Bira Océan Couture, citoyen sénégalais estime que «toutes les confréries ont quelque chose en commun. Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise, et cela vaut aussi bien pour les Mourides que pour les Tidianes. En ce qui concerne les ethnies, c’est une force pour le pays. Tous les pays ont des ethnies, mais pas toujours avec la même entente. Ici, au Sénégal, nous vivons ensemble dans une relative harmonie.»

Pour les historiens de la tradition, cette harmonie n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’un héritage transmis de génération en génération.

Bouna Mbaye, historien traditionnel: «Ce qui fait du Sénégal un pays de foi, c’est que les confréries et les ethnies ont toujours vécu en paix et dans l’unité. Les anciens ont instauré le cousinage à plaisanterie afin de permettre les taquineries sans que personne ne les prenne au premier degré.»

Mais cette entente, bien que toujours présente, montre aujourd’hui des signes d’essoufflement. Depuis un certain temps, elle est fragilisée par des discours politiques qui instrumentalisent l’appartenance confrérique ou ethnique pour attaquer son adversaire. Des messages relayés par des militants ou des sympathisants, parfois ignorants, parfois dangereux.

Bouna Mbaye, historien traditionnel: «Malheureusement, depuis un certain temps, avec l’indiscipline, l’ouverture au monde et les animosités politiques, certains ont tendance à aller trop loin. Cela commence à fragiliser cette cohésion. Il est nécessaire de revenir aux valeurs et aux traditions des anciens avant que la situation ne dégénère en conflits ethniques.»

Face à ces dérives, la responsabilité collective reste engagée, notamment dans l’éducation des plus jeunes.

Bira Océan Couture, citoyen sénégalais: «Il existe deux catégories: les adultes indisciplinés et les enfants ignorants. Pour les premiers, il faut parfois les laisser récolter ce qu’ils ont semé, car il devient difficile de les redresser. En revanche, pour les enfants, tout reste possible: ils peuvent encore être corrigés et éduqués, afin qu’ils comprennent que s’attaquer aux croyances ou à l’appartenance ethnique des autres peut être une source de conflits.»

Dans un Sénégal fondé sur la foi, le respect et la parenté sociale, préserver la cohésion nationale n’est pas seulement un héritage à défendre, mais une responsabilité à transmettre.

Par Moustapha Cissé (Dakar, correspondance)

Le 04/02/2026 à 08h50