{"id":117760,"date":"2026-06-01T07:52:09","date_gmt":"2026-06-01T07:52:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/117760\/"},"modified":"2026-06-01T07:52:09","modified_gmt":"2026-06-01T07:52:09","slug":"macron-nairobi-france-afrique-et-le-sommet-africain","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/117760\/","title":{"rendered":"Macron Nairobi France Afrique et le Sommet Africain"},"content":{"rendered":"<p>\n    Imprimer l\u2019article \ud83d\udda8\ufe0f<\/p>\n<p>      \u00c9couter \ud83d\udd0a<br \/>\n      Stop<\/p>\n<p>lediplomate.media \u2014 imprim\u00e9 le 01\/06\/2026<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/TEXTE-820-Giuseppe-1024x576.jpg\" alt=\"Macron \u00e0 Nairobi\" class=\"wp-image-22583\"  \/>R\u00e9alisation\u00a0Le Lab Le Diplo<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par Giuseppe Gagliano, Pr\u00e9sident du Centro Studi Strategici Carlo De Cristoforis (C\u00f4me, Italie)\u00a0<\/p>\n<p>Derri\u00e8re le sourire, la bataille d\u2019influence<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La sc\u00e8ne de Nairobi aurait pu rester celle d\u2019un sommet \u00e9conomique ordinaire. Un pr\u00e9sident fran\u00e7ais venu promettre des investissements, des entrepreneurs africains invit\u00e9s \u00e0 incarner l\u2019avenir du continent, des accords sign\u00e9s avec le Kenya, des formules convenues sur le partenariat, la souverainet\u00e9 et la croissance partag\u00e9e. Mais avec Emmanuel Macron, la forme finit souvent par manger le fond.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 l\u2019Universit\u00e9 de Nairobi, lors de l\u2019Africa Forward Summit, le chef de l\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais a quitt\u00e9 son si\u00e8ge pour monter sur sc\u00e8ne et reprocher au public son manque d\u2019attention. Le geste a imm\u00e9diatement produit l\u2019effet inverse de celui recherch\u00e9. Aux yeux de ses partisans, il s\u2019agissait d\u2019un rappel \u00e0 l\u2019ordre au nom du respect d\u00fb aux jeunes intervenants. Aux yeux de ses adversaires, surtout dans une Afrique o\u00f9 la m\u00e9moire coloniale reste vive, l\u2019image fut tout autre : celle d\u2019un dirigeant europ\u00e9en venu donner une le\u00e7on de comportement sur un campus africain.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette s\u00e9quence est politiquement r\u00e9v\u00e9latrice. Elle montre la difficult\u00e9 fran\u00e7aise \u00e0 parler \u00e0 l\u2019Afrique sans r\u00e9veiller l\u2019ombre de l\u2019ancienne puissance tut\u00e9laire. Paris veut se pr\u00e9senter comme partenaire. Mais le moindre faux pas est interpr\u00e9t\u00e9 \u00e0 travers un pass\u00e9 lourd : la Fran\u00e7afrique, les bases militaires, les r\u00e9seaux politiques, les interventions, les arrangements mon\u00e9taires, les liens avec des r\u00e9gimes discr\u00e9dit\u00e9s. Le probl\u00e8me de Macron n\u2019est donc pas seulement diplomatique. Il est historique.<\/p>\n<p>La France veut revenir par l\u2019\u00e9conomie<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Derri\u00e8re l\u2019incident, il y a pourtant une strat\u00e9gie. Macron a annonc\u00e9 un paquet de 23 milliards d\u2019euros en faveur du secteur priv\u00e9 africain. Le message est clair : apr\u00e8s les revers militaires et politiques subis au Sahel, la France cherche \u00e0 revenir par l\u2019\u00e9conomie, l\u2019investissement, les entreprises, les infrastructures et la formation.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le dispositif annonc\u00e9 repose sur deux axes. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, environ 14 milliards d\u2019euros doivent soutenir les entreprises fran\u00e7aises actives en Afrique. De l\u2019autre, 9 milliards doivent accompagner les entreprises africaines. La formule utilis\u00e9e est celle de la \u00ab souverainet\u00e9 r\u00e9ciproque \u00bb. L\u2019id\u00e9e est habile : ne plus donner l\u2019impression d\u2019une France qui aide, dirige ou prot\u00e8ge, mais d\u2019une France qui co-investit avec des acteurs africains capables de b\u00e2tir leur propre puissance \u00e9conomique.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est exactement l\u00e0 que se joue la bataille avec la Chine. P\u00e9kin ne vend pas seulement des routes, des ports, des chemins de fer, des r\u00e9seaux num\u00e9riques ou des pr\u00eats. P\u00e9kin vend une m\u00e9thode : rapidit\u00e9 d\u2019ex\u00e9cution, absence de le\u00e7ons politiques publiques, financement massif, pr\u00e9sence industrielle, capacit\u00e9 \u00e0 livrer du concret. La France, elle, tente de r\u00e9pondre par un discours sur l\u2019autonomie strat\u00e9gique, la transformation locale des mati\u00e8res premi\u00e8res, la diversification des partenaires et la n\u00e9cessit\u00e9 de ne d\u00e9pendre ni de Washington ni de P\u00e9kin.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le paradoxe est \u00e9vident. Paris accuse la Chine de cr\u00e9er des d\u00e9pendances. Mais beaucoup de pays africains r\u00e9pondraient que la d\u00e9pendance \u00e0 l\u2019\u00e9gard des anciennes puissances europ\u00e9ennes n\u2019a pas pr\u00e9cis\u00e9ment produit l\u2019\u00e9mancipation promise. La France veut donc convaincre un continent qui l\u2019\u00e9coute d\u00e9sormais avec prudence, parfois avec lassitude, souvent avec int\u00e9r\u00eat mais rarement avec confiance imm\u00e9diate.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 lire aussi : <a href=\"https:\/\/lediplomate.media\/liens-chine-kenya-nouveau-palier\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener nofollow\">ANALYSE \u2013 Les liens entre la Chine et le Kenya atteignent un nouveau palier<\/a><\/p>\n<p>La Chine, adversaire d\u00e9sign\u00e9 mais partenaire incontournable<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le c\u0153ur du discours fran\u00e7ais vise la Chine. Macron a d\u00e9nonc\u00e9 une logique dans laquelle P\u00e9kin importerait les mati\u00e8res premi\u00e8res africaines, les transformerait en Chine, puis revendrait des produits \u00e0 plus forte valeur ajout\u00e9e. Cette critique n\u2019est pas fausse. Elle touche un point r\u00e9el : l\u2019Afrique ne peut pas rester \u00e9ternellement le r\u00e9servoir minier, agricole et \u00e9nerg\u00e9tique du monde.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais le probl\u00e8me de Paris est que P\u00e9kin a d\u00e9j\u00e0 pris une longueur d\u2019avance. La Chine est pr\u00e9sente dans les infrastructures, les t\u00e9l\u00e9communications, l\u2019\u00e9nergie, la finance, les ports, les zones industrielles, les \u00e9quipements de s\u00e9curit\u00e9, la coop\u00e9ration militaire et les grands projets publics. L\u00e0 o\u00f9 les Europ\u00e9ens discutent souvent de normes, de gouvernance et de conditionnalit\u00e9s, les Chinois construisent, pr\u00eatent, ach\u00e8tent et s\u2019installent.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019annonce chinoise d\u2019un acc\u00e8s sans droits de douane pour les produits africains renforce encore cette dynamique. P\u00e9kin comprend que la relation avec l\u2019Afrique ne peut plus \u00eatre seulement extractive. Elle doit devenir commerciale, politique et symbolique. En ouvrant son march\u00e9, la Chine se pr\u00e9sente comme puissance du Sud global, partenaire du d\u00e9veloppement, contre-mod\u00e8le aux anciennes puissances coloniales et aux institutions financi\u00e8res domin\u00e9es par l\u2019Occident.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Bien s\u00fbr, la r\u00e9alit\u00e9 est plus ambigu\u00eb. Les dettes, les d\u00e9pendances technologiques, les clauses contractuelles, la pr\u00e9sence d\u2019entreprises d\u2019\u00c9tat chinoises et la faible transformation locale posent de vrais probl\u00e8mes. Mais en politique internationale, la perception compte autant que la r\u00e9alit\u00e9. Et aujourd\u2019hui, dans beaucoup de capitales africaines, la Chine appara\u00eet moins comme une ancienne tutelle que comme une puissance avec laquelle on peut n\u00e9gocier durement.<\/p>\n<p>Le Kenya, nouvelle porte d\u2019entr\u00e9e fran\u00e7aise<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le choix de Nairobi n\u2019est pas anodin. La France sait qu\u2019elle a perdu une partie de son capital politique en Afrique francophone, surtout au Sahel. Mali, Burkina Faso et Niger ont rompu avec Paris ou r\u00e9duit brutalement sa pr\u00e9sence. Les sentiments antifran\u00e7ais y ont \u00e9t\u00e9 aliment\u00e9s par les juntes militaires, par les r\u00e9seaux russes, mais aussi par une r\u00e9alit\u00e9 plus profonde : l\u2019\u00e9chec d\u2019un mod\u00e8le de s\u00e9curit\u00e9 fond\u00e9 sur la pr\u00e9sence militaire fran\u00e7aise et l\u2019appui \u00e0 des \u00c9tats fragiles.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Macron cherche donc ailleurs. L\u2019Afrique anglophone devient un terrain de reconqu\u00eate. Le Kenya, puissance \u00e9conomique r\u00e9gionale, carrefour logistique de l\u2019Afrique orientale, alli\u00e9 recherch\u00e9 par les Occidentaux, partenaire militaire des \u00c9tats-Unis et acteur diplomatique actif, repr\u00e9sente une porte d\u2019entr\u00e9e id\u00e9ale. Il ne porte pas le m\u00eame poids symbolique que les anciennes colonies fran\u00e7aises. Il permet \u00e0 Paris de parler d\u2019avenir plut\u00f4t que de pass\u00e9.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les onze accords \u00e9conomiques sign\u00e9s entre la France et le Kenya, pour plus de 1,1 milliard d\u2019euros, ont donc une signification qui d\u00e9passe les chiffres. Ils indiquent la volont\u00e9 fran\u00e7aise de s\u2019ins\u00e9rer dans les centres \u00e9conomiques africains les plus dynamiques, l\u00e0 o\u00f9 se d\u00e9cident les infrastructures, la finance, la technologie, l\u2019\u00e9nergie, la s\u00e9curit\u00e9 maritime et les corridors commerciaux.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le pacte de d\u00e9fense quinquennal sign\u00e9 avec Nairobi compl\u00e8te cette approche. Exercices conjoints, partage de renseignements, lutte contre le terrorisme, s\u00e9curit\u00e9 maritime : la France ne renonce pas \u00e0 la dimension militaire. Elle la reformule. Moins de bases visibles dans l\u2019ancien pr\u00e9 carr\u00e9. Plus de partenariats cibl\u00e9s dans les r\u00e9gions strat\u00e9giques.<\/p>\n<p>La bataille des infrastructures<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La concurrence avec la Chine appara\u00eet tr\u00e8s concr\u00e8tement dans le dossier des infrastructures. L\u2019exemple de l\u2019autoroute du col de Mau au Kenya est r\u00e9v\u00e9lateur. Le projet, confi\u00e9 \u00e0 un consortium men\u00e9 par l\u2019entreprise fran\u00e7aise Vinci, a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9 en 2024 par l\u2019administration du pr\u00e9sident William Ruto en raison de co\u00fbts jug\u00e9s trop \u00e9lev\u00e9s. Il a ensuite \u00e9t\u00e9 repris par la China Road and Bridge Corporation.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce type d\u2019\u00e9pisode r\u00e9sume la difficult\u00e9 fran\u00e7aise. Les entreprises fran\u00e7aises ont le savoir-faire, la technologie, l\u2019exp\u00e9rience, parfois la qualit\u00e9. Mais elles sont souvent plus ch\u00e8res, plus lentes \u00e0 mobiliser les financements, plus contraintes par des proc\u00e9dures, plus expos\u00e9es au risque politique. Les entreprises chinoises, appuy\u00e9es par l\u2019\u00c9tat, avancent avec des financements int\u00e9gr\u00e9s, une logique de paquet complet et une capacit\u00e9 \u00e0 absorber des marges faibles pour gagner une position strat\u00e9gique.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La bataille n\u2019est donc pas seulement commerciale. Elle oppose deux capitalismes d\u2019influence. Le capitalisme chinois est \u00e9tatico-strat\u00e9gique : il accepte des pertes imm\u00e9diates pour contr\u00f4ler des corridors, des ports, des routes et des march\u00e9s. Le capitalisme fran\u00e7ais reste plus fragment\u00e9 : il d\u00e9pend d\u2019entreprises priv\u00e9es, d\u2019instruments publics, de banques de d\u00e9veloppement et d\u2019une coordination europ\u00e9enne souvent difficile.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 lire aussi : <a href=\"https:\/\/lediplomate.media\/analyse-sommet-afrique-france-nairobi-paris-tourne-definitivement-page-afrique-francophone\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener nofollow\">ANALYSE \u2013 Sommet Afrique-France \u00e0 Nairobi : Paris tourne-t-elle d\u00e9finitivement la page de l\u2019Afrique francophone ?<\/a><\/p>\n<p>Une guerre g\u00e9o\u00e9conomique<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce face-\u00e0-face France-Chine en Afrique n\u2019est pas une querelle bilat\u00e9rale. C\u2019est une guerre g\u00e9o\u00e9conomique. L\u2019Afrique d\u00e9tient une part essentielle des ressources n\u00e9cessaires \u00e0 la transition \u00e9nerg\u00e9tique et num\u00e9rique : cobalt, lithium, mangan\u00e8se, cuivre, terres rares, uranium, gaz, potentiel solaire, terres agricoles, jeunesse d\u00e9mographique. Celui qui structure les infrastructures africaines structure aussi les cha\u00eenes de valeur de demain.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La France le sait. L\u2019Europe le sait. Mais l\u2019Europe arrive souvent en retard, divis\u00e9e entre discours de partenariat et r\u00e9flexes de protection, entre volont\u00e9 d\u2019investissement et peur migratoire, entre promotion des valeurs et int\u00e9r\u00eats industriels. La Chine, elle, a identifi\u00e9 l\u2019Afrique comme un espace de profondeur strat\u00e9gique depuis longtemps. Elle n\u2019y cherche pas seulement des mati\u00e8res premi\u00e8res. Elle y cherche des votes, des ports, des normes, des march\u00e9s, des relais diplomatiques et une l\u00e9gitimit\u00e9 dans le Sud global.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Macron tente donc de proposer une troisi\u00e8me voie : ni d\u00e9pendance \u00e0 P\u00e9kin, ni soumission \u00e0 Washington. Mais cette ambition fran\u00e7aise se heurte \u00e0 une question simple : Paris a-t-il encore les moyens de ses ambitions africaines ? Une puissance qui recule au Sahel, qui peine \u00e0 entra\u00eener l\u2019Union europ\u00e9enne derri\u00e8re elle et qui affronte elle-m\u00eame des difficult\u00e9s budg\u00e9taires peut-elle r\u00e9ellement rivaliser avec la Chine sur le long terme ?<\/p>\n<p>Le vrai enjeu : transformer l\u2019Afrique en partenaire industriel<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le point fort du discours fran\u00e7ais r\u00e9side dans l\u2019id\u00e9e de transformation locale. Si l\u2019Afrique veut sortir de la d\u00e9pendance, elle ne peut pas se contenter d\u2019exporter des ressources brutes. Elle doit transformer, produire, industrialiser, former, cr\u00e9er des cha\u00eenes de valeur r\u00e9gionales. C\u2019est l\u00e0 que la France peut encore avoir une carte \u00e0 jouer, \u00e0 condition de ne pas se limiter aux grands contrats capt\u00e9s par ses propres entreprises.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le vrai partenariat consisterait \u00e0 aider les entreprises africaines \u00e0 monter en gamme, \u00e0 financer l\u2019industrie locale, \u00e0 transf\u00e9rer certaines comp\u00e9tences, \u00e0 soutenir la formation technique, \u00e0 d\u00e9velopper des infrastructures \u00e9nerg\u00e9tiques fiables et \u00e0 favoriser l\u2019int\u00e9gration r\u00e9gionale. Autrement dit, \u00e0 accepter que l\u2019Afrique ne soit pas seulement un march\u00e9 ou un fournisseur, mais un centre de production.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est aussi le point faible du projet. Les 23 milliards annonc\u00e9s peuvent produire des effets r\u00e9els, mais ils peuvent aussi \u00eatre per\u00e7us comme un instrument de reconqu\u00eate au service des int\u00e9r\u00eats fran\u00e7ais. Tout d\u00e9pendra de la mani\u00e8re dont ces fonds seront distribu\u00e9s, des b\u00e9n\u00e9ficiaires r\u00e9els, de la place donn\u00e9e aux entreprises africaines et de la capacit\u00e9 \u00e0 \u00e9viter les vieux m\u00e9canismes de d\u00e9pendance.<\/p>\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\">*<\/p>\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\">*\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0*<\/p>\n<p>La France ne peut plus parler \u00e0 l\u2019Afrique comme avant<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La visite de Macron \u00e0 Nairobi montre une chose essentielle : la France a compris qu\u2019elle devait changer de terrain, de langage et de m\u00e9thode. Mais comprendre ne signifie pas r\u00e9ussir. Le vieux logiciel fran\u00e7ais reste visible \u00e0 chaque maladresse, \u00e0 chaque formule verticale, \u00e0 chaque volont\u00e9 de donner une le\u00e7on \u00e0 un continent qui n\u2019accepte plus d\u2019\u00eatre trait\u00e9 comme un \u00e9l\u00e8ve.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019Afrique de 2026 n\u2019est plus celle des ind\u00e9pendances surveill\u00e9es, ni celle des sommets franco-africains o\u00f9 Paris distribuait les r\u00f4les. Elle compare, n\u00e9gocie, met les puissances en concurrence, choisit parfois la Chine, parfois la Turquie, parfois les \u00c9mirats, parfois la Russie, parfois l\u2019Europe, parfois personne. Elle n\u2019est pas na\u00efve. Elle sait que toutes les puissances viennent avec leurs int\u00e9r\u00eats.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La France peut encore compter en Afrique. Elle dispose d\u2019entreprises solides, d\u2019une expertise financi\u00e8re, d\u2019une tradition diplomatique, d\u2019instruments de d\u00e9veloppement, d\u2019un r\u00e9seau culturel et d\u2019une capacit\u00e9 militaire r\u00e9elle. Mais elle ne peut plus pr\u00e9tendre \u00eatre naturellement attendue. Elle doit m\u00e9riter sa place.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le d\u00e9fi lanc\u00e9 \u00e0 Xi Jinping est donc aussi un d\u00e9fi lanc\u00e9 \u00e0 la France elle-m\u00eame : sortir enfin de l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 entre partenariat et influence, entre m\u00e9moire coloniale et strat\u00e9gie \u00e9conomique, entre discours de souverainet\u00e9 africaine et d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats fran\u00e7ais.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 Nairobi, Macron a voulu montrer que la France \u00e9tait de retour. Mais l\u2019Afrique, elle, demande autre chose : non pas le retour d\u2019une puissance, mais la preuve qu\u2019un nouveau rapport est possible.<\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 lire aussi : <a href=\"https:\/\/lediplomate.media\/partenariat-chine-kenya-modernisation-credit-piege-dependance\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener nofollow\">ANALYSE \u2013 Le Partenariat Chine-Kenya : Modernisation \u00e0 cr\u00e9dit ou Pi\u00e8ge de la d\u00e9pendance ?<\/a><\/p>\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Macron, #Nairobi, #Kenya, #FranceAfrique, #Afrique, #Sahel, #Geopolitique, #Influence, #Diplomatie, #Fran\u00e7afrique, #ChineAfrique, #XiJinping, #AfriqueDeLEst, #AfriqueFrancophone, #AfriqueAnglophone, #RelationsInternationales, #GuerreDInfluence, #G\u00e9oeconomie, #Investissements, #Infrastructures, #SouveraineteAfricaine, #PuissanceFrancaise, #DiplomatieFrancaise, #KenyaFrance, #AfricaForwardSummit, #PolitiqueAfricaine, #MacronAfrique, #RivaliteChineFrance, #Afrique2026, #TransitionEnergetique, #Mati\u00e8resPremi\u00e8res, #S\u00e9curit\u00e9Maritime, #Defense, #CooperationMilitaire, #CommerceAfrique, #DeveloppementAfrique, #Pekin, #Paris, #OccidentAfrique, #AnalyseGeopolitique<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Imprimer l\u2019article \ud83d\udda8\ufe0f \u00c9couter \ud83d\udd0a Stop lediplomate.media \u2014 imprim\u00e9 le 01\/06\/2026 R\u00e9alisation\u00a0Le Lab Le Diplo Par Giuseppe Gagliano,&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":117761,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"","_share_on_mastodon":"0"},"categories":[4],"tags":[6,4494,453],"class_list":["post-117760","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-afrique","tag-afrique","tag-decryptage","tag-france"],"share_on_mastodon":{"url":"https:\/\/pubeurope.com\/@afrique\/116673769971053525","error":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/117760","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=117760"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/117760\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/117761"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=117760"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=117760"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.europesays.com\/afrique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=117760"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}