En marge du 7ᵉ sommet Union africaine-Union européenne à Luanda, en Angola, le ministère des Transports a signé un protocole d’accord avec le groupe français Alstom pour le développement de la Blue Line, un projet de ligne ferroviaire côtière. Longue de 50 km, la Blue Line reliera la municipalité de Cacuaco à Benfica en longeant le littoral de Luanda.
L’accord engage les deux parties dans une collaboration étroite pour l’évaluation technique, commerciale et stratégique. Alstom et les autorités angolaises mèneront également des études de faisabilité complètes.
Moderniser le réseau
Si les conclusions sont jugées favorables, il ouvrira la voie au lancement opérationnel du projet qui fait partie des nombreuses initiatives engagées par le gouvernement angolais pour moderniser le réseau ferroviaire du pays.
Au-delà du corridor de Lobito, ligne ferroviaire stratégique pour les minerais (cobalt et cuivre) d’environ 1 700 km qui relie le port de Lobito en Angola à Kolwezi, en RDC, les autorités comptent désengorger Luanda qui rassemble environ 10 millions de personnes, soit le quart de la population globale du pays.
Parmi les projets annoncés figure celui de l’interconnexion ferroviaire destinée à relier l’aéroport António Agostinho Neto de Luanda au centre-ville. Ce plan dévoilé en 2023 prévoit cinq gares, un viaduc et une double voie ferrée, pour un budget initial estimé à 360 millions d’euros
En attendant que cette initiative voit le jour, l’opérateur public ferroviaire Caminho de Ferro de Luanda (CFL) exploite un service express entre le centre de Luanda et plusieurs zones périphériques en dépit des défis techniques (infrastructures vieillissantes, capacité limitée, vitesse réduite et fréquence irrégulière) qui l’empêchent de répondre efficacement à la demande de mobilité toujours plus forte dans la capitale.
Vers un renforcement de la présence d’Alstom en Afrique
Si l’évolution du partenariat sera scrutée dans les prochains mois, la signature d’un tel accord pourrait représenter une nouvelle opportunité d’expansion pour le groupe français en Afrique australe. Le constructeur tricolore de TGV et métros est déjà fortement présent dans la première économie de la région, l’Afrique du Sud.
Au niveau de la nation arc-en-ciel, elle a noué un partenariat avec Transnet, la société publique sud-africaine de transport dans le cadre du programme de renouvellement de sa flotte lancé en 2014.
L’entreprise est aussi impliquée via sa coentreprise Gibela dans le programme public sud-africain qui vise à remplacer les anciennes rames de trains de banlieue. Fin octobre dernier, Gibela avait déjà livré 300 trains sur les 600 prévus, depuis son site inauguré en 2018 à Dunnottar, à 50 km de Johannesburg.
Au-delà de l’Afrique du Sud, le deuxième acteur mondial du ferroviaire joue également un rôle de premier plan dans plusieurs pays d’Afrique du Nord, notamment le Maroc, l’Égypte et l’Algérie.
Début 2025, le Royaume chérifien a annoncé l’achat de 18 trains à grande vitesse auprès d’Alstom, dans le cadre de la modernisation et de l’extension de son infrastructure ferroviaire. Un contrat évalué à 781 millions d’euros.
L’entreprise française qui a déjà réalisé la première ligne TGV au Maroc reliant Tanger à Casablanca, et mise en service depuis 2018, possède également à Fès dans le nord-ouest, une usine qui produit des composants ferroviaires, notamment des armoires électriques et des systèmes de câblage électrique.
En Égypte, elle a signé avec le gouvernement un accord d’usufruit portant sur une parcelle de 16,8 hectares dans la ville de Borg El Arab, située à environ 55 km à l’ouest d’Alexandrie. Un partenariat qui devrait déboucher sur le développement d’une unité de fabrication locale de trains, de composants et de pièces détachées ferroviaires.