Le groupe énergétique britannique Shell a annoncé avoir conclu un accord avec la filiale angolaise de Chevron pour acquérir des participations dans deux blocs offshore non développés en eaux ultra-profondes au large de l’Angola.
Selon les détails relayés le mardi 6 janvier 2026 par Reuters, qui cite une déclaration de l’entreprise, cette dernière a signé un accord de « farm-in » avec Cabinda Gulf Oil Company Ltd, filiale de Chevron, afin d’obtenir une participation de 35 % dans les blocs 49 et 50. Pour rappel, dans l’industrie pétrolière, un accord de « farm-in » permet à une compagnie d’acquérir une participation dans un permis en finançant une partie des travaux d’exploration ou de développement, en échange d’un partage des risques et des coûts avec l’opérateur initial.
Les termes financiers de la transaction n’ont pas été rendus publics. L’entreprise britannique a indiqué que l’opération a reçu l’approbation des autorités angolaises, mais qu’elle reste soumise à la finalisation des procédures juridiques. Shell précise que les nouveaux projets d’exploration s’inscrivent dans sa stratégie visant à soutenir ses niveaux de production au cours de la prochaine décennie. Le groupe entend notamment maintenir ses volumes pétroliers, tout en augmentant sa production de gaz d’environ 1 % par an jusqu’en 2030.
Une dynamique d’expansion en Angola
Ces acquisitions arrivent dans la continuité des annonces formulées à l’automne dernier, concernant le renforcement de la présence de Shell dans l’offshore angolais. Début novembre, l’Agence nationale du pétrole, du gaz et des biocarburants d’Angola (ANPG) a signé avec le groupe un accord d’exclusivité portant sur l’exploration de plusieurs blocs offshore. Un développement qui confirmait le retour progressif de Shell dans l’offshore angolais après plusieurs années d’absence.
L’accord couvre les blocs 19, 34 et 35, ainsi que quatorze blocs additionnels en eaux ultra-profondes. Il accorde à Shell un droit de négociation prioritaire avant la conclusion éventuelle de contrats de partage de production. D’après les détails alors relayés par Bloomberg, qui a cité Paulino Jerónimo, président de l’ANPG, le groupe britannique devrait investir environ 1 milliard USD (856 millions d’euros) dans des études sismiques et des opérations de forage exploratoires. Avant cela, au mois de septembre, la compagnie avait déjà signé un accord avec Chevron et Sonangol pour le bloc 33, situé dans le bassin du Bas-Congo.
Pour Shell, cette dynamique d’expansion s’inscrit dans des plans plus larges de repositionnement de son portefeuille africain autour de projets à forte valeur technique. En dehors de l’Angola, la compagnie s’est renforcée au Nigeria, et maintient aussi une présence en Libye et en Afrique du Sud.
Une opération en phase avec la stratégie énergétique angolaise
L’annonce de Shell intervient alors que l’Angola, deuxième producteur de pétrole d’Afrique subsaharienne derrière le Nigeria, cherche à enrayer le déclin de sa production. Les autorités ont engagé ces dernières années une série de réformes réglementaires destinées à attirer de nouveaux investissements dans l’amont pétrolier, notamment en offshore profond et ultra-profond.
Plusieurs majors internationales ont ainsi manifesté leur intention d’investir dans le pays, afin de compenser la maturité des champs existants par de nouvelles campagnes d’exploration. Entre autres exemples, on peut citer les entreprises comme TotalEnergies, ExxonMobil, BP, Eni ou même Chevron.
Selon les données de la Banque mondiale, le pétrole représente encore plus de 90% des exportations de l’Angola, près de 30% de son PIB et 70% de ses recettes publiques.