{"id":100416,"date":"2026-05-12T12:11:11","date_gmt":"2026-05-12T12:11:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/100416\/"},"modified":"2026-05-12T12:11:11","modified_gmt":"2026-05-12T12:11:11","slug":"africa-forward-comment-paris-fait-du-kenya-sa-nouvelle-porte-dentree-strategique-vers-lafrique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/100416\/","title":{"rendered":"Africa Forward : comment Paris fait du Kenya sa nouvelle porte d\u2019entr\u00e9e strat\u00e9gique vers l\u2019Afrique"},"content":{"rendered":"<p>En marge du sommet Africa Forward organis\u00e9 \u00e0 Nairobi, la France et le Kenya ont officialis\u00e9 une s\u00e9rie d\u2019accords bilat\u00e9raux. Derri\u00e8re ces annonces sectorielles se dessine une recomposition plus profonde : Paris cherche d\u00e9sormais \u00e0 ancrer sa strat\u00e9gie africaine dans les \u00e9conomies anglophones d\u2019Afrique de l\u2019Est, avec Nairobi comme plateforme r\u00e9gionale.<\/p>\n<p>En marge du sommet Africa Forward, coorganis\u00e9 par la France et le Kenya, le pr\u00e9sident k\u00e9nyan William Ruto et son homologue fran\u00e7ais Emmanuel Macron ont officialis\u00e9 \u00e0 Nairobi une s\u00e9rie de 11 accords portant sur les infrastructures, la logistique, l\u2019\u00e9nergie et le commerce. Estim\u00e9s \u00e0 plus de 1 milliard d&rsquo;euros par le pr\u00e9sident Emmanuel Macron, ces accords constituent selon le minist\u00e8re kenyan des affaires \u00e9trang\u00e8res des \u00ab accords d\u2019investissement majeurs couvrant les infrastructures, le commerce et l\u2019\u00e9nergie propre \u00bb.<\/p>\n<p>Les deux pays estiment qu\u2019ils traduisent \u00ab l\u2019objectif central du sommet Africa Forward : transformer des partenariats de haut niveau en r\u00e9sultats concrets capables de stimuler le d\u00e9veloppement, cr\u00e9er de la prosp\u00e9rit\u00e9 et am\u00e9liorer les conditions de vie \u00bb.<\/p>\n<p>Dans le d\u00e9tail, le programme de modernisation du Nairobi Commuter Rail mobilise 83 millions d\u2019euros afin de r\u00e9habiliter et moderniser les infrastructures ferroviaires urbaines de la capitale k\u00e9nyane. Ce projet devrait contribuer \u00e0 r\u00e9duire les co\u00fbts li\u00e9s \u00e0 la congestion dans la capitale, o\u00f9 les embouteillages entra\u00eenent jusqu\u2019\u00e0 600 000 dollars de pertes de productivit\u00e9 par jour, selon l\u2019ONU.<\/p>\n<p>Un deuxi\u00e8me accord, beaucoup plus ambitieux, pr\u00e9voit environ 104 milliards de shillings (KES) soit 684 millions d\u2019euros pour d\u00e9velopper des infrastructures portuaires et logistiques capables de renforcer la circulation des marchandises et de soutenir l\u2019emploi. L\u2019objectif sera \u00e9galement de permettre au Kenya de consolider son statut de plateforme r\u00e9gionale de commerce et de transit.<\/p>\n<p>Enfin, le secteur \u00e9nerg\u00e9tique concentre \u00e9galement une part importante des engagements. Le projet \u00e9olien de Kipeto b\u00e9n\u00e9ficiera d\u2019environ 32,5 milliards KES (213 millions d\u2019euros) pour accro\u00eetre la production d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 renouvelable et soutenir les objectifs k\u00e9nyans en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie durable. \u00c0 cela s\u2019ajoute un accord commercial destin\u00e9 \u00e0 ouvrir davantage le march\u00e9 fran\u00e7ais au th\u00e9 k\u00e9nyan, avec l\u2019ambition affich\u00e9e \u00ab d\u2019apporter des b\u00e9n\u00e9fices \u00e9conomiques directs aux communaut\u00e9s agricoles du pays \u00bb.<\/p>\n<p>NewsletterMa Tribune<\/p>\n<p class=\"text-2xl mb-8\">L\u2019actualit\u00e9 qui compte pour vous, chaque jour dans votre bo\u00eete mail.<\/p>\n<p>S&rsquo;inscrireS&rsquo;inscrireS&rsquo;inscrire<img alt=\"Illustration de la newsletter Ma Tribune\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-nimg=\"fill\" class=\"relative! rounded-xl\" style=\"position:absolute;height:100%;width:100%;left:0;top:0;right:0;bottom:0;object-fit:cover;color:transparent\"   src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/1775746687_775_ma-tribune.png\"\/><\/p>\n<p>Nairobi, nouveau point d\u2019ancrage de la strat\u00e9gie fran\u00e7aise&#13;\n<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 des projets eux-m\u00eames, cette s\u00e9quence confirme le d\u00e9placement progressif du centre de gravit\u00e9 de la strat\u00e9gie fran\u00e7aise vers l\u2019Afrique anglophone, comme observ\u00e9 depuis plusieurs ann\u00e9es.<\/p>\n<p>En janvier dernier d\u00e9j\u00e0, un accord d\u2019\u00e9tablissement sign\u00e9 entre le Kenya et le groupe Agence fran\u00e7aise de d\u00e9veloppement (AFD) formalisait la pr\u00e9sence institutionnelle compl\u00e8te du groupe dans le pays. Active au Kenya depuis 1997, l\u2019institution a d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9 plus de 2 milliards d\u2019euros dans des projets li\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9nergie, l\u2019eau, les transports, la sant\u00e9 ou encore la biodiversit\u00e9. Sa filiale Proparco y a, de son c\u00f4t\u00e9, financ\u00e9 pr\u00e8s d\u2019un milliard d\u2019euros de projets depuis 1995.<\/p>\n<p>Cette mont\u00e9e en puissance n\u2019est pas anodine. Confront\u00e9e \u00e0 un recul de son influence dans plusieurs pays francophones du Sahel et d\u2019Afrique de l\u2019Ouest, la France cherche d\u00e9sormais \u00e0 diversifier ses partenariats africains. Ce, en mettant moins l\u2019accent sur les enjeux politiques, s\u00e9curitaires et militaires que sur le commerce, le d\u00e9veloppement et l\u2019engagement culturel. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs cette volont\u00e9 de montrer que la France, \u00e0 l&rsquo;instar de l&rsquo;Afrique qui a elle aussi diversifi\u00e9 ses partenariats, regarde tous les pays.<\/p>\n<p>Le choix du Kenya comme coorganisateur d\u2019Africa Forward rev\u00eat donc une forte port\u00e9e symbolique. Il s\u2019agit du premier sommet Afrique\u2013France organis\u00e9 dans un pays anglophone., apr\u00e8s Bamako (2017 et 2005), Yaound\u00e9 (2001) ou Ouagadougou (1996).<\/p>\n<p>Pour Paris, Nairobi pr\u00e9sente plusieurs avantages strat\u00e9giques. Le Kenya est aujourd\u2019hui consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019une des \u00e9conomies les plus dynamiques d\u2019Afrique de l\u2019Est. En 2024, le pays a attir\u00e9 environ 1,5 milliard de dollars d\u2019investissements directs \u00e9trangers. Il concentre les si\u00e8ges r\u00e9gionaux de nombreuses multinationales et organisations internationales, tout en jouant un r\u00f4le croissant dans les n\u00e9gociations climatiques et les projets li\u00e9s \u00e0 la transition \u00e9nerg\u00e9tique.\u00a0<\/p>\n<p>Pr\u00e8s de 120 entreprises fran\u00e7aises sont ainsi install\u00e9es au Kenya, qui constitue un hub r\u00e9gional strat\u00e9gique, notamment en termes de logistique. Pour rappel, selon l&rsquo;\u00e9tude produite par Deloitte pour le Medef International, l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Est a enregistr\u00e9 la plus forte hausse d&rsquo;investissements directs \u00e9trangers tricolores, de l&rsquo;ordre de 101% entre 2025 et 2023.<\/p>\n<p>Le port de Mombasa constitue une porte d\u2019entr\u00e9e essentielle pour plusieurs \u00e9conomies enclav\u00e9es d\u2019Afrique de l\u2019Est, notamment l\u2019Ouganda, le Rwanda ou le Soudan du Sud. Dans ce contexte, les investissements dans les infrastructures portuaires et ferroviaires r\u00e9pondent autant \u00e0 des enjeux k\u00e9nyans qu\u2019\u00e0 une logique r\u00e9gionale d\u2019int\u00e9gration commerciale.<\/p>\n<p>Une comp\u00e9tition mondiale pour l\u2019Afrique de l\u2019Est&#13;\n<\/p>\n<p>Ce repositionnement fran\u00e7ais intervient toutefois dans un environnement extr\u00eamement concurrentiel. La Chine demeure le principal acteur \u00e9tranger des infrastructures dans la r\u00e9gion, tandis que les pays du Golfe, la Turquie ou l\u2019Inde renforcent \u00e9galement leur pr\u00e9sence. En avril 2025 P\u00e9kin a d\u2019ailleurs annonc\u00e9 le renforcement de ses relations avec Nairobi \u00e0 un \u00ab\u00a0nouveau niveau\u00a0\u00bb, alors que d\u00e9sormais, une initiative de l\u2019empire du Milieu permet \u00e0 plusieurs pays africains, dont le Kenya, d\u2019y exporter plus de 98% de leurs produits sans droits de douane.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, la strat\u00e9gie fran\u00e7aise semble \u00e9voluer vers des secteurs consid\u00e9r\u00e9s comme plus susceptibles d\u2019avoir un impact significatif : \u00e9nergies renouvelables, intelligence artificielle, infrastructures urbaines, \u00e9conomie bleue ou encore financement du secteur priv\u00e9.<\/p>\n<p>Le sommet Africa Forward lui-m\u00eame a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u autour de ces th\u00e9matiques \u00e9conomiques, entrepreneuriales et technologiques. Selon l\u2019AFD, plus de 2 000 acteurs politiques, \u00e9conomiques et financiers participent \u00e0 cette rencontre destin\u00e9e \u00e0 \u00ab trouver des solutions pour r\u00e9pondre aux probl\u00e9matiques d\u2019int\u00e9r\u00eat commun convergentes pour la France et les pays africains \u00bb.<\/p>\n<p>Reste n\u00e9anmoins \u00e0 savoir si cette strat\u00e9gie suffira \u00e0 restaurer durablement l\u2019influence fran\u00e7aise sur le continent. Selon les annonces de l&rsquo;Elys\u00e9e, plus de 23 milliards d&rsquo;euros d\u2019investissements ont \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9s au premier jour de ce sommet, dont 14 milliards d&rsquo;investissements fran\u00e7ais, publics et priv\u00e9s &#8211; dont Meridiam, Orange, CMA CGM (actionnaire de La Tribune Afrique, NFLR) &#8211; et 9 milliards d&rsquo;investissements africains. Cela comblera-t-il les attentes africaines qui ont profond\u00e9ment \u00e9volu\u00e9 ? Pouss\u00e9s par une soci\u00e9t\u00e9 civile de plus en plus active et une jeunesse en qu\u00eate de d\u00e9veloppement r\u00e9el, les \u00c9tats recherchent d\u00e9sormais des partenariats capables de produire des r\u00e9sultats rapides, de soutenir l\u2019industrialisation locale et de cr\u00e9er de v\u00e9ritables transferts de valeur. Dans cette comp\u00e9tition, la cr\u00e9dibilit\u00e9 se mesurera \u00e0 la capacit\u00e9 d\u2019ex\u00e9cution des projets et \u00e0 leur impact concret sur les \u00e9conomies africaines.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"En marge du sommet Africa Forward organis\u00e9 \u00e0 Nairobi, la France et le Kenya ont officialis\u00e9 une s\u00e9rie&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":100417,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[165],"tags":[58,263,460,35310,230,73,59,5915,727,459,352],"class_list":{"0":"post-100416","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-kenya","8":"tag-58","9":"tag-africa","10":"tag-dentree","11":"tag-forward","12":"tag-kenya","13":"tag-lafrique","14":"tag-la-tribune-afrique","15":"tag-nouvelle","16":"tag-paris","17":"tag-porte","18":"tag-strategique"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116561542202925700","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/100416","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=100416"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/100416\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/100417"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=100416"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=100416"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=100416"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}