Selon les informations rapportées par l’agence Tass, agence de presse russe, les États-Unis n’excluent pas l’imposition de sanctions à l’encontre de l’Algérie en raison de l’acquisition récente d’avions de chasse russes.
Intervenant devant la commission des affaires étrangères du Sénat américain, Robert Palladino, chef du Bureau des affaires du Proche-Orient au département d’État, a déclaré que l’administration américaine suivait « avec préoccupation » les informations faisant état de transactions militaires entre Alger et Moscou. Ces achats pourraient, selon lui, relever du champ d’application de la loi américaine CAATSA (Countering America’s Adversaries through Sanctions Act), qui prévoit des sanctions contre les pays engageant des transactions significatives avec le secteur de la défense russe.
« Le département d’État est déterminé à faire respecter la loi CAATSA, et des transactions de ce type peuvent entraîner son application », a indiqué le responsable américain, laissant entendre que des mesures coercitives demeuraient une option. Il a précisé que la question pourrait faire l’objet d’échanges plus approfondis à huis clos avec les sénateurs.
Interrogé sur les démarches entreprises par Washington pour dissuader Alger de renforcer sa coopération militaire avec la Russie, Robert Palladino a souligné que les États-Unis maintenaient un dialogue avec les autorités algériennes sur les dossiers où des convergences existent, tout en reconnaissant l’existence de désaccords persistants. L’achat d’armements russes constitue, selon lui, « un exemple de situation problématique » du point de vue américain.
« Nous utilisons l’influence dont nous disposons, souvent de manière discrète, pour défendre nos intérêts et tenter de mettre fin à des comportements que nous jugeons inacceptables », a-t-il ajouté.
Pour rappel, l’Algérie a confirmé en février 2025 l’acquisition d’avions de chasse russes Su-57E, devenant ainsi le premier pays étranger à se doter de cette version export de l’appareil. L’armée de l’air algérienne exploite déjà plusieurs types d’avions de combat de conception russe, dans le cadre d’un partenariat militaire ancien avec Moscou.
Cette éventuelle menace de sanctions s’inscrit dans un contexte de tensions accrues entre les États-Unis et la Russie, où les relations de défense entre Moscou et ses partenaires traditionnels font l’objet d’une surveillance renforcée de la part de Washington.
Samia Naït Iqbal
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