{"id":114260,"date":"2026-05-27T17:57:13","date_gmt":"2026-05-27T17:57:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/114260\/"},"modified":"2026-05-27T17:57:13","modified_gmt":"2026-05-27T17:57:13","slug":"au-ghana-la-flambee-de-lor-fragilise-le-sud-africain-gold-fields","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/114260\/","title":{"rendered":"Au Ghana, la flamb\u00e9e de l\u2019or fragilise le sud-africain Gold Fields"},"content":{"rendered":"<p>La hausse de l&rsquo;or g\u00e9n\u00e8re des revenus records pour les compagnies mini\u00e8res op\u00e9rant en Afrique de l&rsquo;Ouest, mais elle a aussi raviv\u00e9 partout l&rsquo;exigence d&rsquo;un partage plus \u00e9quitable de la rente. Le sud-africain Gold Fields est confront\u00e9 \u00e0 cette \u00e9quation au Ghana, leader africain de la production d\u2019or.<\/p>\n<p>Le gouvernement ghan\u00e9en ne renouvellera pas automatiquement le bail minier de Gold Fields sur la mine de Tarkwa. C&rsquo;est ce qu&rsquo;a confirm\u00e9, lundi 26 mai, Isaac Andrews Tandoh, patron du r\u00e9gulateur minier (Minerals Commission), un peu plus d\u2019un an apr\u00e8s que la compagnie sud-africaine s\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 vu refuser le renouvellement du bail de sa seconde mine dans le pays.<\/p>\n<p>Pr\u00e9sente depuis plus de trois d\u00e9cennies au Ghana, Gold Fields s\u2019est retrouv\u00e9e, en moins de deux ans, dans une position d\u00e9licate, alors que l\u2019envol\u00e9e des prix de l\u2019or a raviv\u00e9 les d\u00e9bats sur la captation de la rente mini\u00e8re dans plusieurs pays ouest-africains.<\/p>\n<p>Actif dans le secteur aurif\u00e8re ghan\u00e9en depuis 1993, le groupe cot\u00e9 \u00e0 Johannesburg a b\u00e2ti deux des plus grands sites aurif\u00e8res du pays. Tarkwa seule a produit 427 000 onces en 2025, soit environ 17,6% de la production attribuable totale du groupe (2,43 millions d&rsquo;onces), avec une dur\u00e9e de vie estim\u00e9e \u00e0 17 ans. Jusqu\u2019en avril dernier, Damang \u00e9tait la seconde mine de Gold Fields au Ghana. Mise en service en 1997, elle est arriv\u00e9e en fin de vie ces derni\u00e8res ann\u00e9es, avec une production totale pass\u00e9e de 230 000 onces en 2022 \u00e0 97 500 onces l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re.<\/p>\n<p>Alors que son bail expirait en avril 2025, Gold Fields a sollicit\u00e9 un renouvellement qui a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9, avec un moratoire d\u2019un an offert \u00e0 la compagnie par l\u2019Etat. Accra a donc repris le contr\u00f4le de l\u2019actif \u00e0 la fin de cette prolongation d\u2019un an avant de s\u00e9lectionner la soci\u00e9t\u00e9 locale Engineers &amp; Planners pour en assurer la relance. Le gouvernement a justifi\u00e9 ce choix par la volont\u00e9 de maintenir l\u2019activit\u00e9 et renforcer la participation locale dans l\u2019industrie mini\u00e8re.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Juste\u00a0\u00bb partage de la rente mini\u00e8re &#13;\n<\/p>\n<p>Apr\u00e8s Damang et la question du contenu local, c\u2019est le dossier Tarkwa qui cristallise d\u00e9sormais un d\u00e9bat plus large sur la place des compagnies \u00e9trang\u00e8res dans l\u2019exploitation de l\u2019or ghan\u00e9en. Plusieurs organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile et groupes communautaires ont appel\u00e9 le gouvernement \u00e0 ne pas renouveler le bail de Gold Fields, estimant que les b\u00e9n\u00e9fices tir\u00e9s de la mine n\u2019ont pas suffisamment profit\u00e9 aux communaut\u00e9s locales. Le think tank ghan\u00e9en Institute of Economic Affairs (IEA) est all\u00e9 plus loin en pr\u00e9sentant l\u2019expiration du bail (en avril 2027) comme une occasion de renforcer la participation ghan\u00e9enne dans un secteur strat\u00e9gique.<\/p>\n<p>NewsletterMa Tribune<\/p>\n<p class=\"text-2xl mb-8\">L\u2019actualit\u00e9 qui compte pour vous, chaque jour dans votre bo\u00eete mail.<\/p>\n<p>S&rsquo;inscrireS&rsquo;inscrireS&rsquo;inscrire<img alt=\"Illustration de la newsletter Ma Tribune\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-nimg=\"fill\" class=\"relative! rounded-xl\" style=\"position:absolute;height:100%;width:100%;left:0;top:0;right:0;bottom:0;object-fit:cover;color:transparent\"   src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/1775746687_775_ma-tribune.png\"\/><\/p>\n<p>Cette contestation intervient dans un contexte particulier. Avec des cours de l\u2019or \u00e0 des niveaux historiquement \u00e9lev\u00e9s, la question des retomb\u00e9es pour les pays producteurs revient au centre du d\u00e9bat public au Ghana, comme dans d\u2019autres pays ouest-africains, notamment au Mali et en C\u00f4te d\u2019Ivoire. Pour Accra, il ne s\u2019agit plus seulement d\u2019attirer des investisseurs capables d\u2019exploiter les gisements, mais de s\u2019assurer que la hausse des prix se traduit par davantage de recettes publiques, d\u2019emplois et de valeur ajout\u00e9e locale.<\/p>\n<p>Le nouveau r\u00e9gime de redevances mini\u00e8res s\u2019inscrit dans cette logique. Le Ghana a d\u00e9cid\u00e9 cette ann\u00e9e de remplacer le taux fixe de 5% par un m\u00e9canisme progressif, li\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9volution des prix de l\u2019or. Selon les \u00e9l\u00e9ments communiqu\u00e9s par les autorit\u00e9s, le taux pourrait monter jusqu\u2019\u00e0 12% lorsque l\u2019once atteint 4 500 dollars, seuil autour duquel se n\u00e9gocie actuellement le m\u00e9tal jaune, apr\u00e8s une hausse d\u2019environ 70% en 2025. Pour les autorit\u00e9s, cette r\u00e9forme corrige une faiblesse ancienne du syst\u00e8me fiscal minier, qui permettait aux compagnies de b\u00e9n\u00e9ficier pleinement des p\u00e9riodes de boom sans ajustement proportionnel des revenus publics.<\/p>\n<p>Climat des affaires menac\u00e9\u00a0?&#13;\n<\/p>\n<p>La volont\u00e9 d\u2019Accra de reprendre davantage la main sur le secteur minier suscite aussi des inqui\u00e9tudes dans l\u2019industrie. La Chambre des Mines du Ghana redoute qu\u2019une pression fiscale plus forte, combin\u00e9e aux incertitudes sur les renouvellements de permis, ne d\u00e9grade la perception du pays aupr\u00e8s des investisseurs. Son argument est que la comp\u00e9titivit\u00e9 mini\u00e8re ne d\u00e9pend pas seulement de la richesse du sous-sol, mais aussi de la pr\u00e9visibilit\u00e9 r\u00e9glementaire, de la s\u00e9curit\u00e9 des titres et de la capacit\u00e9 des op\u00e9rateurs \u00e0 planifier des investissements lourds sur plusieurs d\u00e9cennies.<\/p>\n<p>Alors que l\u2019IEA plaide pour un passage de Tarkwa sous contr\u00f4le ghan\u00e9en, comme avec Damang, la Chambre a r\u00e9pondu en rappelant que la p\u00e9riode de nationalisation qui avait pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 l&rsquo;arriv\u00e9e des grands groupes \u00e9trangers dans les ann\u00e9es 1980 avait co\u00efncid\u00e9 avec une forte d\u00e9gradation de la production et de l&rsquo;investissement dans le secteur. Contrairement \u00e0 Damang, Tarkwa n\u2019est pas une mine en fin de cycle et un refus de renouvellement pourrait s\u2019av\u00e9rer plus difficile \u00e0 g\u00e9rer aussi bien pour Gold Fields que pour l\u2019Etat ghan\u00e9en, expos\u00e9 \u00e0 un risque de contestation judiciaire.<\/p>\n<p>Le ministre des Terres et des Ressources naturelles, Emmanuel Armah-Kofi Buah, assure que le gouvernement ne poursuit pas une politique de nationalisation syst\u00e9matique, mais entend s\u00e9lectionner des partenaires capables de renforcer l&rsquo;expertise locale et de cr\u00e9er des retomb\u00e9es durables pour les communaut\u00e9s d&rsquo;accueil. L\u2019issue des n\u00e9gociations sur Tarkwa pourrait donc fixer le nouveau cadre dans lequel les grands groupes miniers \u00e9trangers maintiendront, ou non, leur pr\u00e9sence au Ghana dans les prochaines ann\u00e9es.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"La hausse de l&rsquo;or g\u00e9n\u00e8re des revenus records pour les compagnies mini\u00e8res op\u00e9rant en Afrique de l&rsquo;Ouest, mais&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":114261,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[123],"tags":[58,140,39436,15767,23980,278,16340,1151,59,537],"class_list":["post-114260","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-afrique-du-sud","tag-58","tag-afrique-du-sud","tag-fields","tag-flambee","tag-fragilise","tag-ghana","tag-gold","tag-lor","tag-la-tribune-afrique","tag-sud-africain"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116647837364790926","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/114260","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=114260"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/114260\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/114261"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=114260"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=114260"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=114260"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}