© Koaci.com – mardi 03 février 2026 – 20:34
Après plusieurs mois de pause, le Centre d’information et de communication gouvernementale (CICG) a renoué, ce mardi 3 février 2026 au Plateau, avec sa tribune hebdomadaire « Tout savoir sur… ». Pour ce premier rendez-vous de l’année, l’institution a reçu Isaac Gnamba Yao, directeur général de la Poste de Côte d’Ivoire, venu faire le point sur l’état des services postaux publics et les réformes en cours.
Face à une assistance composée de professionnels des médias, d’entreprises et d’experts du secteur postal, le directeur général n’a pas mâché ses mots. Il a révélé qu’en Côte d’Ivoire, sur plus de 700 000 entreprises en activité, seules environ 150 000 disposent de boîtes postales officiellement reconnues et gérées par la Poste de Côte d’Ivoire. Une situation préoccupante qui signifie, selon lui, que plus de 500 000 entreprises utilisent des boîtes postales erronées ou encore des boîtes appartenant à des particuliers, mentionnées sur leurs registres de commerce.
« Dans les prochains jours, nous allons publier la liste des entreprises qui utilisent des boîtes postales de particuliers pour opérer comme entreprise, alors que c’est une infraction devant le tribunal du commerce », a-t-il averti.
Pour Isaac Gnamba Yao, inscrire une adresse postale incorrecte sur un registre de commerce tout en réalisant des chiffres d’affaires de plusieurs centaines de millions de FCFA constitue une violation manifeste de la loi. Dans un ton direct, teinté d’un code langagier propre au contexte ivoirien, le patron de la Poste a lancé un message clair aux contrevenants : « Vous avez traité la Poste d’inutile, mais bientôt vous viendrez la trouver dans ses bureaux pour négocier. La Poste que vous jugez inutile va bientôt vous faire lire l’heure », a-t-il lancé.
Revenant sur les réformes engagées pour redynamiser l’institution postale, Isaac Gnamba Yao a tenu à rassurer l’opinion publique. Selon lui, les innovations telles que l’introduction de la boîte postale digitale obligatoire à compter du 1er mars 2026 ou encore la structuration des chauffeurs-livreurs indépendants ne relèvent ni d’une contrainte arbitraire ni d’une volonté de sanction.
Ces réformes, a-t-il expliqué, découlent d’un constat clair : « L’ancien modèle postal, centré uniquement sur le courrier physique, ne suffit plus face à l’explosion du e-commerce, à la dématérialisation des démarches administratives et aux attentes croissantes des citoyens en matière de rapidité et de traçabilité », a-t-il ajouté.
La Poste entend ainsi bâtir une base moderne et commune, capable d’améliorer progressivement les services sans brusquer les usages ni exclure qui que ce soit. Concernant la contribution annuelle de 2 000 FCFA pour l’obtention d’une boîte postale numérique destinée aux particuliers, le directeur général a précisé qu’il s’agit d’un premier pas vers l’objectif du « zéro papier ». « Grâce à la Poste, bientôt, chacun pourra effectuer ses démarches administratives directement depuis son téléphone ou depuis son domicile », a-t-il assuré.
S’adressant aux jeunes livreurs et chauffeurs indépendants, Isaac Gnamba Yao a également tenu à dissiper les inquiétudes. « La Poste n’a pas vocation à les remplacer », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que l’ambition est plutôt de structurer un écosystème plus équitable et plus visible. Des formules de collaboration sont envisagées afin d’intégrer ces acteurs dans la chaîne logistique élargie de la Poste, en leur offrant davantage de visibilité, de formation, de protection sociale et de traçabilité.
L’objectif affiché est de professionnaliser le secteur tout en préservant les emplois et les initiatives entrepreneuriales.
À ce jour, près de 5 000 livreurs se sont déjà enrôlés sur la plateforme POLI (www.poli.ci), a-t-il fait savoir.
Le directeur général de la Poste de Côte d’Ivoire a terminé en lançant un appel à l’ensemble des citoyens pour soutenir les réformes engagées par l’État. « Nous sommes en pleine transformation pour être au service de chaque Ivoirien, rural comme urbain, jeune comme aîné, entrepreneur comme salarié, diaspora comme résident », a-t-il conclu.
Wassimagnon