{"id":116594,"date":"2026-05-30T16:01:08","date_gmt":"2026-05-30T16:01:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/116594\/"},"modified":"2026-05-30T16:01:08","modified_gmt":"2026-05-30T16:01:08","slug":"icone-suisse-laromat-est-devenu-un-incontournable-en-afrique-du-sud","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/116594\/","title":{"rendered":"Ic\u00f4ne suisse, l&rsquo;Aromat est devenu un incontournable en Afrique du Sud"},"content":{"rendered":"<p>Menac\u00e9 en Suisse, l&rsquo;Aromat s&rsquo;est impos\u00e9 en Afrique du Sud depuis des d\u00e9cennies, sur les \u00e9tals de rue comme dans les cuisines familiales. Reportage au Cap, o\u00f9 ce m\u00e9lange d&rsquo;\u00e9pices a trouv\u00e9 une nouvelle patrie.<\/p>\n<p>L&rsquo;Aromat embaume l&rsquo;air, m\u00eal\u00e9 aux odeurs de viande grill\u00e9e et d&rsquo;\u00e9pis de ma\u00efs r\u00f4tis. La fum\u00e9e du charbon se confond avec la poussi\u00e8re soulev\u00e9e par les taxis-minibus sur Washington Street. Il est midi \u00e0 Langa, le plus ancien township du Cap, en Afrique du Sud. Au \u00ab\u00a0Jordan Ways of Cooking\u00a0\u00bb, les basses de l&rsquo;amapiano font vibrer les murs. Dans la cuisine, entre casseroles, couteaux et louches, tr\u00f4ne un seau en plastique jaune. Un kilo d&rsquo;Aromat.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0\u00c0 vrai dire, je n&rsquo;en aurais pas besoin\u00a0\u00bb, confie Ntlalo Jordan. \u00c0 35 ans, ce chef a travaill\u00e9 dans des \u00e9tablissements cinq \u00e9toiles \u00e0 Duba\u00ef, au Lib\u00e9ria et au Soudan avant de r\u00e9aliser ici son r\u00eave d&rsquo;ouvrir son propre restaurant. Les \u00e9pices fra\u00eeches sont sa sp\u00e9cialit\u00e9, et il pr\u00e9pare lui-m\u00eame ses marinades. \u00ab\u00a0Mais les clients en demandent. Alors on en a.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Cent m\u00e8tres plus loin, une baraque en t\u00f4le transform\u00e9e en kiosque propose saucisses, burgers et grillades depuis t\u00f4t le matin. Au centre du comptoir, bien en \u00e9vidence \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;un carton d&rsquo;\u0153ufs, une bo\u00eete jaune: de l&rsquo;Aromat. Sur l&#8217;emballage, aucun signe du petit lutin rouge \u00ab\u00a0Knorrli\u00a0\u00bb, la mascotte du fabricant Knorr. \u00c0 sa place, on peut lire la mention \u00ab\u00a0produit fabriqu\u00e9 en Afrique du Sud\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Bient\u00f4t la fin de la production en Suisse?<\/p>\n<p>\u00c0 9000 kilom\u00e8tres de l\u00e0, en Suisse, cette m\u00eame petite bo\u00eete est devenue un enjeu politique. Fin mars, la maison m\u00e8re de Knorr, Unilever, a annonc\u00e9 vouloir c\u00e9der sa division alimentaire au groupe am\u00e9ricain d&rsquo;\u00e9pices McCormick. La nouvelle a d\u00e9clench\u00e9 un d\u00e9bat identitaire au sein des fronti\u00e8res du pays.<\/p>\n<p>Les m\u00e9dias ont \u00e9voqu\u00e9 une \u00ab\u00a0\u00e9pice nationale suisse\u00a0\u00bb ne devant pas \u00ab\u00a0tomber entre les mains am\u00e9ricaines\u00a0\u00bb. Une p\u00e9tition intitul\u00e9e \u00ab\u00a0Aromat gh\u00f6rt dr Schwiiz\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0l&rsquo;Aromat appartient \u00e0 la Suisse\u00a0\u00bb) a recueilli plus de 15&rsquo;000 signatures depuis son lancement \u00e0 la fin mars.<\/p>\n<p>Quelque 3000 tonnes du m\u00e9lange sont encore produites chaque ann\u00e9e \u00e0 Thayngen, un village du canton de Schaffhouse o\u00f9 Walter Obrist a mis au point la recette en 1952. Les p\u00e9titionnaires exigent notamment la protection des 180 emplois concern\u00e9s et de la recette originale.<\/p>\n<p>L&rsquo;Aromat, un classique pas tout \u00e0 fait suisse<\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, l&rsquo;Aromat n&rsquo;a jamais appartenu \u00e0 une entreprise helv\u00e9tique. Le si\u00e8ge de Knorr se trouve en Allemagne. Pourtant, pour de nombreux Suisses, le m\u00e9lange d&rsquo;\u00e9pices fait partie int\u00e9grante du pays, au m\u00eame titre que la fondue, le cervelas ou le Cervin.<\/p>\n<p>Depuis des d\u00e9cennies, il accompagne le sel, le poivre et le Maggi sur les tables de bistrot. On en met dans les sauces \u00e0 salade, sur les \u0153ufs brouill\u00e9s. Il \u00e9voque le service militaire, les souvenirs d&rsquo;enfance, une forme de r\u00e9confort. La petite bo\u00eete jaune est devenue une pr\u00e9sence famili\u00e8re.<\/p>\n<p>Mais ce que beaucoup de signataires de la p\u00e9tition ignorent sans doute, c&rsquo;est qu&rsquo;en Afrique du Sud aussi, l&rsquo;Aromat a depuis longtemps d\u00e9velopp\u00e9 sa propre identit\u00e9.<\/p>\n<p>Au kiosque des minibus <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/fzpee4-29253866.image.jpeg\" alt=\"Jibril Mengesha avec son \u00e9talage d'\u0153ufs et d'Aromat. [SWI - Michael Heger]\" title=\"Jibril Mengesha avec son \u00e9talage d'\u0153ufs et d'Aromat. [SWI - Michael Heger]\" loading=\"lazy\"\/>  Jibril Mengesha avec son \u00e9talage d&rsquo;\u0153ufs et d&rsquo;Aromat. [SWI &#8211; Michael Heger] <\/p>\n<p>Originaire du Kenya, Jibril, 28 ans, tient le commerce de sa s\u0153ur, un petit kiosque de la gare routi\u00e8re du Cap. La concurrence est rude: des vendeurs ambulants transportant des plateaux d&rsquo;\u0153ufs dans une main et des saupoudreurs d&rsquo;Aromat dans l&rsquo;autre se faufilent devant son \u00e9choppe. Lorsque l&rsquo;on mentionne l&rsquo;origine suisse de l&rsquo;Aromat, le jeune homme reconna\u00eet l&rsquo;ignorer. Mais ce qu&rsquo;il sait, c&rsquo;est qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un produit pris\u00e9 par sa client\u00e8le.<\/p>\n<p>Ce matin-l\u00e0, peu apr\u00e8s dix heures, il a d\u00e9j\u00e0 vendu 26 \u0153ufs durs, qui font partie de l&rsquo;offre de base du kiosque avec les boissons sucr\u00e9es et les snacks. La plupart de ses clients viennent des townships en p\u00e9riph\u00e9rie et se rendent en taxis-minibus au centre-ville pour travailler. Beaucoup s&rsquo;arr\u00eatent ici pour un en-cas.<\/p>\n<p>L&rsquo;Aromat est omnipr\u00e9sent dans la kasi cuisine, la cuisine des townships. On en saupoudre sur le braai, sur le ma\u00efs, dans le kota &#8211; un sandwich compos\u00e9 d&rsquo;un pain \u00e9vid\u00e9 garni de chips, de saucisse, de chakalaka et de sauce &#8211; ou encore dans le pap, la bouillie de ma\u00efs qui constitue un aliment de base dans toute l&rsquo;Afrique australe.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L&rsquo;Aromat est populaire dans toutes les cat\u00e9gories de revenus\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il serait toutefois r\u00e9ducteur de limiter l&rsquo;Aromat aux townships. D\u00e8s 1953, soit un an apr\u00e8s son invention en Suisse, le m\u00e9lange fait son apparition au Cap. Aujourd&rsquo;hui, il est pr\u00e9sent dans les cuisines de toutes les couches de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>\u00c0 Grassy Park, \u00e0 une demi-heure \u00e0 l&rsquo;est du centre-ville, Stella Urion se tient dans sa cuisine. Enseignante \u00e0 la retraite et grand-m\u00e8re combl\u00e9e, elle appartient \u00e0 la communaut\u00e9 m\u00e9tisse de langue afrikaans. Elle saupoudre de l&rsquo;Aromat sur des cuisses de poulet et des c\u00f4telettes d&rsquo;agneau. \u00ab\u00a0Mais ce que je pr\u00e9f\u00e8re, dit-elle avec un sourire complice, c&rsquo;est sur le popcorn.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L&rsquo;Aromat est populaire dans toutes les cat\u00e9gories de revenus, que ce soit dans les quartiers ais\u00e9s comme Camps Bay, dans les banlieues de classe moyenne ou dans les townships\u00a0\u00bb, explique Lwandile Dubazane, junior brand manager chez Unilever Afrique du Sud. Selon lui, cinq \u00e0 six foyers sur dix en poss\u00e8dent.<\/p>\n<p>Un marketing ancr\u00e9 en Afrique du Sud<\/p>\n<p>En Suisse, l&rsquo;Aromat a g\u00e9n\u00e9ralement sa place sur les tables de bistrots. En Afrique du Sud, il appartient \u00e0 la culture de rue. L&rsquo;Aromat sud-africain est produit \u00e0 Durban, dans l&rsquo;immense usine Indonsa. Avec une capacit\u00e9 de 65&rsquo;000 \u00e0 100&rsquo;000 tonnes par an, il s&rsquo;agit de l&rsquo;une des plus grandes usines d&rsquo;Unilever pour les produits alimentaires secs.<\/p>\n<p>Pour Lwandile Dubazane, la marque est une affaire personnelle: \u00ab\u00a0Quand nous \u00e9tions enfants, dans les ann\u00e9es 1990, nous r\u00e9citions les slogans des publicit\u00e9s pour le m\u00e9lange.\u00a0\u00bb La publicit\u00e9 pour l&rsquo;Aromat y parle un langage que personne ne comprendrait en Suisse: \u00ab\u00a0Mogodu Mondays\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a07 Colour Sundays\u00a0\u00bb ou encore \u00ab\u00a0Ichicken Dust\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Contenu externe<\/p>\n<p> Ce contenu externe ne peut pas \u00eatre affich\u00e9 car il est susceptible de collecter des donn\u00e9es personnelles. Pour voir ce contenu vous devez autoriser la cat\u00e9gorie R\u00e9seaux sociaux. <\/p>\n<p> Accepter Plus d&rsquo;info <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Si l&rsquo;Aromat para\u00eet sud-africain, c&rsquo;est parce qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 pens\u00e9 comme tel\u00a0\u00bb, explique Lwandile Dubazane. La marque organise des s\u00e9ries comiques et des \u00e9v\u00e9nements dans les townships. L&rsquo;expression \u00ab\u00a0Chips are stupid without Aromat\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0les chips sans Aromat ne valent rien\u00a0\u00bb) est m\u00eame entr\u00e9e dans le langage courant.<\/p>\n<p class=\"sources\">Michael Heger, SWI swissinfo.ch\/dk<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Menac\u00e9 en Suisse, l&rsquo;Aromat s&rsquo;est impos\u00e9 en Afrique du Sud depuis des d\u00e9cennies, sur les \u00e9tals de rue&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":116595,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[4],"tags":[6,140,578,6474,5984,11890,5772,40001,16593,28351,4889,40002,19683,115,1809,40003,2459,8908,12642],"class_list":["post-116594","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-afrique","tag-afrique","tag-afrique-du-sud","tag-commerce","tag-dialogue","tag-distribution","tag-economie-et-finances","tag-gastronomie","tag-icone","tag-industries-alimentaires","tag-langue","tag-loisirs","tag-passe-temps","tag-restaurant","tag-societe","tag-suisse","tag-swiss-made","tag-tourisme-et-loisirs","tag-viande","tag-vie-quotidienne-et-loisirs"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116664368379058698","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/116594","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=116594"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/116594\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/116595"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=116594"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=116594"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=116594"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}