{"id":103551,"date":"2026-05-15T15:48:09","date_gmt":"2026-05-15T15:48:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/103551\/"},"modified":"2026-05-15T15:48:09","modified_gmt":"2026-05-15T15:48:09","slug":"afrique-addis-abeba-2026-apres-nairobi-macron-consolide-son-nouveau-pivot-africain","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/103551\/","title":{"rendered":"Afrique: Addis-Abeba 2026 &#8211; Apr\u00e8s Nairobi, Macron consolide son nouveau pivot africain"},"content":{"rendered":"<p class=\"story-body-text\" data-para-word-count=\"25\">Entre Union africaine, mer Rouge et rivalit\u00e9s mondiales, la visite en \u00c9thiopie du pr\u00e9sident Emmanuel Macron r\u00e9v\u00e8le la nouvelle strat\u00e9gie fran\u00e7aise sur le continent noir.<\/p>\n<p class=\"story-body-text\" data-para-word-count=\"84\">Au lendemain du sommet Africa Forward de Nairobi, Emmanuel Macron a choisi de poursuivre sa tourn\u00e9e africaine en \u00c9thiopie. Un choix loin d&rsquo;\u00eatre symbolique. Derri\u00e8re les discours sur le multilat\u00e9ralisme, la paix et le partenariat \u00e9quilibr\u00e9, cette \u00e9tape \u00e0 Addis-Abeba confirme surtout une profonde recomposition de la strat\u00e9gie fran\u00e7aise en Afrique. Car depuis l&rsquo;effondrement progressif de son influence au Sahel, Paris acc\u00e9l\u00e8re discr\u00e8tement son red\u00e9ploiement vers l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Est et la Corne de l&rsquo;Afrique, devenues des zones strat\u00e9giques majeures dans les nouvelles rivalit\u00e9s mondiales.<\/p>\n<p class=\"story-body-text\" data-para-word-count=\"5\">Addis-Abeba, nouvelle vitrine diplomatique fran\u00e7aise<\/p>\n<p class=\"story-body-text\" data-para-word-count=\"83\">Pour la premi\u00e8re fois de son mandat, Emmanuel Macron a prononc\u00e9 un discours officiel au si\u00e8ge de l&rsquo;Union africaine, \u00e0 Addis-Abeba. Un geste diplomatique hautement calcul\u00e9. Depuis plusieurs ann\u00e9es, Paris tente de reconstruire son image sur le continent apr\u00e8s les ruptures successives avec le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Or, Addis-Abeba poss\u00e8de une valeur symbolique particuli\u00e8re : si\u00e8ge politique de l&rsquo;Union africaine ; apitale diplomatique du continent ; hub strat\u00e9gique de la Corne de l&rsquo;Afrique ; carrefour des enjeux s\u00e9curitaires r\u00e9gionaux.<\/p>\n<p class=\"story-body-text\" style=\"text-align: center;\">\n<p>Restez inform\u00e9 des derniers gros titres sur <a href=\"https:\/\/whatsapp.com\/channel\/0029Vae09IP4inotqC0BUQ2V\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">WhatsApp<\/a> | <a href=\"https:\/\/www.linkedin.com\/company\/allafrica\/\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow noopener\">LinkedIn<\/a><\/p>\n<p class=\"story-body-text\" data-para-word-count=\"59\">En se pr\u00e9sentant au coeur des institutions africaines aux c\u00f4t\u00e9s de Ant\u00f3nio Guterres et de Mahmoud Ali Youssouf, Emmanuel Macron cherche \u00e0 repositionner la France non plus comme ancienne puissance tut\u00e9laire, mais comme acteur du multilat\u00e9ralisme africain. Le message est clair : Paris veut d\u00e9sormais parler \u00e0 l&rsquo;Afrique via les institutions continentales autant qu&rsquo;\u00e0 travers ses relations bilat\u00e9rales traditionnelles.<\/p>\n<p class=\"story-body-text\" data-para-word-count=\"7\">L&rsquo;\u00c9thiopie, pi\u00e8ce ma\u00eetresse du nouveau dispositif fran\u00e7ais<\/p>\n<p class=\"story-body-text\" data-para-word-count=\"63\">Le choix \u00e9thiopien n&rsquo;est pas anodin. Avec plus de 120 millions d&rsquo;habitants, une position strat\u00e9gique sur la mer Rouge et un r\u00f4le diplomatique majeur dans la r\u00e9gion, l&rsquo;\u00c9thiopie est redevenue un partenaire central pour plusieurs puissances mondiales. Pour Paris, Addis-Abeba repr\u00e9sente d\u00e9sormais : un partenaire diplomatique ; un relais s\u00e9curitaire ; un march\u00e9 \u00e9conomique ; un point d&rsquo;appui dans la Corne de l&rsquo;Afrique.<\/p>\n<p class=\"story-body-text\" data-para-word-count=\"74\">Depuis 2019, la relation entre Emmanuel Macron et Abiy Ahmed s&rsquo;est fortement renforc\u00e9e. \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque, le dirigeant \u00e9thiopien incarnait aux yeux de Paris une figure r\u00e9formatrice et modernisatrice. Son obtention du Prix Nobel de la paix avait renforc\u00e9 cette image. M\u00eame apr\u00e8s la guerre d\u00e9vastatrice du Tigr\u00e9 entre 2020 et 2022 &#8211; qui a profond\u00e9ment terni la r\u00e9putation internationale d&rsquo;Abiy Ahmed &#8211; la France a maintenu son soutien politique et \u00e9conomique au gouvernement \u00e9thiopien.<\/p>\n<p class=\"story-body-text\" data-para-word-count=\"8\">La mer Rouge au coeur des calculs strat\u00e9giques<\/p>\n<p class=\"story-body-text\" data-para-word-count=\"128\">Derri\u00e8re les questions \u00e9conomiques, la visite r\u00e9v\u00e8le surtout une r\u00e9alit\u00e9 g\u00e9opolitique majeure : la bataille d&rsquo;influence autour de la mer Rouge. La France dispose d\u00e9j\u00e0 d&rsquo;une pr\u00e9sence militaire importante \u00e0 Djibouti, mais l&rsquo;instabilit\u00e9 r\u00e9gionale et la concurrence croissante (de la Russie ; la Chine ; la T\u00fcrkiye ; les \u00c9mirats arabes unis ; les \u00c9tats-Unis) poussent Paris \u00e0 renforcer ses partenariats r\u00e9gionaux. Depuis 2019, une coop\u00e9ration militaire franco-\u00e9thiopienne vise notamment \u00e0 reconstruire la marine \u00e9thiopienne&#8230; alors m\u00eame que le pays ne poss\u00e8de plus d&rsquo;acc\u00e8s direct \u00e0 la mer depuis l&rsquo;ind\u00e9pendance de l&rsquo;\u00c9rythr\u00e9e. Ce paradoxe r\u00e9v\u00e8le l&rsquo;importance strat\u00e9gique du dossier. L&rsquo;objectif fran\u00e7ais est double : s\u00e9curiser les routes maritimes autour du d\u00e9troit de Bab-el-Mandeb ; maintenir une pr\u00e9sence d&rsquo;influence dans l&rsquo;un des corridors commerciaux les plus sensibles du monde.<\/p>\n<p class=\"story-body-text\" data-para-word-count=\"5\">Une r\u00e9gion sous haute tension<\/p>\n<p class=\"story-body-text\" data-para-word-count=\"90\">Mais cette coop\u00e9ration militaire reste fragile. Depuis plusieurs mois, les tensions entre l&rsquo;\u00c9thiopie et l&rsquo;\u00c9rythr\u00e9e s&rsquo;intensifient autour de la question de l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la mer. Addis-Abeba revendique de plus en plus ouvertement un d\u00e9bouch\u00e9 maritime strat\u00e9gique, notamment autour du port \u00e9rythr\u00e9en d&rsquo;Assab. Dans les milieux diplomatiques r\u00e9gionaux, plusieurs observateurs redoutent d\u00e9sormais un risque r\u00e9el de nouvelle confrontation arm\u00e9e entre les deux voisins. Une telle escalade pourrait rapidement remettre en cause : la coop\u00e9ration militaire franco-\u00e9thiopienne ; les projets r\u00e9gionaux de stabilisation ; les ambitions fran\u00e7aises dans la Corne de l&rsquo;Afrique.<\/p>\n<p class=\"story-body-text\" data-para-word-count=\"5\">Dette, \u00e9nergie et influence \u00e9conomique<\/p>\n<p class=\"story-body-text\" data-para-word-count=\"53\">La visite de Macron en \u00c9thiopie s&rsquo;inscrit \u00e9galement dans la continuit\u00e9 du sommet Africa Forward de Nairobi, largement centr\u00e9 sur les investissements et les infrastructures. En f\u00e9vrier dernier, Paris et Addis-Abeba ont sign\u00e9 un accord de restructuration de la dette ; un programme de financement de 81 millions d&rsquo;euros ; plusieurs projets \u00e9nerg\u00e9tiques.<\/p>\n<p class=\"story-body-text\" data-para-word-count=\"39\">Selon les autorit\u00e9s \u00e9thiopiennes, les investissements fran\u00e7ais d\u00e9passent d\u00e9sormais 600 millions d&rsquo;euros dans le pays, dont plus de 300 millions dans l&rsquo;\u00e9nergie. L&rsquo;enjeu d\u00e9passe largement l&rsquo;\u00e9conomie. Dans la comp\u00e9tition mondiale actuelle, les investissements deviennent aussi des instruments d&rsquo;influence g\u00e9opolitique.<\/p>\n<p class=\"story-body-text\" data-para-word-count=\"7\">Paris tente de compenser ses revers sah\u00e9liens<\/p>\n<p class=\"story-body-text\" data-para-word-count=\"109\">Au fond, cette tourn\u00e9e africaine r\u00e9v\u00e8le surtout une transformation profonde de la politique africaine fran\u00e7aise. Pendant deux d\u00e9cennies, sa pr\u00e9sence sur le continent reposait largement sur le Sahel ; la coop\u00e9ration militaire ; les anciennes sph\u00e8res francophones. Or, cette architecture s&rsquo;est brutalement effondr\u00e9e : expulsions militaires ; mont\u00e9e des sentiments anti-fran\u00e7ais ; perc\u00e9e russe ; diversification des partenaires africains. Face \u00e0 cette r\u00e9alit\u00e9, Paris cherche d\u00e9sormais de nouveaux centres de gravit\u00e9 :Nairobi ; Addis-Abeba ; Lagos ; Johannesburg ; les hubs technologiques et logistiques anglophones. La France ne parle plus seulement s\u00e9curit\u00e9. Elle parle d\u00e9sormais : infrastructures ; intelligence artificielle ; transition \u00e9nerg\u00e9tique ; corridors commerciaux ; souverainet\u00e9 num\u00e9rique.<\/p>\n<p class=\"story-body-text\" data-para-word-count=\"7\">Derri\u00e8re le multilat\u00e9ralisme, la bataille des puissances<\/p>\n<p class=\"story-body-text\" data-para-word-count=\"97\">Le discours de Macron sur le multilat\u00e9ralisme \u00e0 Addis-Abeba intervient dans un contexte mondial particuli\u00e8rement tendu : guerre au Soudan ; crise s\u00e9curitaire au Sahel ; tensions en mer Rouge ; rivalit\u00e9s sino-occidentales ; fragmentation du syst\u00e8me international. Dans ce contexte, l&rsquo;Afrique devient l&rsquo;un des grands terrains de comp\u00e9tition strat\u00e9gique du XXIe si\u00e8cle. Et la France tente d\u00e9sormais d&rsquo;y pr\u00e9server son rang dans un environnement beaucoup plus concurrentiel qu&rsquo;auparavant. \u00c0 Addis-Abeba comme \u00e0 Nairobi, le constat semble d\u00e9sormais partag\u00e9 : l&rsquo;Afrique n&rsquo;est plus une p\u00e9riph\u00e9rie diplomatique. Elle devient l&rsquo;un des centres de gravit\u00e9 des nouvelles rivalit\u00e9s mondiales.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Entre Union africaine, mer Rouge et rivalit\u00e9s mondiales, la visite en \u00c9thiopie du pr\u00e9sident Emmanuel Macron r\u00e9v\u00e8le la&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":103552,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[158],"tags":[263,267,269,749,265,956,262,853,750,272,230,80,264,268,266,270],"class_list":{"0":"post-103551","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-ethiopie","8":"tag-africa","9":"tag-business","10":"tag-current-events","11":"tag-east-africa","12":"tag-economy","13":"tag-ethiopia","14":"tag-ethiopie","15":"tag-europe-and-africa","16":"tag-external-relations","17":"tag-governance","18":"tag-kenya","19":"tag-news","20":"tag-politics","21":"tag-sports","22":"tag-trade","23":"tag-travel"},"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116579382240062371","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/103551","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=103551"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/103551\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/103552"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=103551"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=103551"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=103551"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}