terrestres et permet d’atteindre des zones où le déploiement de réseaux terrestres est complexe », a déclaré le directeur général de l’entreprise, Sunil Taldar. Starlink estime de son côté que « pour la première fois, des populations à travers l’Afrique pourront rester connectées dans des zones reculées où la couverture terrestre ne peut pas atteindre ».
Ce déploiement africain fait suite à un premier lancement commercial de la technologie en Europe. Le mois dernier, Kyivstar, principal opérateur mobile d’Ukraine, a annoncé avoir introduit le service direct-to-cell de Starlink afin de maintenir la connectivité dans un contexte de coupures d’électricité et de dégradation des infrastructures liées au conflit avec la Russie.
Une nouvelle étape pour l’accès à Internet
Plus concrètement, SpaceX présente sa technologie direct-to-cell comme un moyen de réduire les zones blanches, en particulier dans les régions isolées ou difficiles d’accès, où le déploiement d’infrastructures télécoms classiques reste coûteux. En septembre 2025, la société d’Elon Musk avait franchi une étape importante dans cette stratégie en annonçant le rachat, pour un montant pouvant atteindre 17 milliards USD (environ 14,5 milliards d’euros), de licences de fréquences mobiles détenues par EchoStar aux États-Unis. Cette opération portait notamment sur les bandes AWS-4 et H-block, utilisées pour les communications mobiles et satellitaires. Selon les informations publiées à l’époque, l’objectif était d’accélérer le développement de la technologie direct-to-cell en combinant ces fréquences avec les satellites Starlink de nouvelle génération.
Ce rachat s’accompagnait également d’un partenariat commercial de long terme avec EchoStar, permettant aux abonnés de Boost Mobile d’accéder ultérieurement au service direct-to-cell via des réseaux mobiles existants. SpaceX indiquait alors que les premiers satellites équipés de capacités direct-to-cell avaient déjà permis d’assurer des communications dans des situations d’urgence, notamment lors de catastrophes naturelles ou dans des zones hors réseau.
Le nouvel accord conclu avec Airtel Africa apparaît ainsi comme une traduction opérationnelle de cette stratégie, cette fois sur le continent africain. Depuis 2023, Starlink progresse en Afrique où il est aujourd’hui présent dans plus d’une vingtaine de pays. Selon les analystes, l’un des paramètres susceptibles d’influencer le niveau d’adoption reste le prix du matériel et des abonnements. Si le direct-to-cell peut théoriquement réduire le coût à l’entrée en supprimant la nécessité d’un kit satellitaire dédié, cette technologie soulève d’autres interrogations sur les modèles tarifaires et les cadres réglementaires nationaux. Dans son communiqué pour annoncer le partenariat, Airtel Africa a indiqué que « le déploiement se fera en fonction des autorisations réglementaires propres à chaque pays ».
Selon la GSMA, l’Afrique subsaharienne comptait environ 320 millions d’abonnés à l’Internet mobile fin 2023, soit un taux de pénétration d’environ 27%. Dans le même temps, près de 710 millions de personnes n’utilisaient toujours pas Internet mobile, bien qu’elles vivent dans des zones couvertes par un réseau.