{"id":100769,"date":"2026-05-12T18:40:09","date_gmt":"2026-05-12T18:40:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/100769\/"},"modified":"2026-05-12T18:40:09","modified_gmt":"2026-05-12T18:40:09","slug":"souverainete-laitiere-au-senegal-a-saly-chercheurs-etats-et-producteurs-unissent-leurs-forces-pour-transformer-durablement-la-filiere-vivafrik","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/100769\/","title":{"rendered":"Souverainet\u00e9 laiti\u00e8re au S\u00e9n\u00e9gal : A Saly, chercheurs, \u00c9tats et producteurs unissent leurs forces pour transformer durablement la fili\u00e8re &#8211; VivAfrik"},"content":{"rendered":"<p>La 5\u00e8me \u00e9dition des Rencontres internationales \u00ab Lait, vecteur de d\u00e9veloppement \u00bb s\u2019est ouverte ce mardi 12 mai 2026 \u00e0 Saly Portudal dans un contexte marqu\u00e9 par les d\u00e9fis de souverainet\u00e9 alimentaire, de r\u00e9silience climatique et de transformation durable des syst\u00e8mes agroalimentaires africains. Co-organis\u00e9 par le Centre de coop\u00e9ration internationale en recherche agronomique pour le d\u00e9veloppement (CIRAD), l\u2019Institut national de recherche pour l\u2019agriculture, l\u2019alimentation et l\u2019environnement (INRAE) et l\u2019Institut s\u00e9n\u00e9galais de recherche agricole (ISRA), cet \u00e9v\u00e9nement international r\u00e9unit pendant trois jours (du 12 au 14 mai 2026) chercheurs, \u00e9leveurs, industriels, d\u00e9cideurs publics, organisations professionnelles et partenaires techniques autour des enjeux scientifiques, \u00e9conomiques et strat\u00e9giques de la fili\u00e8re lait.<\/p>\n<p>Au c\u0153ur des discussions figure une ambition d\u00e9sormais clairement affich\u00e9e par le S\u00e9n\u00e9gal et les organisations r\u00e9gionales : r\u00e9duire la d\u00e9pendance aux importations de produits laitiers et construire une v\u00e9ritable souverainet\u00e9 laiti\u00e8re en Afrique de l\u2019Ouest.<\/p>\n<p>Le S\u00e9n\u00e9gal mise sur une approche globale de la souverainet\u00e9 laiti\u00e8re<\/p>\n<p>Pr\u00e9sent \u00e0 ces rencontres, le professeur Abdoulaye Dieng, conseiller technique au minist\u00e8re de l\u2019Agriculture, de la Souverainet\u00e9 alimentaire et de l\u2019\u00c9levage, estime que ces \u00e9changes doivent permettre d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer le d\u00e9veloppement de la production locale.<\/p>\n<p>\u00ab Ces cinqui\u00e8mes rencontres internationales sont organis\u00e9es pour booster la production laiti\u00e8re dans nos pays, tout en identifiant les principales contraintes qui freinent le d\u00e9veloppement de la fili\u00e8re \u00bb, a-t-il d\u00e9clar\u00e9.<\/p>\n<p>Pour lui, la recherche scientifique doit jouer un r\u00f4le central dans cette transformation, en collaboration avec l\u2019ensemble des acteurs de la cha\u00eene de valeur.<\/p>\n<p>\u00ab L\u2019objectif est de faire en sorte que les connaissances scientifiques accompagnent le d\u00e9veloppement de la fili\u00e8re, en collaboration avec tous les acteurs : les producteurs, les transformateurs, les industriels et les organisations fa\u00eeti\u00e8res \u00bb, a expliqu\u00e9 Abdoulaye Dieng.<\/p>\n<p>Le S\u00e9n\u00e9gal ambitionne aujourd\u2019hui de r\u00e9duire progressivement sa d\u00e9pendance aux importations de lait en poudre gr\u00e2ce \u00e0 une meilleure valorisation de la production locale.<\/p>\n<p>Cependant, le conseiller technique rappelle que les difficult\u00e9s restent nombreuses. Les pays africains disposent souvent d\u2019un cheptel \u00e0 faible potentiel de production et sont confront\u00e9s \u00e0 des contraintes alimentaires et sanitaires importantes.<\/p>\n<p>\u00ab Nous comptons sur la science et la technique pour am\u00e9liorer \u00e0 la fois la productivit\u00e9 et l\u2019ensemble de la fili\u00e8re \u00bb, a-t-il indiqu\u00e9.<\/p>\n<p>Le d\u00e9fi crucial de la collecte et de la transformation du lait local<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de la production, l\u2019un des principaux d\u00e9fis reste celui de la collecte du lait. Produit hautement p\u00e9rissable, le lait n\u00e9cessite des infrastructures adapt\u00e9es de conservation, de transport et de transformation.<\/p>\n<p>Selon Abdoulaye Dieng, cette question constitue aujourd\u2019hui l\u2019un des principaux goulots d\u2019\u00e9tranglement de la fili\u00e8re.<\/p>\n<p>\u00ab Aujourd\u2019hui, une grande partie des industriels transforme du lait en poudre import\u00e9. Pour transformer davantage de lait local, il faudrait produire une masse critique suffisante et r\u00e9soudre le probl\u00e8me de la collecte du lait \u00bb, a-t-il expliqu\u00e9.<\/p>\n<p>Les co\u00fbts \u00e9lev\u00e9s li\u00e9s \u00e0 la cha\u00eene du froid et aux infrastructures compliquent encore davantage le d\u00e9veloppement d\u2019un syst\u00e8me performant de collecte \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale.<\/p>\n<p>Pour les participants aux rencontres de Saly, le d\u00e9fi consiste d\u00e9sormais \u00e0 construire une fili\u00e8re comp\u00e9titive capable de produire un lait local accessible aux populations.<\/p>\n<p>\u00ab L\u2019objectif n\u2019est pas seulement de produire plus de lait, mais de produire un lait accessible \u00e0 un prix raisonnable pour les populations. Car si le lait local reste trop cher, les importations continueront naturellement \u00e0 dominer le march\u00e9 \u00bb, a averti Abdoulaye Dieng.<\/p>\n<p>Des programmes structurants pour acc\u00e9l\u00e9rer l\u2019autosuffisance<\/p>\n<p>Les autorit\u00e9s s\u00e9n\u00e9galaises misent \u00e9galement sur plusieurs initiatives pour renforcer durablement la fili\u00e8re. Parmi elles figure notamment le programme \u00ab Une femme, une vache \u00bb, destin\u00e9 \u00e0 soutenir la production familiale et l\u2019autonomisation \u00e9conomique des femmes rurales.<\/p>\n<p>D\u2019autres projets structurants visent \u00e0 am\u00e9liorer progressivement l\u2019autosuffisance et la souverainet\u00e9 en mati\u00e8re de lait et de produits laitiers.<\/p>\n<p>Pour Abdoulaye Dieng, les acquis accumul\u00e9s au fil des cinq \u00e9ditions des Rencontres internationales constituent aujourd\u2019hui une base importante pour orienter les politiques publiques et acc\u00e9l\u00e9rer la transformation de la fili\u00e8re.<\/p>\n<p>\u00ab C\u2019est possible, m\u00eame si cela demande des efforts consid\u00e9rables. Il faut agir sur plusieurs leviers : l\u2019alimentation animale, la g\u00e9n\u00e9tique, la sant\u00e9 animale et les circuits de commercialisation \u00bb, a-t-il conclu.<\/p>\n<p>\u00c0 travers cette cinqui\u00e8me \u00e9dition organis\u00e9e \u00e0 Saly apr\u00e8s celles de Rennes, Rabat, Dakar et Tunis, le S\u00e9n\u00e9gal, la CEDEAO et leurs partenaires scientifiques affichent ainsi une volont\u00e9 commune : faire du lait un levier strat\u00e9gique de souverainet\u00e9 alimentaire, de cr\u00e9ation d\u2019emplois et de d\u00e9veloppement durable pour l\u2019Afrique de l\u2019Ouest.<\/p>\n<p>Le lait, un produit d\u00e9sormais strat\u00e9gique pour la CEDEAO<\/p>\n<p>Longtemps concentr\u00e9e sur les c\u00e9r\u00e9ales comme le riz, le ma\u00efs ou le sorgho, la politique agricole r\u00e9gionale ouest-africaine a progressivement int\u00e9gr\u00e9 le lait parmi les fili\u00e8res prioritaires.<\/p>\n<p>Selon Kanfitin Konlani, Directeur ex\u00e9cutif de l\u2019Agence r\u00e9gionale pour l\u2019agriculture et l\u2019alimentation de la CEDEAO, cette \u00e9volution r\u00e9sulte de la prise de conscience du poids \u00e9conomique et social de la fili\u00e8re laiti\u00e8re dans les \u00e9conomies rurales africaines.<\/p>\n<p>\u00ab Il faut d\u2019abord rappeler que la politique agricole de la CEDEAO avait, depuis longtemps, consid\u00e9r\u00e9 comme prioritaires des produits tels que le riz, le ma\u00efs et le sorgho, avec une focalisation sur les c\u00e9r\u00e9ales. Mais \u00e0 un certain moment, nous nous sommes rendu compte que le lait est un produit tr\u00e8s important ayant de forts impacts \u00e9conomiques. C\u2019est ainsi que le lait est devenu un produit strat\u00e9gique \u00bb, a-t-il expliqu\u00e9.<\/p>\n<p>Dans cette dynamique, la CEDEAO a adopt\u00e9 d\u00e8s 2020 une strat\u00e9gie r\u00e9gionale offensive lait avec un objectif ambitieux : doubler la production de lait en Afrique de l\u2019Ouest d\u2019ici \u00e0 2030.<\/p>\n<p>Pour atteindre cette cible, plusieurs programmes r\u00e9gionaux ont \u00e9t\u00e9 mis en \u0153uvre. Parmi eux figurent un programme d\u2019appui au pastoralisme, un programme d\u00e9di\u00e9 aux organisations professionnelles et \u00e0 l\u2019emploi des jeunes, ainsi qu\u2019un projet sp\u00e9cifique baptis\u00e9 PAOLAO, ax\u00e9 sur la production, la collecte et la transformation du lait.<\/p>\n<p>\u00ab Tout cela vise \u00e0 avoir un impact concret, \u00e0 booster la production laiti\u00e8re et \u00e0 am\u00e9liorer les conditions de vie des populations. Nous estimons que la fili\u00e8re lait locale a un impact tr\u00e8s significatif sur l\u2019\u00e9conomie locale, mais aussi sur la nutrition \u00bb, a soulign\u00e9 Kanfitin Konlani.<\/p>\n<p>La CEDEAO affirme \u00e9galement vouloir rapprocher les politiques publiques des producteurs locaux. \u00c0 ce titre, 24 initiatives locales destin\u00e9es \u00e0 promouvoir l\u2019emploi des jeunes dans la fili\u00e8re lait ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 financ\u00e9es, tandis que 25 autres initiatives portant sur la collecte et la qualit\u00e9 du lait viennent d\u2019\u00eatre s\u00e9lectionn\u00e9es.<\/p>\n<p>\u00c0 Saly, la science mobilis\u00e9e pour accompagner la transformation de la fili\u00e8re laiti\u00e8re<\/p>\n<p>Pour les organisateurs, cette cinqui\u00e8me \u00e9dition des Rencontres internationales intervient \u00e0 un moment d\u00e9cisif pour l\u2019avenir des syst\u00e8mes alimentaires africains.<\/p>\n<p>Le Directeur r\u00e9gional du CIRAD, Ibra Tour\u00e9, a rappel\u00e9 que les crises climatiques, \u00e9conomiques et g\u00e9opolitiques fragilisent aujourd\u2019hui fortement les syst\u00e8mes alimentaires, particuli\u00e8rement en Afrique de l\u2019Ouest.<\/p>\n<p>Selon lui, la fili\u00e8re laiti\u00e8re repr\u00e9sente un levier strat\u00e9gique pour la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, l\u2019emploi des jeunes et des femmes, mais aussi pour le d\u00e9veloppement territorial et pastoral.<\/p>\n<p>Il a notamment insist\u00e9 sur un paradoxe majeur : malgr\u00e9 une production r\u00e9gionale estim\u00e9e \u00e0 pr\u00e8s de 5 milliards de litres de lait par an, moins de 2 % de cette production sont collect\u00e9s et transform\u00e9s localement, alors que les importations de produits laitiers continuent de cro\u00eetre.<\/p>\n<p>Pour Ibra Tour\u00e9, cette situation d\u00e9montre l\u2019urgence de construire des syst\u00e8mes de collecte, de transformation et de commercialisation plus performants, plus inclusifs et plus durables.<\/p>\n<p>Le responsable du CIRAD a \u00e9galement insist\u00e9 sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019int\u00e9grer les enjeux climatiques dans le d\u00e9veloppement de la fili\u00e8re, notamment face \u00e0 la pression sur les ressources naturelles, aux d\u00e9fis de disponibilit\u00e9 de l\u2019eau et aux \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre.<\/p>\n<p>Durant ces trois journ\u00e9es, chercheurs, industriels, \u00e9leveurs, producteurs et d\u00e9cideurs publics \u00e9changeront afin d\u2019identifier des solutions adapt\u00e9es aux r\u00e9alit\u00e9s africaines. Le CIRAD plaide ainsi pour une coop\u00e9ration scientifique ouverte et orient\u00e9e vers les besoins des acteurs de terrain.<\/p>\n<p>Ibra Tour\u00e9 a enfin rappel\u00e9 que le lait d\u00e9passe largement sa simple dimension alimentaire.<\/p>\n<p>A l\u2019en croire, il constitue \u00e9galement un moteur \u00e9conomique, un facteur de coh\u00e9sion sociale et un outil essentiel de d\u00e9veloppement territorial pour les populations rurales.<\/p>\n<p>Moctar FICOU \/ VivAfrik<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La 5\u00e8me \u00e9dition des Rencontres internationales \u00ab Lait, vecteur de d\u00e9veloppement \u00bb s\u2019est ouverte ce mardi 12 mai&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":100770,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[84],"tags":[1949,35904,6540,35905,35906,35907,3372,15394,11,35908],"class_list":{"0":"post-100769","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-senegal","8":"tag-afrique-de-louest","9":"tag-changements-climatiques","10":"tag-chercheurs","11":"tag-cirad","12":"tag-inrae","13":"tag-isra","14":"tag-producteurs","15":"tag-saly","16":"tag-senegal","17":"tag-souverainete-laitiere"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116563071684860127","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/100769","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=100769"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/100769\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/100770"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=100769"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=100769"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=100769"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}