Alors que les deux continents se préparent à se retrouver la semaine prochaine à Luanda pour le 7ᵉ Sommet UA–UE, le contexte mondial impose une montée en ambition. Crise climatique, insécurité énergétique et pression sur les ressources : face à ces défis interdépendants, l’économie bleue apparaît comme un levier stratégique pour relancer la coopération sur des bases concrètes, durables et mutuellement bénéfiques.
Cette vision a été réaffirmée lors du 3ᵉ Sommet Blue Africa (BAS), tenu à Tanger en octobre 2025, où dirigeants africains, partenaires européens et acteurs multilatéraux ont reconnu l’urgence de conjuguer leurs efforts pour bâtir une économie bleue régénératrice.
De Tanger a émergé une initiative majeure : constituer un réseau Afrique–Méditerranée–Europe d’aires marines protégées, conforme à l’Accord de Kunming-Montréal visant à préserver 30 % des zones marines d’ici 2030, et créer un Hub Afrique–Europe pour l’Innovation et le Financement Océanique, destiné à stimuler l’innovation bleue conjointe, renforcer la compétitivité partagée, promouvoir l’industrialisation verte et accélérer l’investissement durable.
Ces priorités s’inscrivent pleinement dans les conclusions du State of Africa–Europe Report 2025 de la Fondation Afrique–Europe, qui désigne l’économie bleue comme un pilier essentiel pour revitaliser la coopération entre les deux continents. Le rapport plaide pour un renforcement de la collaboration en matière de gouvernance des océans, de financement bleu et d’industrialisation durable, faisant de l’océan un moteur commun de prospérité et de résilience.
L’économie bleue n’est plus une perspective lointaine : elle est déjà une réalité, contribuant à près de 900 milliards d’euros au PIB européen et à 300 milliards de dollars au PIB africain. Mais cette croissance exige cohérence et partage des capacités. Il est temps d’aligner la Stratégie Africaine pour l’Économie Bleue (ABES), la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et le Programme Complet de Développement Agricole de l’Afrique (CAADP) avec le Pacte européen pour les océans et le Pacte méditerranéen, afin de créer un cadre d’action intégré.