La Ghana Railway Development Authority (GRDA) a dévoilé la semaine dernière son « Ghana Railway Master Plan 2026 », une feuille de route pour relancer le réseau ferroviaire national avec une connexion entre les principales villes, un développement du fret de marchandises et du transport de passagers comme alternative à la route. L’objectif est de mieux connecter aux rails les bassins de production agricole du pays, notamment les zones cacaoyères du Sud et du Centre, et aussi de faciliter l’acheminement vers les ports d’exportation des minerais comme le manganèse, la bauxite et le minerai de fer.

Si les besoins en investissement de ce plan directeur n’ont pas été dévoilés, Frederick Appoh, le CEO de la GRDA, estime qu’elle améliorera l’efficacité des opérations ferroviaires et attirera le secteur privé.

Une relance difficile

En attendant de nouveaux développements, cette annonce vient avec son lot d’espoirs. Construit sous l’ère coloniale britannique et performant jusqu’au début des années 2000, le réseau de voies ferrées au Ghana a depuis souffert de plusieurs années de négligence et de sous-investissement. Les annonces de relance se sont succédé sans grand succès.

La quasitotalité des flux de minerais et d’intrants industriels dans le pays circule actuellement par la route, ce qui renchérit les coûts logistiques et accélère la dégradation des chaussées, en particulier sur les corridors miniers reliant les zones d’extraction aux ports. Les poids lourds qui convergent vers Tema et Takoradi créent des goulots d’étranglement récurrents, affectant autant le commerce intérieur que le transit vers les pays enclavés du Sahel.

Et si le précédent régime, celui du président Nana-Akufo Addo avait dévoilé un « Ghana Railway Master Plan » s’étendant sur la période 2020 – 2035, le bilan reste mitigé. D’un coût global de 21,5 milliards USD (environ 18 milliards d’euros), cette feuille de route ambitionnait de connecter Accra à Sekondi et Takoradi au Sud, à Kumasi au Centre, puis à Tamale plus au Nord, via un réseau d’environ 4 000 km de chemins de fer incluant une liaison entre le port de Tema et le Burkina Faso.

D’après les autorités, près de 75% de ce linéaire restent encore à réaliser. Aujourd’hui, la longueur totale du réseau ferré ghanéen est de 1 300 km, limités à la moitié sud du pays. « Un petit réseau ferré ghanéen, pourtant vital sur le plan économique », souligne la GRDA sur son site web.

Des obstacles à lever

Le nouveau plan de la GRDA devrait être scruté de près, d’autant plus qu’en 2025, l’entreprise étatique a essuyé un revers. Annoncée pour le 1er octobre 2025, la reprise des services commerciaux sur le tronçon Tema – Mpakadan a été freinée au démarrage. Le premier train de passagers n’a pas pu atteindre sa destination dans les délais, en raison d’une panne technique affirme la presse locale. Cette ligne de 100 km inaugurée en novembre 2024, puis mise à l’arrêt à cause de défauts sur la voie, avait pourtant fait l’objet de travaux de remise aux normes et de nouveaux essais techniques.

Présentée comme un maillon clé d’un futur réseau à écartement standard (SGR) de 1 000 km, elle devait à la fois renforcer l’offre de mobilité et faciliter le transport de marchandises depuis le port de Tema vers l’Est du pays, et, à terme, vers le Burkina Faso. Dans un tel contexte, certains observateurs estiment que la GRDA doit relever plusieurs défis techniques et financiers pour crédibiliser ses ambitions de relance ferroviaire, et éviter que les nouveaux projets ne suivent la même trajectoire que ceux déjà lancés, puis laissés en suspens.

Entre mobilisation de financements dans un contexte budgétaire difficile, retards dans les réformes et coordination parfois insuffisante des institutions publiques et du secteur privé, le chemin vers un retour du rail ghanéen pourrait être encore long.