Comme chaque année les anciens combattants d’Algérie se sont retrouvés autour de la galette des Rois, d’un verre de champagne et d’un peu de musique pour esquisser quelques pas de danse.
S’ils sont 61 membres, entre Salies-du-Salat et Saint-Martory, à participer au club cantonal de la FNACA présidé par Gilles Lavagnini, ils étaient un peu moins nombreux à se déplacer : le froid, la grippe, l’oubli… et l’âge, qui d’année en année avance un peu plus, en avaient gardé certains à leur domicile.
Mais l’ambiance toujours sympathique a permis d’échanger lors de ces retrouvailles annuelles. Retrouvailles festives contrairement à celles plus tristes lors du décès d’un des membres début janvier.
Mais comme le chantait le grand Georges : « Oui, mais jamais, au grand jamais, Son trou dans l’eau n’se refermait… » Le denier combattant à avoir quitté le navire était Jean Baldissin de Mane, porte-drapeau fidèle à chaque commémoration.
« Nous avons demandé à l’ordonnateur des pompes funèbres s’il pouvait diffuser la chanson de Serge Lama, l’Algérie », raconte le président. « Cela a été un moment empli d’émotion. »
« Ils nous ont pris nos vingt ans et notre jeunesse, et encore, nous, on est revenus » commente avec amertume Jean Castets.
« Moi j’y suis arrivé après les accords d’Evian du 18 mars 1962 et j’y suis resté deux ans. L’Algérie, c’était certes, comme dit le chanteur, « une aventure dont on ne voulait pas, mais c’était un beau pays, et quand ils ont vu le quai s’éloigner, y en a qui n’ont pas pu s’empêcher de pleurer ».
L’Algérie c’était, entre 1954 et 1962, 1 101 580 appelés ou rappelés et 317 545 militaires d’active (soit 1 419 125 militaires), auxquels il faut rajouter, fin 1960, jusqu’à 200 000 musulmans algériens (50 000 réguliers et 150 000 supplétifs), combattant au même moment du côté français.