{"id":100426,"date":"2026-05-12T12:19:09","date_gmt":"2026-05-12T12:19:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/100426\/"},"modified":"2026-05-12T12:19:09","modified_gmt":"2026-05-12T12:19:09","slug":"siam-2026-lagriculture-marocaine-accelere-sa-transition-verte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/100426\/","title":{"rendered":"SIAM 2026 : l\u2019agriculture marocaine acc\u00e9l\u00e8re sa transition verte"},"content":{"rendered":"<p>Malgr\u00e9 la question du financement qui continue de se poser, et en d\u00e9pit d\u2019une saison agricole exceptionnellement pluvieuse, l\u2019agriculture nationale n\u2019oublie surtout pas qu\u2019elle doit encore relever le pari de la durabilit\u00e9. Et cela a \u00e9t\u00e9 bien compris lors du dernier Salon international de l\u2019agriculture au Maroc (SIAM).<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 la tr\u00e8s bonne saison agricole, avec une pluviom\u00e9trie exceptionnelle, le secteur agricole ne compte, et ne doit, surtout pas tourner le dos \u00e0 l\u2019innovation et \u00e0 la durabilit\u00e9. D\u2019ailleurs, cela a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s bien compris, lors de la 18e \u00e9dition du SIAM. Sur place, un avis \u00e9t\u00e9 partag\u00e9 par tous les acteurs : l\u2019agriculture marocaine est d\u00e9sormais contrainte de se r\u00e9inventer face au stress hydrique, \u00e0 la hausse des co\u00fbts de production et aux exigences environnementales.<\/p>\n<p>\u00c0 Mekn\u00e8s, les stands consacr\u00e9s aux solutions vertes, \u00e0 l\u2019irrigation intelligente ou encore \u00e0 l\u2019agriculture digitale ont attir\u00e9 autant l\u2019attention que les espaces d\u00e9di\u00e9s aux produits du terroir ou au machinisme agricole. Les entreprises, coop\u00e9ratives et institutions pr\u00e9sentes au SIAM ont largement orient\u00e9 leurs d\u00e9monstrations vers les \u00e9conomies d\u2019eau et l\u2019adaptation climatique.<\/p>\n<p>Agritech<br \/>Parmi les solutions les plus visibles cette ann\u00e9e figure l\u2019irrigation intelligente. Plusieurs soci\u00e9t\u00e9s marocaines et \u00e9trang\u00e8res ont pr\u00e9sent\u00e9 des syst\u00e8mes capables d\u2019ajuster automatiquement les besoins en eau des cultures gr\u00e2ce \u00e0 des capteurs connect\u00e9s plac\u00e9s dans les sols. Concr\u00e8tement, ces \u00e9quipements mesurent l\u2019humidit\u00e9, la temp\u00e9rature ou encore la salinit\u00e9 et transmettent les donn\u00e9es en temps r\u00e9el sur smartphone ou tablette. L\u2019agriculteur peut ainsi irriguer uniquement lorsque cela est n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p>Sur le stand d\u2019une entreprise sp\u00e9cialis\u00e9e dans l\u2019AgriTech, une d\u00e9monstration portait sur une exploitation d\u2019agrumes situ\u00e9e dans la r\u00e9gion Souss-Massa. Gr\u00e2ce au pilotage num\u00e9rique de l\u2019irrigation, la ferme aurait r\u00e9duit sa consommation d\u2019eau de pr\u00e8s de 30% en deux campagnes agricoles, tout en maintenant des niveaux de rendement \u00e9lev\u00e9s. Dans un pays o\u00f9 l\u2019agriculture absorbe encore pr\u00e8s de 80% des ressources hydriques disponibles, ce type de gain devient strat\u00e9gique.<\/p>\n<p>Engrais adapt\u00e9s<br \/>Autre tendance forte du salon : la fertilisation raisonn\u00e9e. Le groupe OCP, \u00e0 travers ses plateformes de conseil agricole, a multipli\u00e9 les d\u00e9monstrations autour des analyses de sols et des engrais adapt\u00e9s aux besoins pr\u00e9cis des cultures. L\u2019objectif est double : am\u00e9liorer les rendements tout en limitant les exc\u00e8s d\u2019intrants chimiques, souvent co\u00fbteux et polluants.<\/p>\n<p>Pa ailleurs, le programme \u00abAl Moutmir\u00bb a particuli\u00e8rement retenu l\u2019attention des visiteurs. Sur plusieurs parcelles exp\u00e9rimentales pr\u00e9sent\u00e9es au salon, des agriculteurs accompagn\u00e9s par le programme ont pu comparer les performances entre une fertilisation classique et une fertilisation bas\u00e9e sur les analyses scientifiques des sols. Dans certaines exploitations c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res, les gains de productivit\u00e9 annonc\u00e9s d\u00e9passeraient 20%, avec une baisse sensible du gaspillage d\u2019engrais.<\/p>\n<p>\u00c9lectricit\u00e9 propre<br \/>Les solutions \u00e9nerg\u00e9tiques \u00e9taient \u00e9galement omnipr\u00e9sentes. Les pompes solaires pour l\u2019irrigation continuent de s\u00e9duire les agriculteurs confront\u00e9s \u00e0 l\u2019augmentation des prix de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 et du carburant. Plusieurs fabricants ont expos\u00e9 des installations photovolta\u00efques capables d\u2019alimenter des syst\u00e8mes d\u2019irrigation de taille moyenne sans raccordement au r\u00e9seau \u00e9lectrique.<\/p>\n<p>Dans la r\u00e9gion de l\u2019Oriental, un exemple concret pr\u00e9sent\u00e9 lors d\u2019une conf\u00e9rence concernait une exploitation mara\u00eech\u00e8re ayant remplac\u00e9 ses pompes diesel par une station solaire hybride. Selon les donn\u00e9es partag\u00e9es, la facture \u00e9nerg\u00e9tique aurait chut\u00e9 de pr\u00e8s de moiti\u00e9 apr\u00e8s deux ans d\u2019exploitation, malgr\u00e9 l\u2019investissement initial \u00e9lev\u00e9.<\/p>\n<p>\u00c9levage durable<br \/>Le SIAM 2026 a aussi accord\u00e9 une place importante \u00e0 la question de l\u2019\u00e9levage durable. Les professionnels de la fili\u00e8re animale font face \u00e0 la flamb\u00e9e des co\u00fbts des aliments de b\u00e9tail et \u00e0 la rar\u00e9faction des p\u00e2turages naturels sous l\u2019effet de la s\u00e9cheresse. Plusieurs entreprises ont ainsi pr\u00e9sent\u00e9 des solutions de valorisation des fourrages et des alternatives nutritionnelles destin\u00e9es \u00e0 r\u00e9duire la d\u00e9pendance aux importations. Des coop\u00e9ratives venues des r\u00e9gions semi-arides ont notamment expos\u00e9 des techniques de culture hydroponique de fourrage vert.<\/p>\n<p>Cette m\u00e9thode permet de produire de l\u2019alimentation animale avec tr\u00e8s peu d\u2019eau et sur des surfaces r\u00e9duites. Certaines unit\u00e9s pilotes affirment \u00e9conomiser jusqu\u2019\u00e0 80% d\u2019eau par rapport aux cultures fourrag\u00e8res conventionnelles.<\/p>\n<p>L\u2019agriculture digitale a \u00e9galement franchi un nouveau cap. Drones agricoles, cartographie satellite, intelligence artificielle et applications mobiles ne sont plus de simples curiosit\u00e9s technologiques. Plusieurs startups marocaines ont pr\u00e9sent\u00e9 des outils permettant de d\u00e9tecter pr\u00e9cocement les maladies des plantes, d\u2019optimiser les traitements phytosanitaires ou encore de surveiller les rendements \u00e0 distance.<\/p>\n<p>Transition vers le green : l\u2019\u00e9quation du financement\u2026<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 des innovations technologiques, le SIAM 2026 a surtout montr\u00e9 que la transition environnementale du secteur agricole marocain est devenue une n\u00e9cessit\u00e9 \u00e9conomique. Les agriculteurs ne cherchent plus uniquement \u00e0 produire davantage, mais \u00e0 produire autrement : avec moins d\u2019eau, moins d\u2019\u00e9nergie et moins d\u2019intrants. Reste toutefois une question centrale : celle du financement. Car si les solutions vertes se multiplient, leur co\u00fbt demeure parfois inaccessible pour les petites exploitations. Plusieurs professionnels pr\u00e9sents \u00e0 Mekn\u00e8s plaident d\u00e9sormais pour un renforcement des subventions, des m\u00e9canismes de cr\u00e9dit vert et de l\u2019accompagnement technique afin d\u2019\u00e9viter une agriculture \u00e0 deux vitesses.<\/p>\n<p>Abdellah Benahmed \/ Les Inspirations \u00c9CO<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Malgr\u00e9 la question du financement qui continue de se poser, et en d\u00e9pit d\u2019une saison agricole exceptionnellement pluvieuse,&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":100427,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[83],"tags":[2050,32415,86,29849,6062],"class_list":{"0":"post-100426","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-maroc","8":"tag-agriculture","9":"tag-agritech","10":"tag-maroc","11":"tag-siam-2026","12":"tag-transition-verte"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116561573475323322","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/100426","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=100426"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/100426\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/100427"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=100426"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=100426"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=100426"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}