{"id":101071,"date":"2026-05-13T01:16:52","date_gmt":"2026-05-13T01:16:52","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/101071\/"},"modified":"2026-05-13T01:16:52","modified_gmt":"2026-05-13T01:16:52","slug":"eau-le-maroc-va-depasser-les-170-grands-barrages-malgre-les-defis-de-levaporation-et-de-lenvasement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/101071\/","title":{"rendered":"Eau : le Maroc va d\u00e9passer les 170 grands barrages malgr\u00e9 les d\u00e9fis de l\u2019\u00e9vaporation et de l\u2019envasement"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019eau affleure presque le haut des vannes. Cela faisait bien longtemps qu\u2019elle n\u2019avait pas atteint un tel niveau\u00a0: le barrage de Sidi Mohamed Ben Abdellah (SMBA), situ\u00e9 \u00e0 une trentaine de kilom\u00e8tres de Rabat, est actuellement rempli \u00e0 97\u202f%. Son responsable, Abderrahim El Gazzar, chef de division gestion durable des ressources en eau de l\u2019Agence du bassin hydraulique de Bouregreg et de la Chaouia, se souvient tr\u00e8s pr\u00e9cis\u00e9ment de l\u2019\u00e9t\u00e9 2023, lorsque le niveau avait atteint son point bas, apr\u00e8s cinq ann\u00e9es de s\u00e9cheresse. \u00ab\u00a0Nous \u00e9tions \u00e0 un point critique, avec un volume d\u2019eau restant estim\u00e9 \u00e0 136 millions de m\u00e8tres cubes, soit environ un dixi\u00e8me de la capacit\u00e9 totale. Seule la prise d\u2019eau la plus basse \u00e9tait encore approvisionn\u00e9e\u00a0: nous commencions \u00e0 envisager des syst\u00e8mes de pompes, mais \u00e0 ce niveau de fond de bassin, l\u2019eau est tr\u00e8s charg\u00e9e en s\u00e9diments et donc difficile \u00e0 traiter.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>    <img decoding=\"async\" class=\"Image\" alt=\"WhatsApp Image 2026-04-29 at 18.33.31 (1).jpeg\"  width=\"840\" height=\"397\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/1778635012_402_.jpeg\" loading=\"lazy\"\/><\/p>\n<p>                Au c\u0153ur de la s\u00e9cheresse, le volume d\u2019eau restant du barrage de Sidi Mohamed Ben Abdellah (SMBA) repr\u00e9sentait environ un dixi\u00e8me de sa capacit\u00e9 totale. <\/p>\n<p>                    \u00a0&#8211;\u00a0<\/p>\n<p>                MAP<\/p>\n<p>Construit dans les ann\u00e9es 1970, le barrage de SMBA est absolument essentiel \u00e0 l\u2019approvisionnement en eau du bassin, qui comprend les r\u00e9gions de Rabat-Sal\u00e9 et de Casablanca et s\u2019\u00e9tend, dans l\u2019arri\u00e8re-pays, jusqu\u2019\u00e0 K\u00e9nitra. \u00ab\u00a0La zone repr\u00e9sente 3\u202f% du territoire national, mais 23\u202f% de la population et 68\u202f% de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique. La dotation en eau, tant de surface que souterraine, est quant \u00e0 elle parmi les plus faibles du pays\u00a0: autour de 100 m\u00e8tres cubes par personne et par an, bien en dessous du seuil de p\u00e9nurie (NDLR\u00a0: 500 m\u00e8tres cubes)\u00a0\u00bb, explique le responsable. Sur\u00e9lev\u00e9 d\u2019une dizaine de m\u00e8tres en 2000, le barrage a vu sa capacit\u00e9 doubler, \u00e0 plus d\u2019un milliard de m\u00e8tres cubes. Mais, faute de pluie, son niveau n\u2019a cess\u00e9 de baisser sur la p\u00e9riode allant de 2018 \u00e0 2023\u2026 jusqu\u2019\u00e0 la mise en route de la nouvelle \u00ab\u00a0Autoroute de l\u2019eau\u00a0\u00bb et l\u2019arriv\u00e9e des premi\u00e8res gouttes r\u00e9orient\u00e9es depuis les bassins du nord du pays. \u00ab\u00a0Les 45 m\u00e8tres cubes qui peuvent arriver, chaque seconde, par cette autoroute repr\u00e9sentent aujourd\u2019hui 30\u202f% de nos ressources\u00a0\u00bb, pr\u00e9cise Abderrahim el Gazzar.<\/p>\n<p>L\u2019ouvrage fait partie des 158 \u00ab\u00a0grands barrages\u00a0\u00bb actuels du pays, construits \u00e0 la fois pour s\u00e9curiser l\u2019approvisionnement en eau potable, permettre l\u2019irrigation de l\u2019agriculture, r\u00e9guler les crues et, pour certains, permettre une production d\u2019\u00e9nergie hydro\u00e9lectrique. A raison d\u2019un barrage par an depuis les ann\u00e9es 60 et jusqu\u2019\u00e0 3 par an depuis les ann\u00e9es 2000, les constructions se sont multipli\u00e9es. Quelque 62 nouveaux ouvrages ont \u00e9t\u00e9 construits sur la p\u00e9riode de 1999 \u00e0 2025, sous l&rsquo;\u00e9gide du Roi Mohammed VI, repr\u00e9sentant pr\u00e8s de 6 milliards de m\u00e8tres cubes (sur un total de 21 milliards). \u00ab\u00a0Quinze nouveaux barrages sont en cours de r\u00e9alisation, repr\u00e9sentant une capacit\u00e9 de stockage totale de 4,9 milliards de m\u00e8tres cubes. Six nouveaux ouvrages vont \u00eatre lanc\u00e9s d\u2019ici 2027. Leur d\u00e9veloppement est essentiel pour faire face aux nouveaux d\u00e9fis, notamment ceux li\u00e9s au changement climatique, \u00e0 la pression d\u00e9mographique et \u00e0 l\u2019\u00e9volution des besoins en eau\u00a0\u00bb, souligne Salahddine Dahbi, directeur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019hydraulique, au sein du Minist\u00e8re de l&rsquo;\u00e9quipement et de l\u2019eau du Maroc.<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, le pays a d\u00e9velopp\u00e9 un r\u00e9seau dense de \u00ab\u00a0petits\u00a0\u00bb barrages\u00a0: des barrages collinaires, \u00e0 usage tr\u00e8s local, pour l\u2019abreuvement du b\u00e9tail et la protection contre les crues en milieu rural.<\/p>\n<p>D\u00e9p\u00f4ts de s\u00e9diments<\/p>\n<p>Mais les uns comme les autres sont confront\u00e9s \u00e0 deux probl\u00e8mes structurels majeurs. Tout d\u2019abord, le d\u00e9p\u00f4t de s\u00e9diments au fond des retenues. \u00ab\u00a0Au total, l\u2019envasement naturel des barrages r\u00e9duit chaque ann\u00e9e la capacit\u00e9 de stockage totale d\u2019environ 58 millions de m\u00e8tres cubes\u00a0\u00bb, explique Rachid Madah, directeur des am\u00e9nagements hydrauliques au sein du Minist\u00e8re de l&rsquo;\u00e9quipement et de l\u2019eau. Mais, fruit de l\u2019\u00e9rosion des bassins versants, l\u2019envasement est un ph\u00e9nom\u00e8ne naturel contre lequel il est difficile de lutter. \u00ab\u00a0Il co\u00fbte moins cher de construire un nouveau barrage que de nettoyer les fonds\u00a0\u00bb, d\u00e9plore Abderrahim el Gazzar. Heureusement, fin 2025, les vidanges de fond et de mi-fond du barrage de MNBA ont pu \u00eatre ouvertes afin d\u2019\u00e9vacuer une partie des boues. Mais une telle op\u00e9ration n\u2019est possible que lorsqu\u2019il y a abondance d\u2019eau\u2026 Autre solution, agir en amont, avec la construction de seuils permettant de ralentir le d\u00e9bit de l\u2019eau et favorisant une s\u00e9dimentation plus facile \u00e0 nettoyer qu\u2019au niveau d\u2019un grand barrage. Le reboisement des bassins versants permet aussi de limiter l\u2019\u00e9rosion et donc les d\u00e9p\u00f4ts de s\u00e9diments. \u00ab\u00a0Nous avons r\u00e9cemment sign\u00e9 un partenariat avec l\u2019Anef (Agence nationale des eaux et for\u00eats) pour travailler ensemble \u00e0 la stabilisation, la plantation et la protection des berges\u00a0\u00bb, explique Salahddine Dahbi.<\/p>\n<p>Autre enjeu crucial, dans un pays aussi chaud que le Maroc, l\u2019\u00e9vaporation\u00a0: chaque ann\u00e9e, ce sont environ 640 millions de m\u00e8tres cubes d\u2019eau (1,5 million de m\u00e8tres cubes par jour) qui s\u2019\u00e9vaporent, soit l\u2019\u00e9quivalent d\u2019un grand barrage. \u00ab\u00a0Nous travaillons sur diff\u00e9rentes m\u00e9thodes pour limiter le ph\u00e9nom\u00e8ne\u00a0: pose de panneaux solaires flottants, utilisation de boules en plastique alimentaire en surface, etc.\u00a0\u00bb, explique Hanane Baghdad, directrice de la recherche et de la planification de l\u2019eau, au sein du Minist\u00e8re de l&rsquo;\u00e9quipement et de l\u2019eau du Maroc.<\/p>\n<p>Retrouvez tous les papiers de notre dossier sp\u00e9cial\u00a0: <a class=\"Link \" href=\"https:\/\/www.lopinion.fr\/dossiers\/stress-hydrique-comment-le-maroc-securise-son-approvisionnement-en-eau\" data-cms-ai=\"0\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Stress hydrique &#8211; Comment le Maroc s\u00e9curise son approvisionnement en eau<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"L\u2019eau affleure presque le haut des vannes. 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