Le gouvernement angolais a annoncé que le consortium composé de Corporación América Airports et du groupe portugais Mota-Engil a remporté l’appel d’offres pour l’exploitation du nouvel aéroport international António Agostinho Neto, situé en périphérie de Luanda. Ce choix marque l’aboutissement d’un processus engagé en 2023 et ouvre une nouvelle phase pour une infrastructure sur laquelle le pays fonde de grandes attentes.

Corporación América Airports S.A. est une société d’origine argentine et basée au Luxembourg, qui, par l’intermédiaire de ses filiales, acquiert, développe et exploite des concessions aéroportuaires. Elle opère actuellement une cinquantaine d’aéroports dans plusieurs pays en Amérique latine et en Europe. Plus tôt cette année, elle a remporté un contrat pour moderniser et exploiter l’aéroport international de Bagdad, en Irak. Quant à Mota-Engil, il s’agit d’un groupe portugais dont l’activité est centrée sur la construction et la gestion d’infrastructures. La société opère dans une vingtaine de pays répartis en Europe, en Afrique et en Amérique latine.

Selon le ministère angolais des Transports, la concession accordée au consortium court sur 25 ans et peut être prolongée de 15 années supplémentaires. Les autorités estiment que l’exploitation du nouvel aéroport générera environ 600 millions d’euros (700 millions USD) de revenus pour l’Angola.

Un processus de longue haleine

Le nouvel aéroport de Luanda a été conçu pour accompagner la croissance du trafic aérien angolais et offrir des capacités que ne pouvait plus assurer l’aéroport international Quatro de Fevereiro. Les travaux, réalisés avec l’appui d’entreprises chinoises, ont fait de cette infrastructure l’un des plus importants chantiers d’équipements publics du mandat du président João Lourenço. Après plusieurs révisions du calendrier, la plateforme a été mise en service partiellement en 2023.

L’aéroport a été dimensionné pour accueillir jusqu’à 15 millions de passagers par an et traiter près de 130 000 tonnes de fret. Son entrée en exploitation s’est faite progressivement. Dès la fin de 2023, la plateforme a commencé à traiter des vols cargo, étape préalable au lancement des liaisons domestiques puis de certaines dessertes régionales. En 2025, la compagnie nationale TAAG Angola Airlines a amorcé le transfert de ses vols internationaux et régionaux vers le nouveau site, étape présentée comme décisive vers une exploitation commerciale complète.

Pendant toute cette phase, l’aéroport est resté sous gestion publique, en attendant la conclusion du processus de concession. Celui-ci avait été ouvert en novembre 2023, lorsque Luanda avait lancé un appel d’offres international pour trouver un opérateur. Plusieurs acteurs européens, africains et asiatiques avaient manifesté leur intérêt, dont Fraport, Vinci et Airports Company South Africa, selon Bloomberg.

« Nous recherchons un opérateur capable d’ouvrir de nouvelles lignes, de nouveaux horizons et d’attirer de nouvelles compagnies à Luanda et en Angola », avait déclaré le ministre des Transports, Ricardo Viegas d’Abreu, ajoutant que l’objectif est de faire de Luanda « un hub de transit de tout premier plan pour les passagers ».

Le gouvernement avait initialement prévu un délai de 90 jours pour la remise des offres et un calendrier de 9 à 10 mois pour désigner un attributaire, mais la procédure s’est finalement étendue sur environ deux ans. Le consortium mené par Corporación América Airports a devancé un groupement concurrent qui incluait l’opérateur chinois Yunnan Airport Group.

Soutenir la diversification économique

La fin du processus d’appel d’offres arrive dans un contexte où l’Angola tente d’élargir ses relais de croissance et de réduire une dépendance persistante aux revenus pétroliers. La modernisation des infrastructures de transport figure parmi les priorités du gouvernement, qui cherche à faciliter l’accès au pays, à renforcer les échanges régionaux et à développer son secteur du tourisme.

Le nouvel aéroport Dr António Agostinho Neto occupe une place centrale dans cette stratégie. Ses infrastructures modernes, ses pistes adaptées aux très gros porteurs et sa capacité d’accueil élevée doivent améliorer nettement les conditions de voyage, soutenir l’augmentation du trafic international et accroître l’attractivité de Luanda pour les entreprises et les voyageurs. Le gouvernement souhaite positionner la capitale comme un carrefour entre l’Afrique australe, l’Europe, l’Asie et l’Amérique latine.

Cette ambition s’inscrit dans une politique plus large qui inclut, entre autres, l’assouplissement des conditions d’entrée pour les ressortissants de plusieurs pays.

Pour le consortium mené par Corporación América, l’enjeu sera de transformer une infrastructure neuve en plateforme pleinement opérationnelle dans un environnement compétitif. La suite dépendra du rythme auquel les compagnies étrangères décideront de transférer leurs opérations vers le nouvel aéroport, de la capacité du pays à poursuivre ses investissements logistiques et de l’adaptation progressive de la plateforme aux exigences du trafic long-courrier.