En 2025, les exportations de charbon depuis le terminal de Richards Bay, principal point de sortie du charbon sud-africain, ont progressé de 11% pour atteindre 57,7 millions de tonnes, soit leur niveau le plus élevé depuis quatre ans, selon Reuters. Si la part expédiée vers l’Europe reste limitée, elle illustre tout de même une réalité plus nuancée que celle d’une sortie linéaire de ce combustible, du mix énergétique du Vieux continent.
L’Asie reste dominante, l’Europe en second plan
L’augmentation des exportations sud-africaines s’explique principalement par une amélioration progressive des performances du fret ferroviaire. Le gestionnaire public Transnet, longtemps pointé du doigt pour ses difficultés opérationnelles, a enregistré une hausse du nombre de trains acheminant le charbon vers Richards Bay, passant en moyenne de 17 à 20 convois par jour en un an. Pour autant, les volumes restent nettement inférieurs au pic atteint en 2017, lorsque ce port avait expédié environ 76 millions de tonnes.
Dans le détail, l’Asie demeure de loin le principal débouché du charbon sud-africain. En 2025, elle a absorbé près de 80 % des volumes exportés, l’Inde restant le premier client avec 25,75 millions de tonnes, soit près de la moitié des expéditions totales. L’Europe, de son côté, n’en capte qu’une fraction. Sa part dans les exportations sud-africaines est néanmoins passée de 6,8 % à 7,2 % sur un an, une hausse attribuée à l’augmentation des livraisons vers les Pays-Bas.
Un rôle d’appoint sur le marché européen
Cette place marginale est confirmée par les chiffres compilés par le courtier maritime Bancosta Research, sur la base de données de suivi des navires d’AXS Marine. Ces chiffres indiquent qu’en 2025, l’Union européenne n’a importé par voie maritime qu’environ 4,6 millions de tonnes de charbon en provenance de la nation arc-en-ciel. Ses principaux fournisseurs demeurent les États-Unis (18,2 millions de tonnes), l’Australie (14,8 millions de tonnes), la Colombie (9,2 millions de tonnes) et la Russie (6,1 millions de tonnes).
Au total, les importations maritimes de charbon de l’UE se sont établies à environ 63,7 millions de tonnes en 2025, un volume quasi stable par rapport à l’année précédente, mais inférieur de près de 50 % au pic exceptionnel de 127,6 millions de tonnes atteint en 2022. À cette période, l’Europe avait massivement recouru au charbon pour compenser la chute brutale des livraisons de gaz russe, dans un contexte de crise énergétique.
Une dynamique contrainte par la transition énergétique
Aujourd’hui, l’Union européenne ne représente plus que 4,7% du commerce mondial de charbon, contre près de 10% en 2022. Plusieurs éléments permettent d’éclairer cette évolution.
Selon le cercle de réflexion Ember, en 2025, la production d’électricité issue de l’éolien et du solaire a, pour la première fois, dépassé celle provenant des énergies fossiles au sein de l’UE. Le charbon ne représente plus que 9,2% de la production électrique, contre des niveaux nettement plus élevés au début de la décennie.
S’il n’a pas totalement disparu, ce combustible est désormais mobilisé principalement comme source de flexibilité, afin de sécuriser l’approvisionnement électrique lors de pics de demande, de tensions sur le marché du gaz ou de conditions météorologiques défavorables à la production renouvelable. Dans ce cadre, l’évolution des prochains mois devra être suivie de près pour déterminer si la reprise des expéditions sud-africaines vers l’Europe dépasse le stade de l’ajustement conjoncturel.