{"id":109785,"date":"2026-05-22T09:38:09","date_gmt":"2026-05-22T09:38:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/109785\/"},"modified":"2026-05-22T09:38:09","modified_gmt":"2026-05-22T09:38:09","slug":"rente-institutions-et-changement-en-algerie-une-sortie-du-regime-rentier-est-elle-possible","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/109785\/","title":{"rendered":"Rente, institutions et changement en Alg\u00e9rie : une sortie du r\u00e9gime rentier est-elle possible ?"},"content":{"rendered":"<p>Les \u00e9ditions Frantz Fanon <a href=\"https:\/\/twala.info\/fr\/a-chaud-actualite-algerienne\/sortir-de-la-rente-ou-limpossible-reforme-en-algerie\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">viennent de publier un livre<\/a> sur l\u2019\u00e9conomie alg\u00e9rienne sign\u00e9 par Samir Bellal, professeur \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Mouloud Mammeri. L\u2019auteur s\u2019est d\u00e9j\u00e0 fait conna\u00eetre par des \u00e9crits dont le th\u00e8me est la nature renti\u00e8re de l\u2019\u00e9conomie alg\u00e9rienne, observant qu\u2019elle est encastr\u00e9e dans un syst\u00e8me sociopolitique qui a sa propre rationalit\u00e9. Il explique par ailleurs pourquoi l\u2019\u00e9conomie politique classique n\u2019est pas op\u00e9ratoire dans l\u2019analyse de la sph\u00e8re des \u00e9changes en Alg\u00e9rie, rappelant que la science \u00e9conomique, \u00e0 la diff\u00e9rence de la physique, est une science dont l\u2019objet est l\u2019action humaine et non la nature.<\/p>\n<p>Il constate que l\u2019\u00e9tude de l\u2019\u00e9conomie alg\u00e9rienne convoque obligatoirement la sociologie politique, qui \u00e9claire le lien entre \u00e9conomie et politique dans un pays o\u00f9 l\u2019\u00c9tat est r\u00e9cent et encore en construction. Cette perspective am\u00e8ne l\u2019auteur \u00e0 \u00e9largir son analyse aux institutions et aux rapports d\u2019autorit\u00e9 qui, dans un sens ou un autre, influencent la logique de la sph\u00e8re des \u00e9changes.<\/p>\n<p>Il a eu recours \u00e0 des r\u00e9f\u00e9rences th\u00e9oriques qu\u2019il a trouv\u00e9es dans l\u2019\u00e9cole institutionnelle inspir\u00e9e par Douglas North et dans l\u2019\u00e9cole fran\u00e7aise de la r\u00e9gulation, Robert Boyer. Dans la premi\u00e8re, il retient que, dans les pays d\u00e9velopp\u00e9s, les institutions formelles et informelles sont en coh\u00e9rence avec les lois du march\u00e9, ne manquant pas, au passage, de souligner l\u2019aspect fonctionnaliste de l\u2019argumentation. Dans la seconde, il est attir\u00e9 par le concept de r\u00e9gulation, qui articule le rapport salarial, la monnaie, le mode d\u2019insertion internationale, le r\u00e9gime de concurrence et l\u2019\u00c9tat.<\/p>\n<p>Il conclut qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019\u00e9conomie, d\u00e9velopp\u00e9e ou non, sans r\u00e9gulation institutionnelle et politique. L\u2019\u00e9conomie est toujours li\u00e9e \u00e0 la politique, et nulle part elle ne produit des richesses dans un vide politique. Il y a cependant deux cas de figure : le cas o\u00f9 l\u2019\u00e9conomie impose sa logique au politique, et le cas o\u00f9 le politique impose la sienne \u00e0 l\u2019\u00e9conomie. Autrement dit, et pour paraphraser M. Harbi, en Occident, le march\u00e9 a son \u00c9tat, et en Alg\u00e9rie, l\u2019\u00c9tat a son march\u00e9.<\/p>\n<p>Le march\u00e9 est une construction socio-\u00e9conomique et non une donn\u00e9e naturelle<\/p>\n<p>Il convient cependant de pr\u00e9ciser le sens des mots utilis\u00e9s, notamment celui de march\u00e9, qui renvoie \u00e0 deux significations diff\u00e9rentes. La premi\u00e8re est celle de l\u2019\u00e9change des biens, qui a exist\u00e9 \u00e0 toutes les \u00e9poques, et la seconde renvoie \u00e0 un ensemble de lois qui d\u00e9terminent le prix des marchandises dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 la division sociale du travail se reproduit avec la logique capitaliste.<\/p>\n<p>Cette derni\u00e8re d\u00e9finition est celle de l\u2019\u00e9conomie politique fond\u00e9e par Adam Smith et David Ricardo, qui expliquent que, pour des raisons anthropologiques, les \u00e9changes sont guid\u00e9s par les int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s s\u2019opposant dans le cadre concurrentiel de l\u2019offre et de la demande. L\u2019int\u00e9r\u00eat priv\u00e9, mesur\u00e9 par les prix, est constitutif du march\u00e9 qui, articulant les multiples int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s, donne naissance \u00e0 l\u2019espace public o\u00f9 se forme la soci\u00e9t\u00e9 civile.<\/p>\n<p>Celle-ci se dote d\u2019un \u00c9tat dont la mission est de promulguer un droit qui emp\u00eache l\u2019implosion de la soci\u00e9t\u00e9 civile sous la pression des int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s antagoniques. Le march\u00e9 est un objet scientifique que Smith, Ricardo, et aussi la critique marxiste, ont construit pour percer le myst\u00e8re de la m\u00e9canique des prix de la marchandise cr\u00e9\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 civile.<\/p>\n<p>Marx rejoint Hegel pour souligner que l\u2019ossature de la soci\u00e9t\u00e9 civile, qui s\u2019organise \u00e9conomiquement en march\u00e9 et politiquement en \u00c9tat, est constitu\u00e9e par deux \u00e9l\u00e9ments antagoniques : la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e et le travail, c\u2019est-\u00e0-dire le capital et le salariat. L\u2019\u00c9tat est attentif \u00e0 la contradiction capital-travail, dont il craint qu\u2019elle ne bloque la production des richesses mat\u00e9rielles. Il accepte que les ouvriers aient des syndicats qui d\u00e9fendent le niveau de leur salaire r\u00e9el afin d\u2019assurer la reproduction de la force de travail et d\u2019\u00e9viter les \u00e9meutes urbaines de la faim.<\/p>\n<p>L\u2019\u00c9tat capitaliste tient \u00e0 la paix sociale n\u00e9cessaire \u00e0 la reproduction de la soci\u00e9t\u00e9 civile cr\u00e9atrice de richesses, dont une partie finan\u00e7ait, au XIXe si\u00e8cle, les conqu\u00eates coloniales. Pour Hegel, penseur par excellence de l\u2019ethnocentrisme europ\u00e9en, march\u00e9, soci\u00e9t\u00e9 civile et \u00c9tat de droit sont l\u2019\u0153uvre de la raison europ\u00e9enne, qui a atteint le stade de l\u2019universalit\u00e9, ce qui lui impose le devoir moral d\u2019int\u00e9grer \u00e0 son histoire, par la force s\u2019il le faut, les peuples arri\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<p>Il n\u2019est pas anodin que le livre fondateur de l\u2019\u00e9conomie politique ait pour titre La Richesse des nations, de Smith, qui a eu l\u2019intuition que le march\u00e9 sera mondial ou ne sera pas. L\u2019expansion europ\u00e9enne a mondialis\u00e9 la sph\u00e8re des \u00e9changes, imposant ses crit\u00e8res relatifs \u00e0 la productivit\u00e9 du travail et \u00e0 la rentabilit\u00e9 des capitaux. L\u2019histoire a \u00e9t\u00e9 unifi\u00e9e par l\u2019Europe capitaliste, au grand bonheur des h\u00e9g\u00e9liens, \u00e0 travers une division internationale du travail qui articulait un centre producteur de biens industriels \u00e0 une p\u00e9riph\u00e9rie exportatrice de mati\u00e8res premi\u00e8res.<\/p>\n<p>De ce point de vue, le march\u00e9 a <a href=\"https:\/\/twala.info\/fr\/societe\/mouton-aid-algerie-prix-filiere-ovine-semsars\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">une origine historique<\/a> et il n\u2019est pas une donn\u00e9e naturelle. Il est une construction socio-\u00e9conomique fa\u00e7onn\u00e9e par le rapport de force entre l\u2019\u00c9tat et les int\u00e9r\u00eats divergents \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la soci\u00e9t\u00e9. Il est n\u00e9cessaire de rappeler sa gen\u00e8se en Europe, o\u00f9 il est apparu avec l\u2019ascension de la bourgeoisie, qui avait impos\u00e9 \u00e0 la monarchie la fin des pratiques pr\u00e9datrices des seigneurs f\u00e9odaux.<\/p>\n<p>C\u2019est le sens du slogan \u00ab laissez-faire, laissez-passer \u00bb, qui a pav\u00e9 le chemin \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 des prix, o\u00f9 la part de la rente pr\u00e9datrice a \u00e9t\u00e9 \u00e9teinte, sauf la rente fonci\u00e8re, qualifi\u00e9e de revenu parasite. Interdire la rente fonci\u00e8re aurait entra\u00een\u00e9 l\u2019abolition de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e, ce que la soci\u00e9t\u00e9 civile ne pouvait se permettre.<\/p>\n<p>C\u2019est dans ce contexte historique qu\u2019est n\u00e9e l\u2019\u00e9conomie politique, qui a remplac\u00e9 la science des richesses li\u00e9e au mercantilisme et \u00e0 la physiocratie, qui recherchaient le prix juste des biens.<\/p>\n<p>Est-ce qu\u2019il y a une alternative \u00e0 ce syst\u00e8me qui s\u2019est mondialis\u00e9 d\u00e8s sa naissance ? L\u2019URSS et la Chine y avaient cru pendant plusieurs d\u00e9cennies avant d\u2019abandonner le projet d\u2019une \u00e9conomie parall\u00e8le \u00e0 celle de l\u2019Occident. Pour sortir de la domination occidentale, la Chine a choisi de la d\u00e9fier sur son terrain : l\u2019\u00e9conomie.<\/p>\n<p>Le populisme contre la soci\u00e9t\u00e9 civile<\/p>\n<p>C\u2019est ce que ne fait pas l\u2019Alg\u00e9rie, qui croit \u00e9chapper aux griffes de l\u2019\u00e9conomie mondiale, \u00e0 laquelle elle est int\u00e9gr\u00e9e par l\u2019exportation des hydrocarbures. D\u00e8s sa naissance, le r\u00e9gime alg\u00e9rien a \u00e9t\u00e9 hostile au syst\u00e8me capitaliste mondial, dont la France coloniale a \u00e9t\u00e9 l\u2019incarnation dans les colonies.<\/p>\n<p>Les militants du mouvement national percevaient avec raison le colonialisme comme un sous-produit du capitalisme, rejet\u00e9 pour des raisons subjectives, voire sentimentales. De l\u00e0 est n\u00e9e l\u2019utopie de se soustraire aux contraintes du march\u00e9 capitaliste pour mettre en place une \u00e9conomie o\u00f9 le capital et le travail ne s\u2019opposent pas et se r\u00e9partissent la richesse cr\u00e9\u00e9e \u00e0 l\u2019aide d\u2019un \u00ab prix juste \u00bb fix\u00e9 par l\u2019administration.<\/p>\n<p>Soup\u00e7onn\u00e9 de diviser la soci\u00e9t\u00e9 entre riches et pauvres, le capital priv\u00e9 suscitait la m\u00e9fiance, et c\u2019est ce qui explique la strat\u00e9gie de l\u2019\u00c9tat nouvellement ind\u00e9pendant, consistant \u00e0 emp\u00eacher la formation d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 civile form\u00e9e de classes antagonistes. Dans ce cas de figure historique et \u00e0 l\u2019inverse de l\u2019exp\u00e9rience europ\u00e9enne, ce n\u2019est pas la soci\u00e9t\u00e9 civile qui donna naissance \u00e0 l\u2019\u00c9tat. C\u2019est plut\u00f4t l\u2019\u00c9tat qui cherche \u00e0 cr\u00e9er une soci\u00e9t\u00e9 civile domestiqu\u00e9e et qui renonce \u00e0 toute autonomie politique.<\/p>\n<p>Le capital et le travail doivent se r\u00e9concilier dans l\u2019entreprise publique, o\u00f9 le patron est l\u2019\u00c9tat et le repr\u00e9sentant des travailleurs est aussi l\u2019\u00c9tat, qui se subordonne le syndicat ouvrier.<\/p>\n<p>C\u2019est avec cet arri\u00e8re-fond historico-th\u00e9orique, plus implicite qu\u2019explicite, que Bellal analyse la sph\u00e8re des \u00e9changes en Alg\u00e9rie, o\u00f9 il observe que, \u00e0 la diff\u00e9rence de la soci\u00e9t\u00e9 salariale occidentale \u00e9tudi\u00e9e par l\u2019\u00e9conomie institutionnelle et l\u2019\u00e9cole de la r\u00e9gulation, en Alg\u00e9rie, \u00ab les conflits de partage [\u2026] mettent en jeu non pas le capital et le travail, mais le propri\u00e9taire de la rente d\u2019un c\u00f4t\u00e9, l\u2019\u00c9tat, et les non-propri\u00e9taires de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 \u00bb (p. 40).<\/p>\n<p>Il observe que la rente \u00e9nerg\u00e9tique a fait de l\u2019\u00c9tat un acteur \u00e9conomique majeur et le principal employeur du pays. D\u2019o\u00f9 sa volont\u00e9 de substituer aux lois du march\u00e9 des lois politico-administratives cens\u00e9es prot\u00e9ger les revenus les plus modestes. Pour \u00eatre hostile au march\u00e9, il faut des ressources qui, dans le cas alg\u00e9rien, ont \u00e9t\u00e9 le populisme h\u00e9rit\u00e9 du mouvement national et la rente \u00e9nerg\u00e9tique issue d\u2019un accident g\u00e9ologique.<\/p>\n<p>C\u2019est comme si, en Alg\u00e9rie, l\u2019histoire et la g\u00e9ologie s\u2019\u00e9taient combin\u00e9es pour s\u2019opposer \u00e0 l\u2019\u00e9mergence d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 civile structur\u00e9e par la contradiction capital-travail. \u00c9conomiquement, l\u2019\u00c9tat rentier ne se pr\u00e9occupe pas de la productivit\u00e9 du travail, notamment dans les entreprises publiques d\u00e9ficitaires qu\u2019il subventionne. Id\u00e9ologiquement, l\u2019\u00c9tat populiste n\u2019accepte que \u00ab la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e non exploiteuse \u00bb, selon l\u2019expression consacr\u00e9e par la Charte nationale adopt\u00e9e par r\u00e9f\u00e9rendum populaire en 1976.<\/p>\n<p>\u00c0 elle seule, cette expression de \u00ab propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e non exploiteuse \u00bb r\u00e9sume les contradictions de la doctrine \u00e9conomique de l\u2019\u00c9tat, qui voulait limiter le capital priv\u00e9 aux activit\u00e9s commerciales et l\u2019emp\u00eacher d\u2019\u00e9voluer vers le stade industriel. Certains commentateurs de l\u2019\u00e9poque y ont vu l\u2019influence de l\u2019aile gauche marxiste du r\u00e9gime, alors que le populisme alg\u00e9rien est nourri par un \u00e9thos pr\u00e9capitaliste craignant que l\u2019Alg\u00e9rie ne donne naissance \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 moderne conflictuelle.<\/p>\n<p>Le populisme pr\u00e9f\u00e8re l\u2019unit\u00e9 de la communaut\u00e9 nationale soud\u00e9e par des symboles et des rituels, refusant le caract\u00e8re anthropologique de l\u2019homme guid\u00e9 par ses int\u00e9r\u00eats et la soif des richesses. Cette r\u00e9alit\u00e9, le populisme la cache avec des envol\u00e9es lyriques nationalistes. Le populisme ne veut pas d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 r\u00e9gul\u00e9e par le politico-juridique ; il pr\u00e9f\u00e8re une communaut\u00e9 nationale r\u00e9gul\u00e9e par l\u2019\u00e9thico-religieux, bloquant la transition de la solidarit\u00e9 m\u00e9canique des liens lignagers vers la solidarit\u00e9 organique de la division sociale du travail.<\/p>\n<p>L\u2019abrogation du pouvoir mon\u00e9taire de la Banque centrale et ses cons\u00e9quences<\/p>\n<p>La m\u00e9fiance vis-\u00e0-vis du capital priv\u00e9 est \u00e0 l\u2019origine d\u2019une strat\u00e9gie de d\u00e9veloppement qui cherchait \u00e0 se prot\u00e9ger de la logique du syst\u00e8me de prix international et que l\u2019\u00e9conomie subissait. Pour cela, l\u2019inconvertibilit\u00e9 du dinar a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e et la pr\u00e9rogative de la Banque centrale d\u2019\u00e9mettre des liquidit\u00e9s mon\u00e9taires a \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9e, d\u00e8s 1964, au minist\u00e8re des Finances. L\u2019\u00e9mission de la monnaie devait d\u00e9sormais se faire en fonction des besoins du budget de l\u2019\u00c9tat et non des besoins en liquidit\u00e9s des banques.<\/p>\n<p>Le gouvernement voulait disposer \u00e0 sa guise d\u2019un volume de capital mon\u00e9taire pour financer les projets de d\u00e9veloppement et les d\u00e9penses sociales. Ignorant les cons\u00e9quences de cette d\u00e9cision sur les \u00e9quilibres macro\u00e9conomiques, les dirigeants semblaient croire que la monnaie est une richesse en soi, alors qu\u2019elle n\u2019est qu\u2019un instrument d\u2019\u00e9change. Ils ne percevaient pas le rapport entre le niveau des prix des biens et le volume de la monnaie en circulation.<\/p>\n<p>Les hauts fonctionnaires des minist\u00e8res de l\u2019\u00c9conomie \u00e9taient conscients de ce d\u00e9s\u00e9quilibre, selon les \u00e9crits de Ghazi Hidouci, ancien ministre de l\u2019\u00c9conomie, mais ils recevaient des instructions des dirigeants politiques pour passer outre le souci de pr\u00e9server les \u00e9quilibres macro\u00e9conomiques. Ces m\u00eames dirigeants ne se rendaient pas compte, par ailleurs, qu\u2019en accaparant le pouvoir mon\u00e9taire de la Banque centrale, ils allaient supprimer une des contraintes qui obligent \u00e0 la rationalit\u00e9 du calcul \u00e9conomique.<\/p>\n<p>En multipliant, en effet, les signes mon\u00e9taires sans aucun lien avec le volume des biens et services, ils ont lib\u00e9r\u00e9 une dynamique inflationniste qui a port\u00e9 atteinte au pouvoir d\u2019achat de la monnaie et r\u00e9duit sa capacit\u00e9 d\u2019\u00e9change avec le march\u00e9 ext\u00e9rieur. Au fil des ans, <a href=\"https:\/\/twala.info\/fr\/a-chaud-actualite-algerienne\/banque-dalgerie-changer-laiguille-sans-reparer-la-boussole\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">la sph\u00e8re des \u00e9changes<\/a> a \u00e9t\u00e9 inond\u00e9e par une masse mon\u00e9taire sans \u00e9quivalent avec le volume de biens et services en circulation.<\/p>\n<p>La d\u00e9connexion avec le syst\u00e8me de prix international<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9quilibre du budget de l\u2019\u00c9tat d\u00e9pend essentiellement de la rente \u00e9nerg\u00e9tique qui, lorsque le prix des hydrocarbures sur le march\u00e9 international est \u00e9lev\u00e9, alimente une r\u00e9serve de change qui a \u00e9t\u00e9 de pr\u00e8s de 200 milliards de dollars en 2014. Mais d\u00e8s que le prix des hydrocarbures est \u00e0 la baisse, la r\u00e9serve de change baisse drastiquement et le gouvernement recourt \u00e0 la d\u00e9valuation, qui permet d\u2019avoir plus de dinars avec la m\u00eame somme en dollars.<\/p>\n<p>En g\u00e9n\u00e9ral, la d\u00e9valuation est une technique destin\u00e9e \u00e0 rendre les produits moins chers \u00e0 l\u2019exportation. Par exemple, un dollar d\u00e9valu\u00e9 par rapport \u00e0 l\u2019euro favorise Boeing dans sa comp\u00e9tition avec Airbus. Mais la d\u00e9valuation en Alg\u00e9rie ne sert pas \u00e0 exporter plus de produits locaux, sinon de fa\u00e7on tr\u00e8s marginale. Les exportations hors hydrocarbures \u00e9tant faibles, elle provoque une hausse des prix des produits import\u00e9s, ce qui entra\u00eene une diminution du pouvoir d\u2019achat des consommateurs. Elle est, dans ce cas, un transfert cach\u00e9 ou un imp\u00f4t d\u00e9guis\u00e9 qui amoindrit le pouvoir d\u2019achat.<\/p>\n<p>Un cercle vicieux se met en place, qui s\u2019auto-alimente et \u00e9largit le foss\u00e9 entre les prix du march\u00e9 international et le pouvoir d\u2019achat du salaire moyen, d\u2019o\u00f9 la mesure indispensable de subventionner les biens de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9 import\u00e9s comme la semoule, l\u2019huile de table, le sucre, le caf\u00e9, etc., vendus sur le march\u00e9 int\u00e9rieur \u00e0 un prix inf\u00e9rieur \u00e0 celui du march\u00e9 international.<\/p>\n<p>Se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 des chiffres officiels, Bellal constate que \u00ab l\u2019\u00c9tat consacre des sommes consid\u00e9rables aux subventions directes ou indirectes, financ\u00e9es par le budget de l\u2019\u00c9tat sous forme de transferts sociaux. Ainsi, les subventions cibl\u00e9es, habitat, sant\u00e9, etc., et les subventions g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es, subventions des prix des produits de base, des produits alimentaires et \u00e9nerg\u00e9tiques et de l\u2019eau, repr\u00e9sentent une part consid\u00e9rable des d\u00e9penses de l\u2019\u00c9tat. En 2023, ces transferts repr\u00e9sentent en gros un quart du PIB, soit l\u2019\u00e9quivalent de 35 milliards de dollars \u00bb (p. 77).<\/p>\n<p>La presse nationale se fait l\u2019\u00e9cho de ce fardeau budg\u00e9taire, sur lequel des membres du gouvernement s\u2019expriment pour envisager des r\u00e9formes. Des \u00e9conomistes port\u00e9s sur la litt\u00e9rature n\u00e9olib\u00e9rale du FMI sugg\u00e8rent de pratiquer la v\u00e9rit\u00e9 des prix, excluant cependant de celle-ci le salaire. Le salaire est le prix structurant du syst\u00e8me de prix. Le calcul rationnel du march\u00e9 capitaliste repose sur le prix de la force de travail, qui a une influence d\u00e9terminante dans la sph\u00e8re des \u00e9changes \u00e0 travers le pouvoir d\u2019achat, lequel constitue la demande effective, avec le capital, qui r\u00e9alise l\u2019offre.<\/p>\n<p>La science \u00e9conomique est la science des prix qui forment un syst\u00e8me que L\u00e9on Walras a saisi dans une matrice o\u00f9 toutes les variables sont interd\u00e9pendantes. Dans le prix de l\u2019acier qui sort de l\u2019usine, il y a le prix de la viande que consomment l\u2019ouvrier et sa famille pour la reproduction de la force de travail. Si les prix du pain, du sucre, du caf\u00e9\u2026 devaient augmenter, celui de la force de travail, le salaire, devrait aussi augmenter dans les m\u00eames proportions. Pour les experts du FMI, le prix de la baguette de pain est une variable technique, mais pour le consommateur au faible revenu, il est le moyen qui \u00e9loigne ou rapproche de la famine.<\/p>\n<p>Le secteur informel, enfant ill\u00e9gitime de l\u2019\u00c9tat<\/p>\n<p>Reprenant une phrase du philosophe Francis Bacon au sujet de la nature, L\u00e9on Walras disait qu\u2019on commande le syst\u00e8me de prix en lui ob\u00e9issant. C\u2019est parce qu\u2019il n\u2019a pas ob\u00e9i \u00e0 sa logique que l\u2019\u00c9tat, en Alg\u00e9rie, ne ma\u00eetrise pas le syst\u00e8me des prix, qui s\u2019est veng\u00e9. Il a divis\u00e9 la sph\u00e8re des \u00e9changes en deux secteurs : un secteur formel li\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00c9tat et financ\u00e9 par la rente \u00e9nerg\u00e9tique, et un secteur informel li\u00e9 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9, captant et consommant une grande partie de cette rente \u00e9nerg\u00e9tique.<\/p>\n<p>Ce ne sont pas deux secteurs juxtapos\u00e9s qui s\u2019ignorent. Au contraire, ils sont organiquement li\u00e9s par des transferts de valeur en raison de la diff\u00e9rence de leurs prix respectifs pour un m\u00eame bien. Par exemple, un bien foncier p\u00e9riurbain acquis par un particulier aupr\u00e8s de l\u2019administration \u00e0 1 million de dinars est revendu \u00e0 20 millions de dinars dans le secteur informel. C\u2019est ainsi que des hauts fonctionnaires de l\u2019\u00c9tat et des membres de leurs familles accumulent des fortunes mon\u00e9taires colossales.<\/p>\n<p>Il en est de m\u00eame du march\u00e9 des devises, dont les parit\u00e9s \u00e0 la banque et au Square Port-Sa\u00efd sont diff\u00e9rentes. Un importateur priv\u00e9 qui surfacture des marchandises avec la complaisance d\u2019officiers des douanes \u00e9coule sur le march\u00e9 parall\u00e8le une partie des devises obtenues \u00e0 la banque. Il r\u00e9alisera une plus-value qui aura des effets \u00e0 la hausse sur les prix du march\u00e9 national. Il y a aussi les r\u00e9seaux de contrebande qui revendent \u00e0 l\u2019\u00e9tranger les produits de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9 dont les prix sont inf\u00e9rieurs \u00e0 ceux pratiqu\u00e9s dans les pays voisins.<\/p>\n<p>Le secteur informel est l\u2019enfant ill\u00e9gitime de l\u2019\u00c9tat, qui ne le reconna\u00eet pas, mais ne le renie pas non plus, car il est indispensable au maintien de la paix sociale. Il procure, en effet, des centaines de milliers d\u2019emplois et fournit des services indispensables \u00e0 la vie sociale et \u00e9conomique.<\/p>\n<p>Les deux secteurs pr\u00e9sentent par ailleurs deux logiques pr\u00e9capitalistes diff\u00e9rentes. Le premier, li\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00c9tat, est physiocratique, consid\u00e9rant que la richesse provient du sol et du sous-sol ; le second, li\u00e9 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9, est mercantiliste, consid\u00e9rant que la richesse provient du commerce. Ils ont cependant un point commun : ils tournent tous deux le dos \u00e0 la pratique de l\u2019\u00e9conomie qui \u00e9rige le travail comme source de richesses.<\/p>\n<p>Les pratiques mercantilistes de la soci\u00e9t\u00e9 ont-elles favoris\u00e9 la propagation de la religiosit\u00e9 m\u00e9di\u00e9vale dans l\u2019espace public ?<\/p>\n<p>Le dinar est-il sur\u00e9valu\u00e9 ?<\/p>\n<p>La parit\u00e9 du dinar est-elle forte ou faible ? Bellal estime qu\u2019elle est forte, mais il n\u2019indique pas le niveau o\u00f9 elle devrait se situer par rapport au dollar, la monnaie internationale. Il souhaite explicitement que le dinar soit d\u00e9valu\u00e9 pour faire diminuer les importations afin d\u2019\u00e9quilibrer la balance du commerce ext\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Faudra-t-il alors revenir au monopole de l\u2019\u00c9tat sur le commerce ext\u00e9rieur pour compresser les importations ? Est-il possible de les compresser sans cr\u00e9er des p\u00e9nuries qui profiteront aux sp\u00e9culateurs du secteur informel ? Il semblerait qu\u2019une politique mon\u00e9tariste ne sera pas efficace pour r\u00e9soudre les probl\u00e8mes de l\u2019\u00e9conomie alg\u00e9rienne, qui subit un d\u00e9ficit structurel de la balance du commerce ext\u00e9rieur.<\/p>\n<p>La parit\u00e9 d\u2019une monnaie est un indicateur objectif de la capacit\u00e9 d\u2019un pays \u00e0 \u00e9quilibrer son commerce ext\u00e9rieur ; son niveau d\u00e9pend de la valeur des exportations qui paie la valeur des importations. En Alg\u00e9rie, le niveau de la parit\u00e9 est li\u00e9 aux revenus issus de l\u2019exportation des hydrocarbures. Or, \u00e0 l\u2019exception de certaines courtes p\u00e9riodes, l\u2019exportation des hydrocarbures n\u2019arrive pas \u00e0 couvrir les d\u00e9penses li\u00e9es \u00e0 l\u2019importation. Les autorit\u00e9s recourent alors \u00e0 la d\u00e9valuation, qui \u00e9carte de la consommation les couches sociales \u00e0 faible revenu.<\/p>\n<p>Par exemple, un dinar fort permet d\u2019acheter une voiture fran\u00e7aise, un mouton roumain, un pneu espagnol, un t\u00e9l\u00e9phone portable chinois, etc. Un dinar faible emp\u00eacherait certains consommateurs potentiels d\u2019acqu\u00e9rir ces biens. La parit\u00e9 permet au consommateur de franchir, ou de ne pas franchir, le mur entre le march\u00e9 ext\u00e9rieur et le march\u00e9 int\u00e9rieur.<\/p>\n<p>La solution n\u2019est pas le changement de la parit\u00e9, car il y a un minimum en de\u00e7\u00e0 duquel elle ne peut descendre au risque d\u2019affamer une partie de la population. Le dinar alg\u00e9rien n\u2019est pas sur\u00e9valu\u00e9 ; il a juste atteint un niveau en de\u00e7\u00e0 duquel il ne peut descendre pour des raisons sociales et politiques.<\/p>\n<p>La solution est de permettre au capital priv\u00e9 de d\u00e9passer le stade mercantiliste pour entrer dans le stade manufacturier. \u00c0 cette fin, il faudra ren\u00e9gocier tous les accords de libre-\u00e9change avec l\u2019Union europ\u00e9enne et permettre au capital priv\u00e9 national de reconqu\u00e9rir le march\u00e9 domestique. Il y a un pays qui a r\u00e9ussi dans cette voie, et c\u2019est la Chine.<\/p>\n<p>Un syst\u00e8me d\u00e9sincarn\u00e9 incapable de se r\u00e9former de l\u2019int\u00e9rieur<\/p>\n<p>Comme son coll\u00e8gue Mourad Ouchichi, de l\u2019universit\u00e9 Abderrahmane Mira, qui vient de publier Political Economy of Algeria. Extractivism, Rents and Populism, Routledge, Londres, 2026, Bellal souligne la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9former une \u00e9conomie qui consomme plus qu\u2019elle ne produit et de la doter d\u2019institutions qui aident l\u2019offre locale \u00e0 affronter la concurrence internationale.<\/p>\n<p>Toute la probl\u00e9matique du livre repose sur la n\u00e9cessit\u00e9 de faire passer la rente \u00e9nerg\u00e9tique du statut de valeur d\u2019usage \u00e0 destination de la consommation au statut de valeur d\u2019\u00e9change \u00e0 destination de l\u2019accumulation, afin de mettre fin \u00e0 ce qui est appel\u00e9 \u00ab l\u2019intoxication p\u00e9troli\u00e8re \u00bb. Il observe qu\u2019il y a une volont\u00e9 de r\u00e9forme chez les dirigeants, mais qu\u2019ils n\u2019arrivent pas \u00e0 la traduire en actes de crainte de payer un prix politique fort (p. 158).<\/p>\n<p>C\u2019est comme si le syst\u00e8me socio-\u00e9conomique, mis en place depuis l\u2019ind\u00e9pendance, \u00e9tait devenu r\u00e9fractaire \u00e0 tout changement, renforc\u00e9 par une logique servant les int\u00e9r\u00eats aussi bien \u00e9conomiques que politiques \u00e0 diff\u00e9rents \u00e9chelons de la soci\u00e9t\u00e9 et de l\u2019\u00c9tat.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9pend de l\u2019\u00c9tat pour ses besoins mat\u00e9riels et l\u2019\u00c9tat d\u00e9pend de l\u2019exportation des hydrocarbures, dont il ne ma\u00eetrise pas le prix sur le march\u00e9 international. Quand celui-ci baisse, l\u2019\u00c9tat est mis en difficult\u00e9 et <a href=\"https:\/\/twala.info\/fr\/business\/algerie-croissance-chomage-jeunes-emploi-qualifie\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">n\u2019arrive pas \u00e0 jouer son r\u00f4le de protecteur<\/a> des revenus faibles. Les \u00e9meutes d\u00e9chirent la paix sociale si le pacte est rompu et l\u2019\u00c9tat menace de r\u00e9primer.<\/p>\n<p>Ce rapport complexe et fragile entre la soci\u00e9t\u00e9 et l\u2019\u00c9tat fait partie des rapports d\u2019autorit\u00e9 qui ont construit un syst\u00e8me qui s\u2019impose aux dirigeants. Ils lui ob\u00e9issent plus qu\u2019il ne leur ob\u00e9it. Ils savent que le syst\u00e8me n\u2019est pas viable dans le long terme, mais ils pr\u00e9f\u00e8rent reporter \u00e0 un futur lointain la rupture n\u00e9cessaire, car, comme le dit J.M. Keynes, dans le long terme, <a href=\"https:\/\/shs.cairn.info\/publications-de-lahouari-addi--6097?lang=fr\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">nous serons tous morts<\/a>.<\/p>\n<p>Un syst\u00e8me ne change que si les contradictions qui le minent risquent de le paralyser, ce qui n\u2019est pas le cas aujourd\u2019hui pour l\u2019Alg\u00e9rie, gr\u00e2ce aux revenus tir\u00e9s des hydrocarbures. La situation est certes pr\u00e9occupante, mais, gr\u00e2ce \u00e0 la rente \u00e9nerg\u00e9tique qui finance des d\u00e9penses sociales \u00e0 hauteur du tiers du PIB, elle est supportable. C\u2019est ce qu\u2019on appelle acheter la paix sociale, et il est vrai qu\u2019il vaut mieux \u00eatre pauvre en Alg\u00e9rie qu\u2019au Maroc. Il est aussi vrai qu\u2019il vaut mieux appartenir \u00e0 la classe moyenne au Maroc qu\u2019en Alg\u00e9rie.<\/p>\n<p>Les d\u00e9cideurs semblent dire : \u00ab Laissons les contradictions m\u00fbrir et nous verrons plus tard. \u00bb Ils ne veulent pas changer le syst\u00e8me parce qu\u2019ils ne peuvent pas le changer de l\u2019int\u00e9rieur. Deux opportunit\u00e9s historiques de changement ont eu lieu et toutes deux ont \u00e9chou\u00e9. Les \u00e9meutes d\u2019Octobre 1988 ont \u00e9t\u00e9 suivies par les r\u00e9formes du gouvernement Hamrouche, qui a \u00e9t\u00e9 cong\u00e9di\u00e9 par la hi\u00e9rarchie militaire apr\u00e8s deux ans d\u2019exercice, et le Hirak, en 2019, qui a voulu remettre au centre du jeu politique les partis, ce que la hi\u00e9rarchie militaire a refus\u00e9.<\/p>\n<p>En 1988, le r\u00e9gime avait accept\u00e9 la critique publique du pouvoir formel ; en 2019, il avait refus\u00e9 que les partis exercent le pouvoir r\u00e9el apr\u00e8s \u00e9lections.<\/p>\n<p>Samir Bellal devrait \u00eatre invit\u00e9 par les partis politiques, les syndicats, les organisations professionnelles ainsi que les associations de la soci\u00e9t\u00e9 civile et les corps interm\u00e9diaires pour discuter du contenu de son livre. Si le th\u00e8me du rapport entre la soci\u00e9t\u00e9 et l\u2019\u00c9tat entre dans le d\u00e9bat public, une prise de conscience collective pourrait \u00e9merger, faisant passer les acteurs, gouvernants et gouvern\u00e9s, qui ob\u00e9issent \u00e0 un syst\u00e8me et le subissent, en sujets historiques capables de le transformer par des voies pacifiques.<\/p>\n<p>Sur le m\u00eame sujet        <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Les \u00e9ditions Frantz Fanon viennent de publier un livre sur l\u2019\u00e9conomie alg\u00e9rienne sign\u00e9 par Samir Bellal, professeur \u00e0&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":109786,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[85],"tags":[116,332,29439,21447,38477,567,461,38478,38479,38480,6611,7702],"class_list":["post-109785","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-algerie","tag-algerie","tag-banque-centrale","tag-dinar","tag-economie-algerienne","tag-etat-algerien","tag-hydrocarbures","tag-marche","tag-regime-rentier","tag-rente-energetique","tag-secteur-informel","tag-societe-civile","tag-subventions"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116617563941035189","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/109785","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=109785"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/109785\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/109786"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=109785"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=109785"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=109785"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}