Le Maroc et la France viennent de poser une nouvelle brique dans leur coopération judiciaire. Un plan d’action de coopération technique 2026-2028 a été signé à Rabat par Abdellatif Ouahbi et Gérald Darmanin, avec l’objectif d’installer un cadre structuré, durable et surtout opérationnel entre les deux ministères de la Justice.
Ce document s’inscrit dans la continuité d’un chantier déjà balisé: l’arrangement administratif de 2012, le protocole d’accord de 2018, le plan d’action 2024-2026 signé le 31 mai 2024, et la déclaration conjointe du 10 mars 2025. Cette fois, la feuille de route 2026-2028 vise à accélérer sur des axes concrets: modernisation et numérisation de l’administration judiciaire, amélioration de la gouvernance, et renforcement des capacités en matière de gestion et de développement des ressources humaines.
Le plan prévoit aussi un travail plus technique sur le fond: échange d’expertises et d’informations autour des évolutions législatives, appui aux projets de réforme du système judiciaire, et mise en place de formats de coopération réguliers. Au programme: ateliers, visites d’échange (courte, moyenne et longue durée) pour magistrats et fonctionnaires, congrès et conférences sur des sujets communs, participation à des rencontres internationales, ainsi que la création de groupes d’experts spécialisés.
Pour éviter que l’accord ne reste une belle vitrine, un dispositif de pilotage est intégré: un agenda annuel de coopération dès 2026, accompagné d’une évaluation annuelle des actions réalisées. Lors de cette signature, Abdellatif Ouahbi a mis en avant la qualité des relations bilatérales, notamment sur la lutte contre la criminalité et la coopération technique. Gérald Darmanin, de son côté, a salué une coopération jugée exemplaire, en particulier dans la lutte contre le crime organisé et le trafic de drogue, et a indiqué qu’un groupe de travail a été formé pour prolonger le travail engagé.
Au final, Rabat et Paris affichent une volonté commune: faire de cette coopération un levier de modernisation de l’administration judiciaire, tout en consolidant les principes de bonne gouvernance et de l’État de droit.