L’inflation a nettement ralenti en janvier 2026 dans la zone euro, à 1,7 % sur un an, tirée par la chute des prix de l’énergie et le reflux des services, sans provoquer de réaction immédiate de la BCE, tandis que la France se distingue par une inflation nettement plus faible que la moyenne européenne, grâce à son mix énergétique nucléaire, à des mécanismes de régulation des prix encore actifs et à une progression salariale plus modérée.

L’inflation a fortement ralenti en janvier en zone euro, selon Eurostat. Le taux d’inflation annuel de la zone euro est estimé à 1,7% en janvier 2026, contre 2% en décembre selon une estimation rapide publiée par Eurostat, l’office statistique de l’Union européenne. S’agissant des principales composantes de l’inflation de la zone euro, les services devrait connaître le taux annuel le plus élevé en janvier (3,2%, comparé à 3,4% en décembre), suivis de l’alimentation, alcool & tabac (2,7%, comparé à 2,5% en décembre), des biens industriels hors énergie (0,4%, comparé à 0,3% en décembre) et de l’énergie (-4,1%, comparé à -1,9% en décembre).

Avec une inflation à 1,7% en janvier sur un an, elle retrouve son plus bas niveau depuis septembre 2024, contre 2% (révisé) en décembre 2025, en raison notamment de la baisse des prix de l’énergie. L’indicateur des prix sous-jacents, qui exclut les coûts volatils de l’alimentation, de l’énergie, de l’alcool et du tabac a ralenti à 2,2% en janvier, contre 2,3% un mois plus tôt, les prix dans le secteur des services continuant de baisser.

Ces chiffres sont conformes aux prévisions des économistes et ne devraient pas entraîner de réaction immédiate de la part de la BCE, qui est supposée maintenir ses taux d’intérêt inchangés jeudi et pour le reste de l’année. La banque centrale s’attend à une inflation légèrement inférieure à son objectif de 2% en 2026 et 2027, avant de revenir à ce niveau en 2028.

Dans un contexte de reflux généralisé, la France se distingue nettement. Alors que l’inflation européenne est estimée à 1,7% en janvier 2026, l’Hexagone affiche un rythme de hausse des prix très inférieur à la moyenne, et ce depuis plusieurs mois. En janvier, l’indice de l’inflation IPCH s’est établi à seulement 0,4% dans l’Hexagone, très loin derrière l’Allemagne (2,1%), l’Espagne (2,5%), les Pays-Bas (2,2%) ou même que la Belgique (1,4%) ou l’Italie (1%).

L’énergie, principal amortisseur français

Un écart qui s’explique par une combinaison de facteurs structurels, conjoncturels et politiques. Premier facteur clé: l’énergie. La France bénéficie d’un mix énergétique largement dominé par le nucléaire, ce qui la rend moins dépendante des importations de gaz et des fluctuations des marchés internationaux. Résultat: la baisse marquée des prix de l’énergie observée en Europe depuis fin 2025 se répercute plus fortement sur l’inflation française que chez ses voisins.

À l’inverse, des pays comme l’Allemagne ou l’Italie, plus exposés au gaz et aux énergies fossiles importées, voient leurs prix rester plus sensibles aux tensions géopolitiques et aux ajustements de stocks.

Des mécanismes de régulation des prix encore visibles

Autre élément différenciant: l’héritage des dispositifs publics mis en place pendant la crise inflationniste de 2022-2023. Même si les boucliers tarifaires ont été progressivement levés, leurs effets persistent partiellement dans les indices de prix, notamment sur l’électricité, le gaz et certains services réglementés.

Par ailleurs, la structure du marché français – forte concurrence dans la grande distribution, négociations commerciales encadrées, pression politique sur les prix alimentaires – contribue à contenir les hausses, en particulier sur les produits de première nécessité.

Côté services, qui sont le principal moteur de l’inflation en zone euro, la France se singularise également. Les hausses de salaires y sont plus modérées que dans d’autres pays européens, notamment en Allemagne ou aux Pays-Bas, où les rattrapages post-inflation ont été plus marqués. Cette dynamique salariale plus contenue limite la transmission des coûts vers les prix finaux, en particulier dans les secteurs intensifs en main-d’œuvre comme la restauration, les transports ou les services à la personne.